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Et si on adaptait l'école à nos enfants ?

Date : 01/10/2018 | Mise à jour : 21/05/2019 14:28
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Les 5 et 6 octobre 2018, à la Maison pour Tous de Brives-Charensac, parents et enseignants ont été invités à un grand brainstorming sur les méthodes éducatives les plus adaptées pour faire éclore le potentiel des enfants.

À la vue de la photo ci-dessus, votre première réaction a peut-être été, comme nous, « Non ! Ne touche pas à la scie ! ». C’est fait exprès. Les organisateurs entendent mettre à plat les conceptions de chacun pour créer les conditions d’épanouissement des enfants qui, in fine, se responsabilisent d’eux-mêmes.

Depuis qu’il est installé place du marché couvert au Puy-en-Velay, c’est-à-dire depuis 2014, le P’tit café associatif familial et écologique des Jeunes pousses reçoit des familles pour des temps ludiques et d’échanges. Ces échanges ont centralisé de multiples questionnements de la part des parents. Que leurs enfants soient scolarisés dans le public ou dans le privé, les parents s’interrogent. Ils ont l’impression d’une éducation à « taille unique ». Ils aimeraient un peu plus de sur-mesure. « D’autant plus avec des effectifs de classe qui font peur ; dès qu’il y a moins de 20 élèves par classe, elle est menacée de fermeture », renchérit Noémi Alves, du P’tit café.

Un manque de communication entre parents et enseignants

Souvent, les parents n’ont pas accès aux classes, aux enseignants. Depuis le renforcement de la sécurité anti-attentat, ils n’entrent même plus dans la cour de récréation. Parfois, les enseignants leur demandent de ne pas accompagner les apprentissages de leurs enfants pour ne pas aller à l’encontre des méthodes employées, comme pour la lecture.
Alors le P’tit café a décidé d’organiser le « Printemps indien de l’éducation » que Noémi Alves nous présente.



Certaines écoles font un choix pédagogique marqué vers des méthodes éducatives alternatives comme Montessori, Freinet (dont s'inpire en partie l'Éducation nationale), ou encore des pédagogies de projet. La seule école Montessori de Haute-Loire est l’école privée de Lantriac, où tout le personnel s’est formé à cette méthode de la maternelle au CM2. Il existe deux écoles privées sous contrat « Calandreta » dans le département, une au Puy-en-Velay et une à Lavaudieu, qui prennent la suite de la méthode Freinet adaptée à la vie moderne, en bilinguisme occitan.
Certains enseignants intègrent du Montessori ou du Freinet en classe. « Ça reste des initiatives personnelles et on peut regretter que la formation des enseignants n’aille pas vers ces outils là », estime Noémi Alves. Mais certains parents peuvent avoir peur de ces méthodes alternatives non agrées par l’Éducation nationale. Ils peuvent les considérer comme des idées d’illuminés avec une vision trop laxiste, trop libertaire de l’éducation. « Vous voulez dire qu’on apprend mieux sous la contrainte ? » réagit Noémi Alves, « ces méthodes éducatives ont des règles ; elles portent sur la vie collective, sur des questions de sécurité... »



Certains enseignants expliquent aux parents qu’à l’école élémentaire « on est là pour apprendre, on n'est pas là pour jouer ». Noémi Alves soupire : « C’est malheureux parce que c’est en jouant qu’on apprend le mieux ! C’est le problème de la recherche de la performance qui fait qu’on oublie qu’on peut aussi se faire plaisir et que derrière ce plaisir, il y a des apprentissages qui seront bien plus ancrés en nous que ce qu’on a appris bêtement. J’ai beaucoup pratiqué le par cœur quand j’étais petite, j’étais très bonne à ça, j’avais une bonne mémoire, mais aujourd’hui il n'en reste pas grand-chose ! »

Conférence avec Sophie Rabhi

La soirée de vendredi a été dédiée à une conférence de Sophie Rabhi, la fille de Pierre et Michèle Rabhi. C’est la fondatrice de l’école La Ferme des Enfants, basée sur des principes de non-violence et d’école démocratique (voir photo ci-dessus). Elle est également co-fondatrice, avec son mari Laurent, de l’écovillage intergénérationnel le Hameau des Buis, dans le sud de l’Ardèche.

La journée de samedi a été rythmée par des tables rondes et des ateliers découverte.



Annabel Walker




>> Lire aussi : nos articles précédents

Deux passionnées de la petite enfance ouvrent leur 'Nid’Eveil' à Polignac (mai 2018)

Montessori à l'école de Laussonne : des enfants autonomes et confiants (février 2018)

Découvrir la pédagogie Montessori à l'école St-Joseph de St-Paulien (mars 2017)

Brives : la pédagogie Montessori à l’école la Chartreuse (mars 2017)

Montessori à Lantriac : portes ouvertes à l'école privée (février 2016)




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img_journalisteEL le 2 octobre 2018 - 23h22
Rencontre parents-profs "hors-sol"... J'espère voir ça ! Espérons juste que pour une fois les profs acceptent d'écouter les parents... Et que les parents entendent les profs... bref, qu'il y ait une vraie communication. Ca pourrait faire évoluer le dinosaure EN... Et puis aussi : bien sûr que l'enfant doit s'adapter aux exigences collectives. Mais encore faut-il que celles-ci soient cohérentes : "ce n'est pas signe de bonne santé mentale que d'être bien adapté à une société malade"!

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img_journalisteM le 2 octobre 2018 - 20h48
Pourquoi n'y a t il pas plus de "liberté" en classe, de "laisser vivre" ? Ben, avec des classes chargées à 30/35 élèves peu ou pas éduqués par leurs parents qui attendent tout de l"école, c'est sûr que la place aux jeux est réduite.... ... Ne plus respecter de cadre, on voit déjà ce que çà donne avec la génération précédente.... un désastre...! mais continuons, continuons...

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img_journalisteR le 2 octobre 2018 - 17h54
Le privé s'est bien accaparé la méthode Montessori. En marketing, car il faut appeler un chat un chat, cela s'appelle de la différenciation et ça permet de justifier le coût de la scolarité. Business is business...

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