Près de 150 migrants symboliques ont battu le pavé ponot

dim 18/12/2016 - 15:04 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:44

----« Les Rois mages avaient-ils des papiers ? »
Une question toute maliceuse de Laurette, Ponote de 68 ans, venue apporter son soutien à cette journée internationale des migrants, « on nous les met à toutes les sauces, les Rois mages, dans les églises comme dans les lieux publics, on n’a jamais vérifié... »
Laurette appuie ainsi sur la réalité de vie des demandeurs d’asile, au quotidien, « c’est violent ce qu’ils vivent, ils n’ont pas la possibilité de travailler, de vivre comme des êtres humains en toute intégrité, malgré cela ils restent des parents et ont la force d’apporter le minimum de joie de vivre à leurs enfants ».-----
Presque deux mois après que 2.000 personnes ont gravi le toit du département, près de 150 personnes ont convergé vers le cœur de la ville, dimanche 18 décembre, vers 11 heures.
À l’initiative du Réseau éducation sans frontières (RESF), Nuit debout 43 et du collectif de l’appel du Mézenc, tout le monde s’est retrouvé place du Clauzel, où les organisateurs ont annoncé l'ambiance : « musique, pique-nique et vin chaud seront au rendez-vous jusqu’à 15 heures ».

« Une action visible »
Une symbolique des migrants en marche, au départ des différentes entrées de la cité ponote, une manière d’entreprendre « une action visible », estime Christine Chevalier (RESF), « trop de voix s’expriment dans un sens inverse et il est urgent de faire entendre une considération plus juste, plus humaniste en direction des migrants et demandeux d’asile. »
La militante témoigne d’une récente rencontre en préfecture, où RESF a défendu l’idée que  « ce serait une paille de régulariser la quinzaine de familles que nous aidons sur le département », mettant notamment en avant l’argument d’un taux de chômage « ici inférieur à 8,4 %, alors qu’il est 10,5 % au plan national, c’est donc un faux débat que de faire peur aux gens quant à un afflux de travailleurs menaçant leur emploi. »

« Politique d’accueil très fermée »
RESF pointe du doigt une « politique d’accueil des demandeurs d’asile très fermée, en France. Notre pays est 23e en Europe, avec 30 % des demandes qui trouvent une issue favorable, contre 53 % en Allemagne, par exemple. » 
----En attendant les migrants climatiques....
« Je suis affligé du manque d’implication des politiciens et des gens », explique Patrick, 57 ans. Ce Ponot considère qu’ « en tant que Français, c’est un devoir d’accueillir les personnes qui viennent d’ailleurs ». Mais il prévient, « il s’agit de migrations humanitaires, de milliers de personnes fuyant la guerre, rien de comparable avec les centaines de milliers de migrants climatiques qui risquent de frapper à nos portes dans les années à venir. »----- Christine Chevalier dépeint des postures administratives « kafkaïennes », de la part de la France, « certaines nations comme le Kosovo peuvent ponctuellement abonder la liste des pays « sûrs », quand les demandes d’asiles émanant de ses ressortissants atteignent un pic. Sans compter que l'on se montre de plus en plus exigeant quand on demande à ces personnes d’apporter des preuves des persécutions et tortures qu’ils ont pu subir dans leur pays d’origine. »

Jacques Jamon

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