Pour que la justice devienne claire pour tout le monde

Par Nicolas Defay lun 03/01/2022 - 16:00 , Mise à jour le 03/01/2022 à 16:00

Dur de s’y retrouver dans cette machine codifiée, protocolaire, formelle qu’est la justice avec ses professionnels qui la font tourner. Les conséquences de cette nébulosité ? Une certaine défiance des victimes. L’association Justice et Partage œuvre pour informer et orienter toutes et tous afin de leur faire emprunter le bon chemin dans ce marais aux innombrables sentiers.

Le voisin qui fait trop de bruit. Le garagiste qui n’a pas correctement fait son travail. Une femme agressée par son conjoint. Des enfants battus...le spectre des infractions pénales est large tout autant que les conseils de l’association Justice et Partage. « L’association est membre du réseau France Victime et elle est conventionnée par le Ministère de la justice, précise Marine Giraud, nouvelle directrice de Justice et Partage. Elle prend en charge à titre confidentiel et gratuit toute personne victime d’infractions pénales, d’attentats, d’accidents collectifs et de catastrophes naturelles ». L’association est composée de 10 salariés à savoir deux juristes, deux psychologues, une directrice, deux médiatrices familiales et des travailleurs sociaux qui gèrent des points rencontres à Brioude, Yssingeaux et au Puy-en-Velay.

Marine Giraud, dans l’équipe depuis la mi-décembre 2021, insiste : « Nous voulons mettre en avant notre disponibilité pour les victimes et la décomplexification du droit, ceci afin de positionner la victime à n'importe quel stade de la procédure ».

« Le profil des victimes ? Il est majoritairement mixte et de tous les âges. On peut avoir de jeunes enfants comme des personnes très âgées. Mais au niveau des violences conjugales, les victimes sont essentiellement féminines, c’est vrai ». Marine Giraud

Infos pratiques :

Contact pour prendre rendez-vous : 04 71 02 51 48 et justice-partage@orange.fr
Pour leur site internet, c’est ICI
Pour le site de France Victime, c’est Là.

D’un arbre mal planté chez le voisin à l’agression sexuelle

Zoé Jouve, juriste à Justice et Partage depuis plus d’un an, décrit ce que peut être une infraction pénale. « Cela peut être une simple nuisance sonore du voisinage à une agression sexuelle, un viol, un cambriolage, des violences volontaires, des victimes indirectes de meurtre, du harcèlement scolaire ou encore des atteintes aux biens...Nous accueillons toutes les personnes en Haute-Loire qui s’estiment victimes de quelque chose, quelque soit la gravité des faits ».

Marine Giraud de compléter  : « À partir du moment où il y a une infraction, tout le monde peut venir nous voir. Elle sera informée, orientée et bénéficiera d’un soutien moral ».

« On est présent pour le dépôt de plainte et on accompagne les personnes dès la commission de l'infraction jusqu’à la fin du parcours judiciaire et au delà pour le suivi psychologique, décrit Zoé Jouve. Qu’est-ce qui se passe après le dépôt de plainte ? Quel est le rôle de la victime, du procureur de la république ou de tout autre intervenant ? Nous répondons à toutes les questions qui semblent très compliquées pour quelqu’un dont le droit est étranger. Comment va se passer une audience devant le tribunal, ce qu’il s’est passé, ce qu’a dit le président… ?

On a aussi deux psychologues qui font un accompagnement gratuit pour faire suite à l’infraction commise.

Nous proposons de l’accès aux droits pour éclairer gratuitement qui que ce soit sur telles ou telles situations. Je veux me séparer : comment ça se passe au niveau du droit de la famille, du droit des tutelles, qui aller voir… ?

Nous avons également un conciliateur de justice qui permet de trouver un accord à l’amiable entre deux parties afin d’éviter des démarches judiciaires plus lourdes et plus longues.

La médiatrice familiale est présente pour rétablir la communication au sein de la famille et du couple afin de trouver une solution qui convienne à tout le monde.

Sur le volet de la médiation pénale, le parquet nous mandate pour recevoir l’auteur et la victime et trouver une solution après un dépôt de plainte.

C’est l’association qui gère les 8 téléphones TGD, Téléphone Grave Danger, en place dans le département. Ils permettent d’alerter les forces de l’ordre très rapidement. Nous nous occupons aussi des 7 Bracelets Anti Rapprochement (BAR), dispositif qui interdit à l’auteur d’être trop proche de sa victime.

Concernant les stages citoyennetés et violences conjugales, le procureur nous envoie toutes les personnes qui ont été condamnées pour des violences au sein du couple et de la famille ».

« S’il reste encore des choses à faire, la justice offre tout de même un très grand panel de dispositifs pour que chaque problème soit pris en charge de la meilleure des façons ». Zoé Jouve

« Je me rends compte que certaines victimes sont défiantes »

Malgré le fait que Justice et Partage en Haute-Loire a été sollicitée par environ 8 000 personnes en 2021, que 700 nouvelles victimes d’infractions pénales ont été enregistrées et que 400 ont toqué à la porte de l’association dans le cadre de l'accès au droit, Zoé Jouve soulève un problème de confiance envers la machine judiciaire. « Je me rends compte que certaines victimes sont défiantes. Elles redoutent le temps que prend la justice à se pencher sur leurs affaires et les décisions qui sont prises. En général, ce sentiment vient d’une méconnaissance de la sphère judiciaire. C’est pour ça que nous œuvrons pour leur redonner confiance en leur expliquant comment tous les rouages fonctionnent ».

Elle conclut en ce sens : « Il existe pléthore de dispositifs propres à chaque situation dans le département de la Haute-Loire. Ce sont des dispositifs que nous connaissons par cœur et que nous savons comment les utiliser et à qui les proposer ».

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