Pour ou contre un crématorium à St-Hostien ? Le point en quatre questions

lun 30/01/2017 - 16:53 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:44

L'association des crématistes pensait avoir enfin trouvé son terrain. Voilà qu'une opposition se fait entendre contre l'implantation d'un crématorium communautaire à Saint-Hostien. La pétition en ligne a récolté plus de 300 signatures.
Les crématistes contre attaquent, en lançant leur propre pétition. S'ils reconnaissent que la séquence de communication de l'agglo du Puy était "maladroite" (annonce à la presse avant que la population ne soit informée et avant que la commune ait rejoint l'aglo du Puy), ils entendent bien faire valoir leurs arguments pour que le projet aille à son terme.

Le contexte politique
Zoomdici a consulté l'association crématiste de Haute-Loire (Stéphane Gerey en est le secrétaire) et Audrey Bannwarth, une habitante de Saint-Hostien "inquiète", membre du collectif s'opposant au projet et... candidate aux dernière élections de la commune (perdue face à Isabelle Verdun, actuelle maire).
Isabelle Verdun avait été élu aux municipales de 2014 mais tous ses adjoints ont démissionné et provoqué de nouvelles élections l'an dernier. Elle a remporté ces dernières. Reste à savoir si la communauté d'agglomération du Puy a profité d'une faille dans la vie politique de la commune pour favoriser l'implantation du crématorium sur ce territoire.

Zoomdici vous propose de faire le point sur ce dossier, autour de quatre questions :

----Une réunion aura lieu ce mercredi 8 février à 20 heures en mairie de Saint-Hostien, "en présence de techniciens qualifiés", pour parler des normes environnementales. Une réunion publique d'information ouverte à toute la population.-----1- Un crématorium est-il source de pollution ? 
Stéphane Gerey : "Un crématorium pollue moins qu'un foyer domestique. N'importe qui pourra vérifier les mesures de pollution, en cas de doute. Le mercure rejeté par les crématoriums, c'est minime par rapport à tout ce qui existe. Si on compare aux 12 000 véhicules qui traversent le bourg chaque jour, c'est insignifiant".
Audrey Bannwarth : "Quel est le bénéfice face au risque ? L'exposition au mercure, même à de petites quantités, peut causer de graves problèmes de santé. Il faut d'après l'OMS (ndlr : Organisation Mondiale de la Santé) réduire au maximum l'exposition au mercure".

2 - Une décote immobilière actée par des professionnels ?
Audrey Bannwarth : "Nous avons fait intervenir des professionels, via une agence, pour acter la décote immobilière. Elle n'est pas contestable, elle est réelle. Quant à l'argument de dire que des gens se sont installés près d'un crématorium ici ou là, c'est déjà bien différent car pour nous, habitants de Saint-Hostien, c'est une profonde modification de notre cadre de vie".
Stéphane Gerey :"Je n'y crois pas beaucoup, chacun quand il veut noyer son chien dit qu'il a la rage. J'ai vu à Clermont-Ferrand et à Capdenac des gens s'installer dans des zones où il y avait un crématorium. J'attends d'ailleurs une réponse de la mairie de Capdenac pour savoir s'ils ont fait des études sur le prix des terrains et des maisons, avant et après l'installation du crématorium".
 
3 - Avec la Loire qui double sa capacité, le projet altiligérien pourra-t-il atteindre le seuil de rentabilité (évalué à 500 crémations par an) ?
Dans la Loire, le crématorium existant devrait voir sa capacité doubler à très court terme (d'ici fin 2018, 3 000 crémations par an, contre 1 500 aujourd'hui). Une partie du département pourrait donc continuer à s'y rendre (avec des délais d'attente beaucoup plus décents), sachant que la partie brivadoise se rend plutôt à Clermont-Ferrand. On parle d'un seuil de rentabilité à 500 crémations par an alors le projet de Saint-Hostien est-il toujours aussi pertinent et pourra-t-il être rentable dans ces conditions ?
Audrey Bannwarth : " C'est le directeur général d'OGF (ndlr : groupe en charge de 72 crématoriums, c’est-à-dire la moitié du parc français privé) qui a établi le seuil de rentabilité à 500 crémations par an. Et s'il ne s'est pas positionné sur l'appel d'offres, ce n'est peut être pas par hasard. Il me paraît très difficile d'atteindre les 500 crémations par an et les villages du Sud de la Haute-Loire auront toujours auant de kilomètres à faire... Saint-Hostien n'est pas au coeur du département". 

Stéphane Gerey
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4 - Quel impact psychologique face aux cortèges funéraires ? 
Stéphane Gerey : "Si l'on continue de se référer aux 500 crémations par an, ça représente moins de deux par jour ouvré. Que représentent ces deux convois de cinq à dix voitures dans le flot des 12 000 véhicules quotidiens ? De plus, la majorité de ces derniers ne traversera ps le village en venant du Sud et en profitant de la déviation".
Audrey Bannwarth : "Déjà, la déviation, on attend de voir vu comme ça traîne depuis des années... Et puis être confrontés à la mort deux fois par jour, ce n'est quand même pas rien. En amenant mes enfants à l'école, je passe devant tous les jours, et il faut leur expliquer ce que c'est la mort, comment on s'occupe des corps...La mort est un sujet tabou, ce n'est pas facile d'en parler, encore moins avec des enfants".

Maxime Pitavy 

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