Pénurie alimentaire : les pâtes, le riz, l'huile, encore en rupture de stock ?

Par EMa mer 14/12/2022 - 06:00 , Mise à jour le 14/12/2022 à 06:00

La pénurie touche de plus en plus de références alimentaires. Divers facteurs impactent très fortement la production et la disponibilité. Dans ce contexte actuel, Loïc Falgere, responsable de l’Intermarché SUPER de Chadrac-Le-Puy, est « inquiet » et considère que « l’avenir est incertain ».

La pénurie de certains produits commence à devenir criante dans certains supermarchés. En effet, il devient de plus en plus difficile de se procurer certains aliments.

« Aujourd’hui, sur l’entièreté des produits du magasin, on a un taux de rupture de 6 %. On ne manque de rien, mais pas en grande quantité. Du coup, j’ai l’impression qu’on manque un peu de tout », a expliqué Loïc Falgere, responsable de l’Intermarché SUPER de Chadrac-Le-Puy.

Quels produits manquent ?

La pénurie touche des produits qui, jusqu’alors, faisaient partie de quasiment toutes les cuisines. C’est le cas par exemple de la moutarde et de l’huile de tournesol.

Tous les rayons sont impactés et surtout certaines références : « La Vodka, l’Ice tea, le Pepsi, ou encore le Quatre-quarts à cause du manque d’œufs dans les centrales de fabrications. Les rayons déodorants commencent à se vider parce qu’il y a un manque d’aluminium. L’approvisionnement en paquets de pâtes est encore compliqué à cause du manque de plastique d’emballages en provenance de Chine, et on annonce aussi le riz. L’avenir est incertain … », a déploré Loïc Falgere.

Manque de matière première, l’une des principales causes

« Il y a des vrais problèmes dans tous les secteurs d’activités. On ne peut pas reprocher aux clients de prendre 3 paquets de pâtes quand le rayon est vide, c’est naturel ! »

Toutes les enseignes fournissent des explications sur ce manque d’approvisionnements : « Il y a quelques jours, on a reçu un mail de la marque Nutella, pour nous alerter sur le fait, qu’elle avait le stock en pâte à tartiner, mais qu’elle ne pouvait pas nous approvisionner, car ce sont les pots en verre qui bloquaient », a assuré le responsable de l’Intermarché de Chadrac.

« Pour le camembert président, on ne le reçoit pas par manque de produits laitiers. Concernant les œufs, on ne les reçoit pas, car certaines exploitations ont fermé à cause de la grippe aviaire », a poursuivi Loïc Falgere.

Le panier moyen est en baisse d'environ 30 % environ au sein de l'Intermarché SUPER du Puy Photo par pixabay

« On essaye de s’en sortir avec des productions locaux »

Une pénurie due principalement à un manque de personnel, à un manque de matières premières au sein des centrales de productions. Une situation tendue provoquée à la base par le réchauffement climatique.

La pénurie, contrairement à ce qu’on tend à penser, n’est pas seulement due à la situation géopolitique. Bien sûr, la guerre en Ukraine et les diverses mesures à l’encontre de la Russie ont des effets directs et indirects. Mais le dérèglement climatique est devenu pour certains une réalité brutale malgré les multiples alarmes tirées depuis des années. Les épisodes de sécheresse et de pénurie d’eau successifs ont très fortement impacté l’agriculture. Dès lors, le prix des matières premières monte en flèche. Parfois même, la production ne suffit plus pour élaborer des produits transformés. Et c’est la pénurie.

La pénurie pousse à trouver des alternatives. Dans cette situation, la solution est, pour Loïc Falgere, de faire appel aux producteurs locaux pour ne manquer d’aucuns produits :

« On essaye de s’en sortir avec des productions locaux, par exemple notre crème de marron de notre centrale habituelle n’est plus disponible. On a donc référencé une nouvelle crème de marron qui vient d’Ardèche. Une crème qui est un plus cher, mais qui fait un carton ! La moutarde est toujours impactée par la pénurie, mais on en a racheté à des producteurs d’Alsace. »

Des difficultés d’approvisionnement de certains produits comblés par les producteurs locaux, mais avec des prix moins avantageux.

« Si on achète un produit plus cher, on va être obligé de le répercuter sur le prix de vente », a confié le responsable du magasin.

Un noël sous tension ?

À côté de ça, l’inflation ne simplifie pas la tâche. Il faut tout calculer. Pour de nombreux foyers, les courses du quotidien sont devenues un véritable casse-tête. Les consommateurs achètent moins et se dirigent vers les marques de premiers prix.

« Pour la période des fêtes, on préfère avoir des produits en rupture de stock plutôt que d’augmenter les prix », a confirmé Loïc Falgere inquiet pour cette période en vue des hausses prix.

« Cette année, le foie gras va se vendre très cher. On a donc eu la volonté de ne pas en acheter, parce qu’aujourd’hui vendre le kilo de foie gras à 80 € au lieu de 40 € en 2019/2020, ce n’est pas possible. On préfère manquer de ce produit-là et expliquer la raison aux clients », a conclu le responsable du magasin.

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8 commentaires

mi

jeu 15/12/2022 - 11:19

comme tout les journaliste un nouveau crie d'alarme pour affoler les gens,et faire grimper les prix.

ga

mer 14/12/2022 - 16:00

Je cite : "Tous les rayons sont impactés et surtout certaines références : « La Vodka, l’Ice tea, le Pepsi"

Que des produits indispensables !

va

mer 14/12/2022 - 13:52

En achetant sur les marchés et dans les magasins de producteurs sur le 43 (de plus en plus nombreux!), on trouve toujours de tout ( pâtes, farine, huile...). Alors, c'est plus cher mais le producteur est rétribué directement,  pas des actionnaires, pas des grands patrons. Pour vivre, on doit se nourrir non pas posséder des smartphones, des enceintes connectées ou des merdouilles en plastique - qui ne sont pas en pénurie celles- là...alors que des emballages ou des sacs le seraient. Notre société court après cela parce que nos esclaves sont en Chine,au Bangladesh... La plupart d'entre nous ne veulent pas changer ce mode de fonctionnement et face à la frustration, se trouvent déconcertés et en colère : nous sommes directement responsables de ces problèmes! Réfléchissons!

se

mer 14/12/2022 - 11:47

L : Il faut arrêter avec tous ces articles (pénurie de produits, coupures de courant...) qui ne font qu'affoler une partie des personnes et pourquoi pas demain un article sur la fin du monde au 31/12/2022. 

Vraiment vous ne savez pas quoi écrire.

Dsolé

ri

mer 14/12/2022 - 09:42

Aujourd'hui, la part de l'alimentaire dans le budget des ménages français, c'est à peu près 10 % (et encore, au supermarché, on paie essentiellement la logistique, les emballages, les salaires des caissières etc., la malbouffe en elle-même ne coûte quasiment rien). Au début du 20e siècle, la part de l'alimentaire dans le budget des ménages, c'était 65 %. Mais on n'avait pas de gadgets à gogo, de déco made in China, de fringues jetables, de gros SUV débiles, de vacances au soleil...

Perso, je boycotte le supermarché depuis des années (trop cher pour moi). En plus, le supermarché, c'est moche, c'est impersonnel, la musique est pourrie, c'est un temple de la malbouffe industrielle plastifiée. Le marché, c'est 100 fois mieux. Et oui, il faut cuisiner...

ma

mer 14/12/2022 - 08:35

a voir la photo avec des rayons pleins il n'y a pas penurie !!!

ga

mer 14/12/2022 - 08:33

Il va peut-être falloir s'habituer à ne plus avoir le choix entre 50 sortes de pâtes, de yaourts ou de conserves. Mais étions-nous bien raisonnables jusqu'alors ? Cette abondance générait tellement de pertes et de gaspillage. Il y a quelques décennies, les choix étaient moindres, nos aïeux mangeient moins varié, plus normé et "de saison" et je n'ai pas l'impression qu'ils étaient plus malheureux. Au contraire, ils se plaignaient plutôt moins que nous. Alors, si pénurie il y a, nous nous adapterons et reviendront à des choses simples sans artifices et c'est tant mieux.

ne

mer 14/12/2022 - 08:07

De toutes façons, vu la hausse des prix exponentielle ( de qui se moque-t-on au passant ...) , pénurie ou pas, on ne va même plus pouvoir s'acheter ces articles en supermarché , on ne pourra que les voir en vitrine dans les beaux quartiers Parisiens !