Ouverture dominicale : toujours cinq dimanches, mais la motion (enfin) adoptée

mar 17/12/2019 - 18:21 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:01

"Je me félicite de voir qu'à l'agglomération, il y a un accord pour ne pas dépasser les cinq jours", a initié le conseiller d'opposition Laurent Johanny, qui déplore en parallèle : "l'hypermarché de Vals ouvre le dimanche après-midi avec des automates ; nous devions envoyé un message fort dès jeudi dernier pour les salariés qui craignent pour leurs emplois, mais aussi pour les commerçants du centre-ville, qui pourraient se trouver en grande difficulté".
Le maire du Puy Michel Chapuis, qui a rencontré Laurent Johanny sur le parking de l'hypermarché ce dimanche alors qu'il était venu à la rencontre des salariés, a accepté la motion car "sur place, j'ai bien compris la crainte des salariés pour leurs emplois avec la vulgarisation des caisses autonomes et il va de soi que nos commerçants du centre-ville ne pourraient pas ouvrir avec de telles amplitudes".

----Géant profite en fait d'un vide juridique dans cette affaire et normalement, on ne peut pas acheter d'alcool ou de vêtement (puces à ôter) le dimanche après-midi. Sauf que des manifestants (se faisant passer pour des clients) y sont parvenus. Le maire n'a aucun levier pour empêcher cette ouverture dominicale, la balle est dans le camp du législateur.-----"Est-ce qu'on veut un modèle ultralibéral initié par la République en Marche et Emmanuel Macron ? "
Pour le premier magistrat du Puy, même si sa commune n'est pas directement concernée, c'est avant tout "la question du modèle de société que l'on veut pour demain" que cette affaire pose : "quand on bosse 7j/7, on perd tout : famille, amis, santé, repères... C'est une société qui se met en danger, je veux une société de l'humain, pas du robot. Alors est-ce qu'on veut une Uberisation de la société ? Un modèle ultralibéral initié par la République en Marche et Emmanuel Macron ?".
Une attaque, pas vraiment dissimulée, adressée à Catherine Granier-Chevassus, conseillère d'opposition qui a déjà annoncé sa candidature pour les élections municipales du Puy sous la bannière du parti présidentiel. "Je conteste totalement", s'est-elle offusquée, "je m'oppose moi aussi à ce modèle de surconsommation mais il est initié par les grandes surfaces et les groupes financiers, et je regrette cette attaque gratuite sur la politique d'Emmanuel Macron".
La motion a donc été présentée et adoptée à l'unanimité (voir le détail en pied d'article). Et Laurent Johanny de remettre le couvert : "je suis vraiment triste que l'on ait pas pu la présenter jeudi dernier". "Elle n'avait pas été rédigée, c'est bien dommage", a conclu Michel Chapuis.

Un plafond de cinq dimanches par an
Chaque maire doit déterminer, à l'échelle de sa commune, le nombre de dérogations au repos dominical pour l'année 2020, dans la limite de douze. Si la commune veut ouvrir plus de cinq jours, elle a besoin de l'aval de l'agglo.
Après concertation avec les communes de la couronne du Puy, "dans le respect des équilibres commerciaux au sein du bassin", il a été proposé de porter les ouvertures dominicales à cinq, comme cette année.

Les commerces concernés
Cette décision s'applique pour le commerce de détail automobile (concessions), pour le commerce de détail de jeux et de jouets, pour le commerce de détail alimentaire et les autres commerces de détail.
Rappelons que les personnes privées de repos les dimanches doivent bénéficier d'un repos compensateur dans la quinzaine qui précède ou qui suit cette date. De plus, le salaire doit être majoré au moins du double.

Le détail
pour les commerces automobiles : le 19 janvier, le 15 mars, le 14 juin, le 13 septembre et le 11 octobre.
Pour les magasins de jeux et jouets : les 22 et 29 novembre, les 6, 13 et 20 décembre.
Pour les magasins d'alimentation : le 12 janvier, le 28 juin, les 13, 20 et 27 décembre.
Pour les autres commerces de détail : le 12 janvier, le 28 juin, les 6, 13 et 20 décembre.

Maxime Pitavy

  • La motion adoptée par le conseil municipal du Puy ce mardi soir : 

Une grande surface installée sur la commune de Vals-près-Le Puy annonce son ouverture plusieurs dimanches après-midi sans aucun caissier, seulement avec des automates. Déjà soumis à des conditions de travail difficiles, à des pressions et à une baisse des effectifs ces derniers mois, les employés sont aujourd'hui menacés par les pertes de leur repos dominical et à moyen terme de leur emploi. En cette période de fin d'année, nos petits commerçants de centre-ville tentent justement de tirer leur épingle du jeu les dimanches : la concurrence déloyale de cette enseigne menace leur attractivité. Le conseil municipal du Puy-en-Velay désapprouve solennellement cette pratique, soutient une activité commerçante humaine et s'engage à porter cette parole au sein de l'agglomération.

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