Mort suspecte au Puy : 12 ans de réclusion criminelle

ven 11/12/2015 - 10:14 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:38

Ce vendredi 11 décembre, le deuxième jour de procès en assises commence au tribunal du Puy-en-Velay pour la femme de 51 ans accusée du meurtre de son amant en mars 2014. La première journée a permis d'entendre les témoignages des proches de l'accusée, des experts et d'une des filles de la victime.
Cet article est à lire de bas en haut. 

20h23 Le verdict tombe, la cour reconnaît les violences volontaires avec une arme, les blessures ayant entraîné la mort. L'entrave au discernement a également été relevé. "Nous n'avons pas assez d'éléments pour reconnaître l'homicide." La femme de 51 ans est condamnée à 12 ans de réclusion criminelle. Avec la requalification des faits, un suivi socio-judicaire n'est pas possible.
L'intéressée et l'avocat général ont 10 jours pour faire appel.

18h44 La cour s'est retirée.

17h46 La défense s'avance à la barre : "Il ne doit y avoir aucun doute, s’il y en a un, il doit y avoir une requalification". Me Portal plaide pour cette dernière. Pour lui, le meurtre est en réalité de la violence avec arme sans intention de donner la mort, punie de 15 ans de réclusion criminelle. "L’utilisation de ce couteau veut-il dire qu’elle voulait donner la mort ?" Après une longue plaidoirie, il conseille une peine "juste" de 9 ou 10 ans.

16h57 "Elle a porté le coup avec force et dans une zone vitale", décrit l'avocat général pour justifier l'envie de tuer. Il pointe un aspect : "La victime a passé une à deux heures à agoniser sur le dos". Alexandre Constant lit les propos tenus la veille par l'accusée : "Il m'a poussée à bout, je ne voulais pas le tuer". Pour meurtre, 30 ans de réclusion criminelle sont encourus. L’avocat général, Alexandre Constant, requiert 14 années de réclusion, cinq ans de suivi socio-judicaire ainsi que la confiscation des scellés. Le suivi socio-judiciare comprend une obligation de soins et l'obligation de se soumettre à des mesures de surveillance. "Il faut prévenir le risque de récidive."

16h24 L’avocate de la partie civile, Me Médard-Grasset prend la parole : "C’est la jalousie (envers les amis de la victime, ndlr) qui a fait qu’il est décédé". L'avocate fait aussi preuve d'empathie : "La victime a payé pour tout ce que lui ont fait subir ses anciens compagnons. Ils lui ont fait vivre un enfer".
Pour la partie civile, la victime n’était pas violente avec l’accusée : "C’est pour cette raison qu’elle n’en avait pas peur".
Pendant la plaidoirie, la fille de la victime ne peut retenir ses larmes.

15h Le procès reprend avec les déclarations de l'accusée. La semaine précédant le meurtre, elle a dormi chez son amant et victime. Le couple illégitime a passé une partie de l'après-midi dans un bar ponot avant de rentrer au domicile de l'homme.
Après avoir livré de multiples versions des faits lors de ces auditions, elle admet que son amant ne la menaçait pas avec un couteau. "Je ressens de la haine." "De la haine pour qui ? ", cherche à comprendre le président. "Pour moi", répond l’accusée la tête baissée.
Quand l’avocate de la partie civile lui demande de décrire son comportement avec ses divers compagnons, la réponse est pour le moins surprenante : "Je ne peux pas vous en parler, ça va me faire trop mal et je vais m’énerver". 

13h40 L'audience est suspendue.

13h25 Le frère de l'accusée la décrit comme une femme têtue. "Quand elle piquait des colères, elle grognait, elle n'était pas contente et puis voilà", explique-t-il simplement. Depuis plusieurs années, il n'était plus en contact avec sa soeur.

13h20 Deux autres amis de la victime ont été entendus, sans apporter d'éléments nouveaux.

12h03 "J'ai perdu un très bon ami. Il est parti gratuitement", commence une fréquentation de la victime. Ils se connaissaient depuis plusieurs années. "Vous avez déclaré qu'elle (l'accusée, ndlr) lui a cassé la figure deux ou trois fois, vous étiez là à ce moment ?", demande le président Etienne Fradin. L'homme acquiesce alors que la mise en cause nie depuis le box des accusés.

11h30 Il est "peu probable que la victime n'ait opposé aucune résistance" d'après le médecin légiste même si aucune blessure de défense n'a été observée. L'homme n'est pas mort immédiatement, il a pu rester vivant jusqu'à deux heures après le coup de couteau. La fracture d'une côte a eu lieu une heure avant le décès : "Sans doute au moment du coup, quand il est tombé au sol". 
"S'il avait appelé les secours ? La blessure aurait-elle pu être soignée ?", interroge l'avocate de la partie civile. "Oui, répond le médecin, mais la douleur est très vive, elle peut faire perdre connaissance." Aussi, le téléphone portable de la victime a disparu du logement donc la victime n'avait, semble-t-il, pas de moyen de prévenir les secours.

10h58 Le T-shirt que portait la victime ne présentait pas de trace de sang. 

10h53 Au moment des prélèvements sur le corps, la victime n'avait aucune trace d'alcool dans le sang, contrairement à ce que prétend l'accusée.

10h D'autres agents de police viennent à la barre apporter des éléments sur l'enquête. S'en suit, le visionnage des photos de la scène de crime : le salon ainsi que la cuisine américaine. Dans l'appartement, une dizaine de cannettes de bière de 500ml sont visibles. Un couteau à dents, pas l'arme du crime, trône sur la table avec un ticket de caisse. A côté du corps, du marc de café est répandu au sol, peu de traces de sang sont visibles. L'arme du crime, un petit couteau à lame lisse et au manche en bois a été laissé au sol à proximité de la porte menant à la chambre. La lame de 9 cm est maculée de sang.

9h23 L'enquêteur de police revient sur la journée du 31 mars, date de la découverte du corps.  A son arrivée sur place, il a fait le tour de l'appartement.  "Une seule personne avait dormi dans le lit. Il n'y avait pas de désordre", précise-t-il.
Dès le lendemain, une autopsie a été réalisée sur le corps de la victime. Là, le médecin légiste constate une perforation du côté droit du T-shirt de la victime. Après analyse de la plaie, il définit l'arme comme un couteau à lame tranchante lisse. Le coup a été donné horizontalement "sans pouvoir préciser la trajectoire".
L'enquête permet de remonter jusqu'à la "colocataire". Celle-ci a été mise en garde à vue jeudi 3 avril.

9h18 Le procès reprend avec le court récit de l'accusée. "On a été à la banque et au bistrot. Après on est rentré." Après quelques secondes de silence, elle dit avoir donné un coup de couteau. "Et après je suis partie."

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