MEDEF : Patrick Martin fait le point sur la santé des entreprises

Par L'équipe zoomdici sam 03/04/2021 - 13:00 , Mise à jour le 03/04/2021 à 13:00

De passage au Puy-en-Velay, le président délégué du MEDEF, Patrick Martin, a tenu un point presse au siège départemental du syndicat patronal. Accueilli par Stéphane Vray, délégué général du Medef 43, le numéro 2 du MEDEF s’est exprimé sur la situation que nous traversons depuis un an, ainsi que sur les perspectives d’avenir.

Alors que le secteur de l’industrie se trouvait dans une bonne dynamique de relance, sauf pour les secteurs interdits d’activité comme la restauration ou encore l’événementiel, les nouvelles annonces gouvernementales viennent casser le moral et cette dynamique. Une bonne tenue du calendrier exposé par le Président de la République semble nécessaire pour Patrick Martin

Une relance efficace et une bonne dynamique économique

Que représente le MEDEF ?

Le MEDEF compte 173 000 adhérents.

Ce sont donc autant d’entreprises, dont beaucoup de PME. Le syndicat regroupe 94 branches différentes.

D’emblée, le président délégué du MEDEF, Patrick Martin, indique « une tonalité positive au sein du MEDEF ». En effet, il nous indique que les entreprises sont dans une dynamique économique très positive. « Depuis un an, les mesures de soutiens et de relance ont été considérablement renforcées. La mise en place du travail partiel ou encore du prêt garanti par l’État s’est faite très vite » expose Patrick Martin. Le plan de relance possède un prisme très industriel, une chose très positive pour le directeur délégué du syndicat patronal « C’est une bonne chose. Je trouve scandaleux que la France ait laissé dépérir son industrie depuis des décennies » avance Patrick Martin.

Un déficit inéluctable, et un renforcement du plan de relance

Cependant, le numéro deux du MEDEF reste pragmatique sur la situation traversée par les entreprises. « En moyenne, sur l’année 2020, les entreprises sont quasiment toutes déficitaires. Malgré ces compensations de soutiens, et non les aides de soutien, j’insiste sur ce terme de compensation, les entreprises françaises ont perdu 80 milliards d’euros par rapport à 2019 » explique P. Martin. « Ce déficit, qui devrait être redirigé sur la dette public, sera forcément payé tôt ou tard par nos impôts » ajoute t-il.

Les secteurs les plus impactés ne sont pas pour autant oubliés. En effet, Patrick Martin réclame un renforcement du plan de relance pour les secteurs interdits d’activité. « Les secteurs, dits présentiels, sont essentiels au fonctionnement d’un pays et à son attractivité, que ce soit le tourisme, la restauration ou encore l’événementiel. Ils représentent 10 % des salariés en France, 10 % du PIB. Il faut pouvoir les remettre en route » explique Patrick Martin.

Patrick Martin Photo par Macéo Cartal

Un calendrier sanitaire à tenir… voire à accélérer

Disparités territoriales

Avec un plan de relance délibérément industriel, il y a également des disparités territoriales très fortes dans le versement des subventions. « D’une région à l’autre, les représentants de l’État sont plus moins impliqués dans ces versements. Par exemple en Bourgogne-Franche-Comté, ça a été très rapide alors qu’en Bretagne, ceci a démarré beaucoup plus tardivement. Mais globalement, le plan de relance se dépolit plutôt bien. », pour Patrick Martin.

« Notre soucis maintenant est que le calendrier sanitaire exposé par le Président soit tenu » s’inquiète le président délégué du MEDEF. En effet, les nouvelles annonces du gouvernement viennent casser la bonne dynamique économique qui s’installait dans les secteurs en activité. Ainsi, il semble important pour le MEDEF que calendrier soit tenu. « On peut encore donner un coup de collier pour une courte durée, mais au-delà, ça devient très compliqué » expose Patrick Martin. « La clé de tout reste la vaccination » affirme t-il. Le MEDEF demande effectivement que le calendrier vaccinal soit accéléré et soit ouverte à tous le plus vite possible. « Les entreprises demandent à être acteur de la vaccination, proposant de pouvoir se faire vacciner sur place. Nous voulons aider et participer » déclare Patrick Martin.

D’ailleurs ce dernier déplore un paradoxe pour les salariés de deuxième ligne. « Singulièrement, il y a cette incohérence avec les salariés de deuxièmes lignes. On nous dit qu’il faut impérativement les protéger, et c’est une évidence car ils sont très exposés aux risques. Je pense bien évidemment aux caissiers et caissières, les agents d’entretien et de propreté ou encore les agents de sécurité, qui ont pour la plupart moins de 50 ans. Nous ne comprenons pas, et la CFDT non plus ne comprend pas, pourquoi on ne vaccine pas d’ores et déjà » dénonce Patrick Matin.

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