Manifestation au Puy : les soignants et les soignés mobilisés ensemble

mar 16/06/2020 - 19:35 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:05

Le 16 juin 2019, les syndicats du Centre Hospitalier Emile-Roux annoncent leur mise en grève. Jamais ils n'auraient alors pensé que leur combat durerait aussi longtemps. Un an plus tard, après la parenthèse imposée par le Covid-19 et son confinement, les voilà de nouveau dans la rue avec la même hargne et les mêmes revendications. "Nous demandons une augmentation de salaire de 300 euros net mensuels pour tous, l'arrêt des fermetures de lits, le recrutement de personnels et la réouverture des services fermés pour que la population ait un accès égalitaire au niveau des soins, insiste Patricia Bénézit, infirmière et représentante syndicale auprès de la CGT hospitalière. Le confinement a stoppé un moment les choses parce que nous nous sommes mobilisés pour soigner les gens mais nos revendications sont toujours là".

Un manque important de main d'oeuvre
Une majorité des services de l'hôpital Emile-Roux est représentée, ainsi que des corporations différentes comme le Resf 43, l'Accueil Familial Pour Adultes ou encore les Gilets jaunes, le syndicat de l'Education nationale de la FSU, Solidaires et Attac. "Nous pensons qu'il y a 200 emploi ETP (Équivalents Temps Plein) en manque à Emile Roux, indique-t-elle. Avec l'augmentation de l'activité, si nous voulons remplacer les arrêts maladies et les congés annuels correctement, il nous faut ces emplois !" Pour ce qui est du moral des troupes, Patricia Bénézit parle sans hésitation : "Tout le monde est fatigué et beaucoup souhaitent partir. La direction dira que c'est pour des motivations différentes et pas en lien avec la situation présente dans l'hôpital. Mais ce n'est pas vrai".

Tension autour de la prime Covid
Cette prime sera bien octroyée à certains employés du centre hospitalier Emile-Roux comme nous l'apprend Patricia Bénézit :

(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur tablette ou smartphone)

... Mais elle sera destinée également à du personnel mois enclin à la recevoir d'après la syndicaliste :

(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur tablette ou smartphone)

----Des actions à venir :
Sans avoir encore défini la forme que prendrait les prochaines mobilisations, la CGT43 hospitalière et d'autres syndicats ont décidé des dates du 30 juin et du 14 juillet pour à nouveau partager et défendre leurs revendications.-----Une demie victoire pour Sainte-Marie
Bernard Carlier, de la CGT43 de l'hôpital Sainte-Marie, annonce des nouvelles en demi-teinte, issues des décisions de l'Agence régionale de santé (ARS). "Le statut de notre établissement est particulier car il est privé mais de service public, explique-t-il. Or, la prime dite Covid n'était destinée qu'aux établissements purement publics comme l'hôpital Emile-Roux. L'ARS nous a confirmé aujourd'hui que cette prime serait tout de même versée aux personnels de Sainte-Marie qui correspondent aux critères obligatoires. Ainsi, 500 euros seront alloués aux secteurs sanitaires et 1 000 euros à l'Ehpad, Mas (Maison D'accueil Spécialisée, Ndlr) et UCLD (Unités de Soins de Longue Durée, Ndlr). Néanmoins, peu d'employés vont finalement la toucher car beaucoup de services étaient fermés durant le confinement, obligeant beaucoup à rester chez eux plutôt que de venir travailler".

"Où sont les gens qui applaudissaient aux fenêtres tous les jours à la même heure"
Si l'affluence se situe autour des 3 à 400 personnes, formant un long cortège sur l'avenue de Bonneville et les rues jouxtant le rocher Saint-Michel, certains s'étonnent du peu de monde mobilisé aujourd'hui. "Où sont les gens qui applaudissaient aux fenêtres tous les jours à la même heure pendant plusieurs semaines pour soutenir les soignants ?, déplore Laurette Pays, du Resf 43 (Réseau Education Sans Frontières). Pourquoi n'y a-t-il pas plus de personnes maintenant pour défendre notre service de santé à tous ? Si on les abandonne maintenant, c'est nous-mêmes que nous abandonnons. Nous sommes tous concernés car nous avons tous besoin d'eux. Nous devrions être des milliers à leurs côtés aujourd'hui !"

Nicolas Defay

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire