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Pradelles

« Maman, j’ai cambriolé le propriétaire »

mer 27/08/2014 - 11:29 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:24

Par vengeance, et pour l’argent. Les deux prévenus entendus ce mardi 26 août 2014 par le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay ont eu bien du mal à donner un sens à l’ensemble des faits qui leur étaient reprochés. Arrivés en Haute-Loire depuis une maison d'arrêt de Haute-Garonne où ils sont tous deux incarcérés, les deux hommes étaient soupçonnés d’être à l’origine de neuf vols perpétrés sur la commune de Pradelles entre le 21 octobre 2012 et le 1er décembre 2013.

4 mois de prison et 1700 euros
L’un a 19 ans, l’autre 23. Tous deux sont nés à Alès, dans le Gard ; ce même département où ils ont été condamnés en janvier dernier à deux ans de prison ferme pour des « faits graves » de violence, séquestration et vol. Ils sont entendus par la Cour du Puy pour avoir, souvent en duo, volé un grosse centaine de litres de gazole, un jerrican de carburant, du vin, des paquets de cigarettes, une cinquantaine de bouteilles d’alcool, de l’argent, des bijoux et… une couette, entre autres. Habilement défendus par Me Frédérique Médard-Grasset, avocate désignée à la toute dernière minute - les deux prévenus se sont présentés au tribunal ponot sans défense aucune -, ils ont finalement été reconnus coupables de deux des neuf vols détaillés ce mardi, faute de preuves pour les incriminer sur l’ensemble des larcins. Le président de l’audience les a condamnés à quatre mois de prison ferme et à 1700 euros de dommages et intérêts.

Des traces dans la neige comme point de départ
Le prévenu de 19 ans s’installe à Pradelles en 2012, chez sa mère. Il a alors 17 ans et a quitté l’école cinq ans auparavant. Le second prévenu, s’ennuyant dans le Gard, finit par rejoindre le premier en Haute-Loire. Les deux amis partagent la même chambre « mais pas le même lit », insistent-ils. Au total, ils resteront un peu plus d’un an sur la commune altiligérienne, période pendant laquelle les cambriolages se multiplient dans le village. C’est le propriétaire de la maison dans laquelle ils résident qui informe les gendarmes, en décembre 2013, de vols dont il aurait été victime : les forces de l’ordre enquêtent et trouvent des traces de pas dans la neige qui les mènent au domicile des deux prévenus. De là, une perquisition permet de retrouver des objets volés et l’entourage des jeunes hommes passent aux aveux.

« Il a tué mes chiens »
Entendus par les gendarmes, le cousin du plus jeune des prévenus les dénonce tous les deux et évoque de nombreux larcins. « Il a une raison de vous mettre en cause ? », s’interroge André-Frédéric Delay, président du tribunal ce mardi. « Non, il raconte des bêtises », rétorque le jeune homme de 19 ans. Le cousin mentionne le cambriolage d’un bar tabac, délit que reconnaît ce même prévenu alors qu’il n’en est pas directement accusé. Les choses se compliquent, l’affaire devient floue et les deux voleurs présumés se mélangent les pinceaux. André-Frédéric Delay se demande pourquoi une grande partie des larcins visait le propriétaire du domicile dans lequel ils résidaient. « Il a tué mes chiens », explique le prévenu. « C’était donc par vengeance ? » - « Et pour l’argent, aussi. » Entendu, le propriétaire rejette tout acte de violence envers les deux animaux.

« J’ai compris quand les gendarmes ont frappé chez moi »
L’audition de la mère du jeune homme par les gendarmes sera un élément clef du dossier : « Ils me disaient toujours qu’ils allaient chercher de la ferraille mais je savais qu’il y avait autre chose, explique-t-elle. On me disait tout le temps que ce n’était pas mes affaires. J’ai compris quand les gendarmes ont frappé chez moi. » Lassée, cette dernière n’a pas nié être au courant mais a insisté sur son impuissance face à une telle situation. « Un jour il m’a dit ‘maman, j’ai cambriolé le propriétaire’. Je ne cherchais plus à comprendre, je savais que mon fils faisait des conneries mais je ne pouvais plus rien faire. » Ce dernier sortait par la fenêtre de sa chambre, dans la nuit, pour éviter sa mère qui dormait dans le salon. Mais elle n’était pas dupe : « Je ne sais pas tout ce qu’ils ont volé, il m’en a fait voir de toutes les couleurs. Je n’étais plus maître de la situation. »

« Je pense qu’à Pradelles, beaucoup de personnes respirent aujourd’hui, conclut le propriétaire victime. Tout le monde a subi les conséquences de leur passage. »

A.L.

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