L'inquiétude plane toujours sur l'usine Michelin de Blavozy

Par O.St ven 19/11/2021 - 17:00 , Mise à jour le 19/11/2021 à 17:00

Le syndicat CGT Michelin Blavozy appelait ce vendredi tous les salariés de l'usine à la grève.

Les incertitudes sur l'avenir de l'usine et surtout les problématiques liées à la baisse du pouvoir d'achat étaient mises en avant.

Le problème n'est certes pas neuf mais les raisons des mouvements sociaux à répétition à l'usine Michelin de Blavozy demeurent inchangées.

"Faire mieux, autrement, voire davantage, avec moins de personnel" 

En janvier dernier la direction de Michelin rendait public un projet visant à supprimer dans les trois ans à venir, c'est à dire entre 2021 et 2024, jusqu'à 2300 postes en France. Ces suppressions étaient sensées se faire sur la base du volontariat à raison de 1100 emplois dans le tertiaire, 1200 à la production.

"Faire mieux, autrement, voire davantage, avec moins de personnel" , c'était le leitmotiv de la direction du groupe. L'objectif était un gain de compétitivité allant jusqu'à 5% par an, d'ici 2024. Le levier pour atteindre cet objectif est de liquider progressivement de nombreux emplois dans les secteurs administratifs, les fonctions supports, la recherche et le développement ainsi que sur les agents de production. Cette "économie" représente 11% des effectifs totaux de Michelin en France (en incluant Euromaster).

"Michelin a versé 357 millions d'euros de dividendes à ses actionnaires"

Selon la direction aucun départ ne serait contraint. Ceux-ci se concentrent sur les départs anticipés à la retraite (60% du flux) , le reliquat sur des départs volontaires accompagnés. La formule consacrée étant de "piloter les évolutions d'effectifs et des emplois au fur et à mesure de le concrétisation des étapes du projet."

Michelin s'est aussi engagé sur les territoires où il est présent à "contribuer, pour tout poste supprimé, à en recréer un autre, soit dans le cadre du développement de ses nouvelles activités, soit en prenant part à la redynamisation des bassins d'emplois, dans un calendrier réaliste." Engagement qui est depuis lors suivi à la trace par les élus et les collectivités locales puisqu'il sous-entend que les créations d'emplois ne sont pas concomitantes avec les suppressions de poste.

Côté syndical, on souligne que le groupe a versé 357 millions d'euros de dividendes à ses actionnaires et qu'il bénéficie d'aides publiques massives comme le chômage partiel et le plan de soutien au secteur automobile.

"Nous sommes dans une entreprise qui se porte bien, c'est tant mieux, mais cet argent doit être affecté à l'augmentation générale des salaires."

L'entreprise Michelin est passée de 50 000 salariés dans les années 80 à 19 500 salariés aujourd'hui. Ils seront moins de 16 000 en 2024. "Tout est recherche de rentabilité au détriment des salariés avec comme objectif de satisfaire les actionnaires au plus vite et cela se fait en délocalisant dans les pays à bas coût de main d’œuvre et dépourvus de droits sociaux."  

"Chez Michelin, il y a 6 coefficients en dessous du SMIC"

Mais aujourd'hui c'est sur des questions de pouvoir d'achat que le syndicat CGT voulait attirer l'attention. Ecoutons Hervé Bancel, délégué syndical CGT Michelin Blavozy: "D'un côté on a des salaires qui n'évoluent pas ou peu. Et de l'autre la flambée des prix: des carburants, des loyers, des tarifs de l'électricité, du gaz et des produits de première nécessité. La conséquence est une baisse importante du pouvoir d'achat des salariés. Les plus grandes entreprises comme Michelin s'octroient des dividendes toujours plus élevés et réalisent d'énormes profits. Nous sommes dans une entreprise qui se porte bien, c'est tant mieux, mais cet argent doit être affecté à l'augmentation générale des salaires. Nous demandons l'augmentation automatique des salaires et des minimas dans les branches ainsi que l'ouverture immédiate de négociations dès que le SMIC augmente.  Chez Michelin, il y a 6 coefficients en dessous du SMIC. Nous revendiquons donc des grilles de salaires avec le plus faible fixé à 1900 euros."

"Nous perdons deux postes sur Blavozy cette année et nous n'avons pas encore les chiffres pour 2022."

Il y aura donc encore des actions par la suite. "D'ores et déjà deux dates seront bientôt fixées en décembre pour peser sur les salaires.

Du côté de l'emploi, il y a un CSE fin novembre. "Nous perdons deux postes sur Blavozy cette année et nous n'avons pas encore les chiffres pour 2022."

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