Licenciements économiques et déménagement : quel avenir pour l'Afpa ?

Par Susie CARBONE , Mise à jour le 26/10/2026 à 06:00

Temps de lecture : 4 minutes

On le sait depuis le mardi 15 septembre, l'Afpa du Puy (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) fait partie des centres concernés par la fermeture de 30 sites sur 142 entre 2027 et 2029. Les raisons : un centre de Saint-Germain-Laprade de 7 hectare démesuré, une agence nationale endettée et une volonté d'économies ? On démêle tout ça.

En 2018 déjà, en raison du manque d'appels d'offres, une première fermeture a été évitée, mais pour 2026, pas autant de chance...

Alors à la CGT, par l'intermédiaire du délégué syndical Laurent Dufaud, on grince des dents face à ce PSE (Plan de Sauvegarde de l'Emploi) avec une réduction de 20 % des effectifs qui va être licencié économique.

"Si des raisons économiques sont avancées, de notre côté, on estime que nous sommes un service public, au même titre que l'hôpital et l'école, s'insurge-t-il. On n'a pas pour vocation à être rentable, en revanche, on permet d'éviter des coûts plus importants à postériori."

En effet, les stagiaires de l'Afpa se rapprochent de l'emploi, dont ils étaient initialement éloignés. Ce qui, selon le délégué syndical, coûterait ensuite moins cher au contribuable en aides et indemnités. "On a un taux de réinsertion de 80 %, ça génère de l'argent pour le public à travers l'impôt sur le revenu et la TVA", poursuit-il. 

"Les ministères ne comprennent rien aux enjeux de la formation professionnelle, ils ne voient qu'un tableau Excel."

Pour Laurent Dufaud, il y a une raison à la dette de l'Afpa France, qui s'élève tout de même à 130 millions d'euros, "c'est une stratégie de l'Etat d'abandonner la formation, attaque-t-il. Ce désengagement n'est pas nouveau, on ne nous donne plus les moyens d'assurer nos missions. Là où on pouvait avoir 200 appels d'offres, on en a plus que 20."

Mais pour lui, tout n'est pas perdu, il compte sur les élus, qui sont choisis pour être en soutien de causes importantes. "Il est encore temps."

Des salariés au pied du mur 

Au-delà de la formation à l'échelle nationale, ce que Laurent Dufaud cherche à défendre, c'est le bien-être des salariés. Car évidemment, dans ce PSE, il y a un plan de licenciement. "Il y a une politique de réaffectation ailleurs dans l'entreprise, mais si vous avez 50 ans, un conjoint, un crédit pour une maison et des enfants à l'école, vous ne pouvez pas partir à 400 km si facilement." 

La formation en détresse

De son côté, la direction en la personne de Christophe Picard, directeur général par intérim de l'Afpa Auvergne-Rhône-Alpes, met en avant les difficultés économiques de l'Agence : "L'ensemble du marché de la formation professionnelle a une baisse de financements publics, commence-t-il. En plus, il vient d'être annoncé que le reste à charge va augmenter de 100 à 150 €, c'est tout un secteur d'activité qui se porte mal."

Alors transformation, pour la direction, c'est le moyen de rendre l'agence pérenne, de revenir à l'équilibre entre le coût et le gain. "Nous allons quitter les locaux surdimensionnés actuels et se réimplanter dans le centre. Le seul changement pour les usagers sera au niveau des machines mises à disposition d'artisans et de professionnels : nous envisageons de vider les lieux de toute occupation." Pour faire simple, ces machines encombrantes et rarement utilisées seront certainement vendues.

"Nous avons connu des demandes en forte diminution depuis plusieurs années, mais nous continuons d'avoir des activités sur d'autres formes de formations avec des formats hybrides entre présentiel et distanciel", rassure Christophe Picard, convaincu que cette diminution de la partie technique va dans le sens de la demande des stagiaires. "Nous allons étoffer notre gamme de formation tertiaire sur l'administratif et le service", poursuit-il.

L'Afpa démarre ainsi des formations d'assistant comptable, de gestionnaire de paye, d'assistant RH, de secrétaire médico-social, et de chargé d'accueil.

Quelles aides pour les salariés ?

Alors sur la question cruciale de l'avenir des salariés, il est encore trop tôt pour en parler. "Le dialogue social va encore durer 4 mois, avec des négociations qui permettront de clarifier l'accompagnement qui sera apporté aux salariés qui quitteront l'Afpa."

La direction avance plusieurs aides : 

  • La mobilité interne au sein de l’Afpa soutenue par des aides ;
  • des mesures d'accompagnement à l'adaptation et à la formation ;
  • une antenne de l'emploi et un espace mobilité emploi à travers un cabinet externe pour les salariés qui ne pourraient pas être mobiles ;
  • un congé de reclassement avec soutien financier pour trouver un emploi et se reconvertir ;
  • une aide à la création et à la reprise d'entreprise ;
  • des indemnités et des ruptures pour ceux qui n'auraient pas de solutions.

C'est en février 2027 que les négociations prendront fin.

 

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