L'espace animalier du Velay ne proposera pas d'adoption pendant le confinement

mer 08/04/2020 - 20:30 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:04

Joint par téléphone avant la décision gouvernementale d'accorder une dérogation pour les personnes désireuses de se déplacer pour adopter un animal, décision prise samedi place Beauvau et qui entrera en vigueur dès jeudi 16 avril, le responsable de l'espace animalier du Velay (ex-SPA) de Polignac Christophe Fayard ne voulait pas non plus noircir le tableau.

La crainte d'une surpopulation mais encore une marge d'une dizaine d'animaux
Au tout début des annonces du confinement, "on a craint une surpopulation", reconnaît-t-il, "mais finalement on n'est pas saturé non plus". Là où il a habituellement une capacité d'accueil de 65 animaux, il peut l'augmenter d'environ une dizaine de places en ces temps particuliers ; "une dizaine d'animaux, c'est la marge dont je dispose", résume-t-il. Parfois, des animaux sont confiés à des familles d'accueil mais pour l'instant, ce recours n'est pas possible.

Les deux services civiques sur la touche
En cette période de confinement, ils ont été invités à rester chez eux et la structure tourne avec quatre personnes, sans modification du volume horaire.

Un solde forcément déséquilibré entre les sorties et les entrées
"Le problème, c'est qu'on n'a plus aucun animaux qui sortent puisque les adoptions sont interdites pour l'instant", explique-t-il, alors que tout est affaire de flux normalement, entre les adoptions (sorties) et les animaux récupérés par le refuge (entrées). Un solde forcément déséquilibré en cette période confinée.
A titre d'exemple, une quinzaine de chats et une dizaine de chiens ont été adoptés en février. Seulement cinq chiens début mars et depuis, "c'est le calme plat", c'est à dire absolument aucune adoption. Heureusement, les entrées sont limitées aussi puisque seulement huit bêtes sont entrées en mars (abandonnées ou en divagation), et deux depuis début avril, alors qu'en février par exemple, on comptait 24 chiens et 12 chats entrés au refuge de Polignac.

----"L'ensemble des refuges qui se conformeront aux critères du dispositif mis en place par le gouvernement (prise de rendez-vous et délivrance d'attestation dématérialisées notamment) pourront bénéficier de la dérogation", a précisé dans un tweet Christophe Castaner.
-----"Il faut du temps pour apprendre à se connaître, ce n'est pas une paire de chaussures non plus"
Bien qu'en amont de la décision gouvernementale d'autoriser les déplacements pour adopter un animal, nous avions évoqué la question avec le responsable du refuge vellave. "Si c'est le cas, ce sera sur rendez-vous et au compte gouttes. On ne les laissera pas partir au bout de deux minutes, il faut du temps pour apprendre à se connaître, ce n'est pas une paire de chaussures non plus". Car sa crainte, c'est "de les retrouver abandonnés deux mois plus tard" et il ne laisse partir l'animal que s'il est convaincu des bonnes conditions d'accueil proposées.
Le Président Gaëtan Plot va dans le même sens dans un post sur la page Facebook de la SPA de Polignac : "je vous le dis d'avance, nous ne sommes pas un DRIVE SPA". Car après s'être renseigné sur la procédure, il juge qu'elle s'apparente à un achat en ligne qu'on vient ensuite retirer au refuge et il précise : "il n'y aura pas d'adoption, sauf si le refuge de Polignac se retrouve saturé" dans les semaines à venir.

Au déconfinement, on peut s'attendre à un boost d'adoptions
La demande devrait être forte dès le déconfinement puisque les animaux disponibles à l'adoption sont visibles sur le site web du refuge et sur sa page Facebook. "On a une chienne, Laika, pour laquelle on a déjà reçu de nombreux appels", témoigne Christophe Fayard qui s'attend à "un boost d'adoptions" lors de cette période charnière car "il y a une forte demande et certains vont se battre pour le même chien", conclut-il dans un éclat de rires.

Maxime Pitavy

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