Les syndicats dénoncent un manque criant de personnel à l'hôpital Émile Roux

, Mise à jour le 26/03/2026 à 18:00

Temps de lecture : 4 minutes

Ce jeudi 26 mars, un préavis de grève lancé par la CGT et FO a conduit à un rassemblement devant le conseil de surveillance de l’hôpital du Puy. Face à "des coupes budgétaires et des conditions de travail qui se dégradent", les syndicats alertent et font entendre leurs revendications.

Les syndicats FO et CGT dénoncent les difficultés de recrutement, les conditions de travail dégradées et une activité en hausse, et enfin une situation qui fragilise à la fois les soignants et la prise en charge des usagers. Malgré une faible participation, notamment en raison du personnel assigné au service, une trentaine de personnes ont tenu à être présentes.

L'hôpital Emile Roux a une bonne dynamique en progression, c'est ce que confirment à la fois les syndicats ainsi que la direction.  Malgré cela, le manque de moyens humains a, selon les syndicats, une incidence directe sur le quotidien de l'hôpital et les conditions de travail.

« L'hôpital n'attire plus, on ne reçoit pas autant de CV donc on n'a pas une marge de manoeuvre » Carine Quintin

Un manque d’attractivité préoccupant

Malgré l'annonce des aides financières du gouvernement et de la Région, cela reste insuffisant. En effet, la dynamique actuelle de l'hôpital a permis de créer de nouveaux services ou d’en étendre d'autres. Cependant, certains services manquent de personnel et les départs en retraite ou les arrêts de travail sont peu remplacés.

Les syndicats estiment qu’environ 250 équivalents temps plein seraient nécessaires pour compenser les absences non remplacées.

« L'hôpital n'attire plus, on ne reçoit pas autant de CV donc on n'a pas une marge de manoeuvre », explique Carine Quintin, secrétaire FO. Une situation qui s’inscrit dans un contexte national difficile. Selon le syndicat FO, les vocations se raréfient, et de nombreux jeunes diplômés quittent rapidement la profession, déçus par la réalité du terrain mais aussi submergés par les difficultés que rencontre l'hôpital public.

100 titulaires depuis 2023 assure la direction 

Dans son communiqué de presse, la direction de l'hôpital Émile Roux annonce « la création de près de 200 postes supplémentaires afin de répondre aux besoins des services et d'accompagner le développement de l’hôpital » depuis 2018ainsi que la titularisation de 100 agents depuis 2023. 
Dans le même temps, le taux de recours aux contractuels a diminué pour atteindre 21 % en 2025, soit un taux inférieur à la moyenne nationale (23,3 %). Ces évolutions traduisent une volonté claire de stabiliser les équipes et de réduire la précarité de l’emploi.

 

Des soignants en souffrance

Les syndicats dénoncent également une dégradation continue des conditions de travail.  Selon eux, le personnel fait face à une pression croissante, entraînant burn-out et arrêts maladie. Les absences augmentent et aggravent encore les difficultés de travail, couplées au manque de mise en place de services de remplacement.

« Ils n'ont pas de baguette magique, donc ils ne peuvent pas faire plus vite que la musique et ça engendre des retards, des problèmes de fluidité dans l'organisation, ils veulent du renfort d'effectifs » Amandine Rabeyrin

Selon la CGT, l’hôpital poursuit son développement avec l’ouverture de nouveaux services, comme la coronarographie, des chambres de SMR et l’augmentation des capacités en dialyse.

Cependant, ces avancées ne compensent pas le manque de moyens humains dans de nombreux services : kinésithérapeutes, manipulateurs radio, où les candidatures restent fragiles. Pour les brancadiers, l’activité augmente chaque année. « Ils n'ont pas de baguette magique, donc ils ne peuvent pas faire plus vite que la musique et ça engendre des retards, des problèmes de fluidité dans l'organisation, ils veulent du renfort d'effectifs » déplore Amandine Rabeyrin. 

Elle évoque aussi le personnel de cuisine, qui est particulièrement touché « même en cuisine, il manque des postes pour qu'ils aient un planning. Actuellement, ils ne peuvent pas poser leurs jours de congés ».

Des organisations de travail contestées

Parmi les points de tension, la CGT pointe la mise en place de « semaines blanches », assimilées à de l’astreinte déguisée selon Amandine Rabeyrin, rendant difficile toute organisation de la vie personnelle. Elle explique que, malgré l'opposition des salariés évoquée en réunion avec la direction, des journées de travail sans horaire apparaissent sur certains plannings.

FO et la CGT estiment que le manque de moyens et les rémunérations jugées insuffisantes contribuent à rendre les métiers hospitaliers de moins en moins attractifs et cela impacte l’ensemble des agents hospitaliers.

Face à cette situation, les syndicats FO et CGT demandent le renforcement des effectifs, une amélioration des conditions de travail, et des investissements pour garantir des locaux et un environnement de travail dignes. Au-delà des revendications locales, ils alertent sur une crise plus large de l’hôpital public, appelant à une réponse forte des pouvoirs publics.

Les syndicats ont dénoncé le fonctionnement national et local
Les syndicats FO et CGT ont dénoncé le fonctionnement national et local Photo par Fanny Gimenez

 

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