'''Les seules batailles perdues d'avance sont celles qu'on ne mène pas'''

jeu 16/11/2017 - 16:38 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:49

----En tout, à travers la France, cette 4ème journée d'action a rassemblé 80 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur. Lors des trois précédentes journées d‘action des 12 et 21 septembre et du 19 octobre, place Beauvau avait compté respectivement 223.000, 132.000 et 37.700 personnes (fonctionnaires uniquement) dans les rues du pays.
-----Est-ce le froid glacial (-3°C à la mi-journée) ou la résignation ? Seules quelques centaines de personnes ont participé à la 4ème journée de mobilisation nationale contre la réforme du code du travail ce jeudi 16 novembre 2017 au Puy-en-Velay.
Ils étaient 420 précisément d'après les services de la préfecture, dont 50 lycéens (de Simone Weil, Roche Arnaud et Jean Monnet). Et pour une fois, l'écart avec le chiffre syndical est minime : 500 personnes au comptage de l'intersyndicale altiligérienne (CGT, FO, FSU, CFE-CGC, Solidaires).

La dernière fois, le 10 octobre, on comptait entre 850 et 1 500 manifestants au Puy et il ne s'agissait que de fonctionnaires.
Ils étaient entre 1 000 et 2000 le 12 septembre.
Le 21 septembre, les lycéens étaient venus en masse (près de 200) pour un cortège qui rassemblait entre 750 et 2000 personnes.

« Peut-être aurait-il fallu une action plus resserrée dans le temps et donc plus intense », suggère Véronique de Marconnay, drapeau Sud Solidaires à la main, en référence à la répétition des journées d'action depuis septembre.
En tout, cette enseignante au lycée public général et technologique d'Yssingeaux n'en a raté aucune. Elle se dit surprise de voir que l'opinion publique ne se mobilise pas plus face aux « injustices » du gouvernement actuel. Pour elle, il n'y a pas que la réforme du code du travail. C'est un tout, l'ensemble de la politique menée par Emmanuel Macron la révolte.

En tant qu'enseignante, en quoi se sent-elle concernée par la réforme du code du travail ?

Et quand on lui demande si elle garde espoir de faire reculer le gouvernement, elle répond : « Les seules batailles perdues d'avance sont celles qu'on ne mène pas ».

Ce dicton, on le retrouve dans la bouche de Bernadette Tavernier, déléguée syndical Force Ouvrière à l'hôpital privé Sainte-Marie du Puy. En plus des revendications propres à l'établissement, elle s'inquiète des changements prévus par les ordonnances Macron dans l'organisation de la représentation syndicale au sein des entreprises.

Ces inquiétudes, Céline Lioutaud les partage aussi en tant que secrétaire syndicale des organismes sociaux de la Haute-Loire. Elle fait partie de ces manifestants motivés malgré le froid. C'est aussi sa 4ème journée de mobilisation depuis la rentrée. Aux côtés de Joëlle Limagne, son alter égo à la CGT, elle explique les raisons de sa présence.

Malgré toute la motivation des personnes présentes, il y a des signes qui ne trompent pas quand un mouvement s'essouffle au Puy : la manifestation n'a pas fait le grand tour de la ville. Partie, comme d'habitude, de la place Cadelade vers 11 heures, elle n'a pas remonté le boulevard Saint-Louis pour passer devant la mairie. En haut du Breuil, le cortège s'est arrêté un instant, puis a bifurqué directement vers la préfecture. Là, au pied des vestiges de la grande roue de la fête foraine presqu'entièrement démontée, les leaders syndicaux ont pris la parole à tour de rôle comme le veut la tradition.

Choqués par les Paradise papers
Là, le scandale des Paradise papers, la suppression des contrats aidés, la baisse des APL (Aides au logement), la hausse de la CSG (contribution sociale généralisée), ou encore la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires ont été fustigés comme autant d'injustices.
Les syndicats veulent y croire : « Dans l'unité syndicale, les routiers ont réussi à faire reculer les employeurs et le gouvernement sur les ordonnances, les dockers ont fait de même. Par les grèves et les manifestations, toutes et tous ensemble, nous pouvons les faire reculer », a lancé la CGT.

Le projet de loi de ratification doit être débattu à l'Assemblée nationale du 21 au 24 novembre, avant un vote le 28.

Annabel Walker

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