Les enseignants craignent l'influence des élus et des "familles intrusives"

jeu 02/02/2017 - 13:21 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:44

Drapeaux FO écarlates et pancartes au-dessus des têtes, ils étaient une cinquantaine à faire le pied de grue, mercredi, devant l'inspection d'académie du Puy. Au micro, le responsable syndical Guy Thonnat fustige la nouvelle grille d'évaluation des enseignants, "qui n'a rien à voir avec le coeur de métier". Les profs seront aussi notés sur leurs compétences hors de la salle de classe :

Guy Thonnat refuse "ce management que la direction de France Telecom et la Poste ont utilisé" et qui "peut générer des risques psycho-sociaux". Il a transmis une pétition et ses 700 signatures à l'inspecteur d'académie du Puy, Jean Williams Semeraro. Ce dernier s'est engagé à la transmettre, et souligne "un dialogue constructif avec les enseignants".

----L'affaire de Vieille-Brioude
En novembre dernier, deux parents d’élèves ont porté plainte contre deux enseignantes de l’école de Vieille-Brioude pour "des tapes sur la tête, parfois à coups de livres, des cheveux tirés, des élèves laissés seuls en punition dans un couloir". Depuis la médiatisation de l'affaire, plusieurs manifestations de soutien aux enseignantes ont été organisées. Le procès aura lieu le 4 avril.-----L'affaire de Vieille-Brioude prise pour exemple 
Pour illustrer leur propos, les manifestants avaient un exemple sous la main. Pour eux l'affaire de Vieille-Brioude représente à elle seule les dangers de la réforme. "Comment seraient jugées nos collègues de Vieille-Brioude, alors que la mairie et deux ou trois parents ont monté la cabale que l'on sait?" gronde Guy Thonnat.
Idem pour son confrère Vincent Delauge. L'enseignant de Sainte-Florine s'interroge : "Que se passera-til pour ceux d'entre-nous, qui comme nos collègues de Vieille-Brioude, refuseront de se plier aux injonctoins de certains élus locaux, pour ceux qui refuseront de se soumettre aux désidératas des familles intrusives?"

"Une affaire qui fragilise tout le monde"
Les enseignants présents ont rappelé leur soutien à leurs collègues. "Le collectif des parents d'élèves a attesté sur l'honneur que leurs enfants n'avaient jamais subi de violences."
En attendant le procès en correctionnelle le 4 avril, l'inspecteur d'académie appelle au calme, et regrette une affaire qui "fragilise tout le monde." 

Clément L'hôte

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