Le retour des Gilets jaunes au Puy-en-Velay

sam 07/09/2019 - 22:11 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:58

Philippe Pascot, écrivain et ex-politicien, François Boulo, avocat, Hakim Löwe, fondateur d'Objectif RIC et l'auteure ponote Azelma Sigaux ont tenu une conférence de trois heures, intitulée "Les injustices fiscales, les mouvements sociaux et la corruption politique", ce samedi 7 septembre 2019, à la Maison des Associations du Puy-en-Velay. Une rencontre qui d'après Dominique, Gilet jaune de Brioude âgée de 52 ans, "rebooste les gens. Il ne faut pas oublier que le mouvement des Gilets jaunes, ce n'est pas que gens au bord d'un rond-point ou dans la rue qui manifestent, c'est aussi des gens qui pensent, qui réfléchissent, qui analysent. C'est bien d'avoir des personnes comme monsieur Boulo ou monsieur Pascot, qui sont sensés, qui appellent à la non violence."

(Photo © Zoomdici - S.Ma)

----Les Gilets jaunes altiligériens prévoient de participer à la grande manifestation contre la réforme des retraites organisée à Paris le 21 septembre 2019.-----A l'issue de cette conférence qui était ouverte à tous et mettant ainsi fin à la trêve estivale, les Gilets jaunes altiligériens ont repris le chemin de la rue pour de nouveau faire entendre leurs revendications. "Le gouvernement reste sourd, fait des promesses qu'il ne tient pas, comme depuis 40 ans. Sauf que là, ça ne peut plus durer, on en a marre de survivre, il faut vivre. Si on ne descend pas dans la rue, il ne nous entendra jamais. Il faut qu'il nous entende et qu'un maximum de monde nous rejoigne", explique Adeline, une aide-soignante ponote âgée de 28 ans, qui ne portait pourtant pas son gilet jaune. La raison ? "Je l'ai toujours mais je ne le porte plus parce que je suis une citoyenne avant tout. Et c'est un appel aux citoyens que nous faisons. Si les gens qui se battent pour leur pouvoir d'achat ne descendent pas dans la rue, on n'y arrivera pas." La priorité est donnée au pouvoir d'achat selon Adeline, mais aussi Carole, 47 ans, elle aussi aide-soignante. S'ajoutent "la défense des services publics, la lutte contre la réforme des retraites et celle de l'école, la défense des commerçants et des artisans accablés par les charges, la protection de l'environnement mais aussi le référendum contre la privatisation du groupe Aéroports de Paris", comme le rappelle Dominique de Brioude.

(Photo © Zoomdici - S.Ma)

Alors dans la rue, depuis le faubourg Saint-Jean jusqu'au boulevard du Breuil, puis le boulevard Saint-Louis et de poursuivre rue de Pannessac pour s'inviter en plein coeur de ville, place du Plot puis place du Martouret et de rejoindre enfin la préfecture de la Haute-Loire, le cortège a reçu quelques encouragements, quelques sourires. Certains y sont passés à côté sans y prêter attention, d'autres ont pesté après l'explosion d'un pétard. Et puis, il y a eu cet automobiliste qui devant la préfecture a roulé à trop vive allure alors que des manifestants se trouvaient sur la chaussée. La voiture a été stoppée par les Gilets jaunes (photo ci-dessus), le ton est monté de part et d'autre, puis l'automobiliste est parvenu à partir, en trombe.

Une altercation en marge du cortège : un blessé
Quelques minutes après ce premier incident, une voix hurlait de courir vers le boulevard du Breuil, un Gilet jaune aurait été interpellé par la police. Il n'en était rien. La police était bien là, mais elle intervenait dans le cadre d'une altercation entre deux Gilets jaunes. L'un, très connu dans le mouvement, aurait donné un coup de poing à l'autre. Ce dernier aurait insulté la compagne du premier. L'auteur du coup de poing a été conduit au commissariat du Puy, la victime blessée à l'arrière du crâne après avoir chuté et heurté la devanture d'un commerce, a été prise en charge par les pompiers. Suite à ce deuxième incident, le cortège s'est alors dispersé. A 19 heures la manifestation était terminée.
Stéphanie Marin

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