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Le Puy : pharmaciens, biologistes et avocats dans la rue

mer 01/10/2014 - 03:06 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:24

Ce mardi 30 septembre 2014 était un jour de protestation nationale des professions réglementées contre le projet de réforme de leur statut. Au Puy-en-Velay, les pharmaciens, les biologistes, mais aussi les avocats, ont manifesté dans la bonne humeur leur profond mécontentement devant les grilles de la préfecture avant d'arpenter les rues ponotes. Un rassemblement haut en couleurs où les robes noires des avocats, peu nombreux, tranchaient cependant avec les blouses blanches prédominantes des pharmaciens et des biologistes. Les manifestants brandissaient de nombreuses pancartes aux slogans hostiles au démantèlement de leur profession. 

"Business, Non - Santé, Oui"
Des slogans divers et variés mettent en exergue la menace et le danger qui pèsent sur les pharmacies, sur la qualité du service et sur la perte conséquente d'emplois. Ils expriment aussi le risque et la dangerosité que les professionnels de la santé voient dans l'intrusion des grandes surfaces. "Le gouvernement veut nous détruire et enrichir encore davantage la grande distribution""La santé n'est pas à mettre dans un chariot de supermarché !""Business, Non - Santé, Oui", "Oui à la qualité et à la sécurité des médicaments", "Oui à la protection des patients", "Non à la destruction des emplois dans les pharmacies", "6000 emplois menacés", telles sont les principales craintes ainsi formulées, sans omettre l'exaspération des avocats signifiée par "Avocats en colère".

Pharmaciens, biologistes, avocats... même combat
Les intervenants représentant les trois corporations ont justifié plus en profondeur leurs préoccupations face au projet de loi envisagé par le gouvernement actuel. Ils affirment qu'ils assurent tous un service public et attestent vouloir le défendre unanimement bec et ongles. 
Jean-Rémi Rademakers, président du Syndicat des Pharmaciens de Haute-Loire, se dit alarmé par "l'ouverture du capital des pharmacies aux grands groupes financiers et l'éventuel distribution des médicaments en grandes surfaces". Dénonçant l'aspect "business" qui serait alors recherché, il insiste sur "la confrontation de deux logiques : la logique financière et commerciale qui gagnera au détriment de la logique de santé publique".
Il soutient encore que le monopole de la vente des médicaments a eté "délégué par l'Etat en échange de contraintes et de services, les gardes et le maillage territorial notamment".
Il argue vigoureusement que "c'est avant tout un problème de santé publique qui se posera à l'avenir et non pas la défense de nos intérêts partisans".
Après la réception d'une délégation par le préfet de la Haute-Loire, Denis Labbé, un cortège s'est dessiné et a battu le pavé ponot.

La position des consommateurs
A la fin de la manifestation, Zoomdici est allé recueillir l'opinion des consommateurs sur la question au coeur des débats : "Etes-vous favorables à la vente des médicaments dans les grandes surfaces ?"

Fanny, 19 ans, d'Allègre est contre. Elle estime que "les médicaments sont dangereux et pas à la portée de tout le monde et que l'acte d'un médecin est indispensable". Cependant, elle est "favorable à la vente de certains médicaments dans les grandes surfaces, comme le paracétamol".
 
Christelle, 44 ans, d'Yssingeaux a un avis très tranché. Elle est franchement contre. "Les grandes surfaces bouffent tout le monde", s'irrite-t-elle. Elle met également en avant la qualité de service des pharmaciens en remarquant : "on a besoin d'être renseigné".

Christophe, 48 ans, de Lavoûte-sur-Loire est clairement d'accord. Il affirme que "les pharmaciens gagnent bien leur vie". Il poursuit en soutenant qu' "il faut de la concurrence, cela ferait baisser les prix des médicaments".

Roger, 67 ans, de Blavozy, y est aussi favorable. "Pour une question de commodité", souligne-t-il, car "nous faisons toutes nos courses dans les grandes surfaces". Et il pense aussi que "les tarifs seraient moins élevés". Il argue encore que "les affaires doivent évoluées, notamment en matière de monopole" qu'il dénonce fermement.

G.D.

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