Le Puy : des retards de salaires qui pourraient s'éterniser

jeu 03/07/2014 - 20:43 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:23

L'entreprise JR Création, créée en 2011, est spécialisée dans les espaces verts, la démolition, le terrassement et les travaux publics. Selon le syndicat CGT, elle devait être placée en redressement judiciare en avril dernier, mais elle n'avait pas d'existence légale car son directeur, Julien Roiron, avait déjà été placé en liquidation judiciaire en mars 2007, par le TGI du Puy et cette procédure n'est toujours pas close, compte-tenu d'un contentieux financier.
Ainsi, le tribunal de commerce ne peut pas placer cette société en redressement judicaire et les salariés ne peuvent pas percevoir d'indemnités de licenciement. Si l'employeur n'est pas en mesure de verser les salaires des mois écoulés, ce sont les AGS (assurances de garantie des salaires) qui doivent s'y coller. Mais les versements sont bloqués "car les contrats n'ont pas pu être conclus régulièrement", explique Serge Prades, du service juridique de la CGT.

L'affaire renvoyée au pénal, la CGT a une proposition
Le tribunal de commerce devait statuer vendredi dernier, mais avait finalement mis son jugement en délibération. Mercredi soir, il a statué, en déssaisissant Maître Pétavy de l'affaire et en radiant l'entreprise, qui n'existe donc plus. Le dossier a été transmis au procureur de la République et renvoyé au pénal. Autrement dit, ça risque d'être très très long pour les salariés, plusieurs années certainement. Le syndicat CGT avait déjà fait une proposition il y a une quinzaine de jours.
L'entreprise en question a réalisé un chantier pour la mairie et doit prochainement percevoir 49 000 €. Les cégétistes exigent que les 37 000 € de retards de salaires (pour six employés) soient puisés dans cette somme "pour être reversés aux salariés en priorité, et non pas à ce patron voyou". Ils demandent ainsi aux pouvoirs publics de se débrouiller juridiquement pour réaliser ce tour de force. "C'est une situation plus qu'exceptionnelle, il faut donc trouver des réponses exceptionnelles, même si ça déroge peut être un peu au cadre traditionnel", ajoute Pierre Marsein, représentant du syndicat CGT.

"On ne va quand même pas laisser ces familles mourrir de froid non plus ?!"
Depuis quelques mois déjà, ces salariés se voient en effet plongés dans une certaine précarité, devant vivre sur leurs économies, alors qu'ils ont des familles à charge. Mais la source commence à se tarir et bientôt, certains n'auront bientôt même plus les moyens de payer leur loyer. L'une des victimes, Oliviera Pinho, a même été convoqué par le tribunal car il n'était plus en mesure de rembourser son crédit voiture auprès de sa banque. Pour Mohamed Belhadj, le retard atteint aujourd'hui une douzaine de milliers d'euros et il commence à avoir des difficultés à vivre sur ses économies.
Pierre Marsein est exaspéré par cette situation et déplore : "le renvoi au pénal, ça va être très long et on va se retrouver avec des familles à la rue. On a pour l'instant du mal à être écoutés, on a demandé une entrevue avec le préfet et on est prêts à taper plus fort du poing sur la table pour être entendus. D'une manière ou d'une autre, il faudra bien que les salariés touchent leurs retards de salaires car c'est devenu plus qu'inacceptable. On ne va quand même pas laisser ces familles mourrir de froid non plus ?!".

  • Nous avons tenté de joindre Julien Roiron, le directeur de l'entreprise incriminée, qui avait accepté de nous donner sa version des faits il y a quinze jours. Cette fois, nos appels sont restés sans réponse.

Maxime Pitavy

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