Le Festival "Après la neige" célèbre l'Afghanistan, entre Haute-Loire et Ardèche

Par Olivier Stevens lun 01/11/2021 - 16:15 , Mise à jour le 01/11/2021 à 16:15

Reporté deux fois en raison de la crise sanitaire, le festival "Après la neige" aura exceptionnellement lieu au mois de novembre, et donc...avant la neige.

Cette 5e édition est dédiée en grande partie à la création afghane contemporaine  et à la thématique de l’accueil de l’autre et de la différence .    

Plusieurs événements auront lieu en présence d’artistes afghans réfugiés récemment.      

Dès 2019, les organisateurs ont fait le choix de consacrer une partie centrale du festival à la création afghane contemporaine et à la thématique de l’accueil de l’autre et de l’ouverture à l’altérité quel ’on porte en soi. Ce sujet s’accordait particulièrement bien avec le territoire du plateau Vivarais-Lignon, cette «Montagne refuge », dont la tradition historique d’accueil trouvait ici une résonance particulière.

Ils ont fait le choix de maintenir coûte que coûte cette édition 2021 en proposant un festival "en archipel", réparti sur différents moments.

Au mois d’août 2021, les talibans ont repris Kaboul, s’emparant de tout l’Afghanistan. Aussi est-il important de souligner que la programmation actuelle est le fruit d’un travail artistique opéré bien en amont de cette actualité, et qui rend hommage à la création afghane pour elle-même ainsi qu’à d’autres créations contemporaines.

Ce Festival est né de rencontres: avec Guilda Chahverdi, dès2009; et avec Massoud Raonaq, grand musicien d’origine afghane dont le père,
Ali Raonaq, homme de lettres est le traducteur de Molière en dari (variété du persan parlée en Afghanistan).     

Le festival cherche à être fidèle à son esprit de découverte, de partage et d’accessibilité

Le festival permet à la fois de s’ouvrir à d’autres formes de théâtralité, mêlant musique des Indes et soufies, danse kathak, tradition du conteur persan, mais aussi de découvrir, grâce à des documentaires passionnants et à une exposition exceptionnelle, toute la force des artistes
afghans.     

Dans cette même thématique d’ouverture à la différence, vous retrouverez Geoffrey Rouge-Carrassat, un habitué du festival, dans un autre magnifique seul-en-scène salué par la critique. Enfin, vous découvrirez la compagnie des Tropiques, basée en Haute-Loire, qui vous livrera
des Fables de la Fontaine terriblement actuelles.    

En convoquant tous ces genres, le festival cherche à être fidèle à son esprit de découverte, de partage et d’accessibilité ; et en abordant cette thématique, à son exigence de qualité artistique et de sens. 

À partir de 2001, après 20 ans de guerres et un gouvernement taliban hostile aux formes artistiques et aux pratiques culturelles, une nouvelle génération d’artistes a vu le jour en Afghanistan. Autodidactes ayant grandi sous le régime des talibans sans voir d’images ou ayant été formés dans des pays d’accueil, ces artistes semblent être au seuil de tous les possibles, sans héritage à assumer, ni classicisme avec lequel rompre.

Ces artistes se font l’écho des aspirations de tout un pays en quête d’une paix et d’une
sécurité toujours promises et jamais atteintes   

L'exposition "Kharmohra, l'Afghanistan au risque de l'art" donne à voir la création contemporaine afghane, loin des idées reçues et des attentes romantiques de l’Occident.
Elle se focalise sur l’étrange et complexe dialogue qui se noue entre ces artistes et l’insécurité dans laquelle ils évoluent, et les réponses
très variées qu’ils lui apportent. Non sans humour, ces artistes se font l’écho des aspirations de tout un pays en quête d’une paix et d’une
sécurité toujours promises et jamais atteintes. L’exposition "Kharmohra, l’Afghanistan" au risque de l’art a eu un retentissement international. 

Il y aura aussi un documentaire de Alexandra Paraboschi, "Afghanistan, la reconstruction par le théâtre" le samedi 8 novembre à 20h30. La projection du film sera suivie par une rencontre-débat avec Guilda Chahverdi.
 

À cette époque, un festival national de théâtre est mis en place, de nombreuses compagnies théâtrales voient le jour, des femmes osent monter sur scène

Ce documentaire de 2008 nous plonge à une époque qui nous semble bien lointaine maintenant car il montre l’immense espoir de reconstruire l’Afghanistan sur des valeurs démocratiques après la chute des talibans en 2001. À cette époque, un festival national de théâtre est mis en place, de nombreuses compagnies théâtrales voient le jour, des femmes osent monter sur scène. Ce film passionnant nous fait découvrir ces artistes engagés, qu’ils soient confirmés ou de la jeune génération, pleins d’ardeur et d’espoir, et qui voient dans le théâtre de leur temps une façon d’œuvrer à la paix. Grâce à ses multiples interviews, notamment avec Ali Raonaq, ce documentaire permet de nourrir une réflexion sur la place du théâtre et de l’art en général comme facteur de reconstruction d’une société et de ses valeurs.

Festival "Après la neige", Le Chambon sur Lignon, le Mazet Saint-Voy, Tence du  5 au 27 novembre 2021. https://www.senonevero.fr/apres-la-neige-2021   ou 0471597156

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