Le crématorium va-t-il profiter des législatives pour migrer vers St-Germain-Laprade ?

mer 31/05/2017 - 13:30 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:46

L'association des crématistes pensait avoir enfin trouvé son terrain. Voilà qu'une opposition se fait entendre contre l'implantation d'un crématorium communautaire à Saint-Hostien. La pétition en ligne a récolté plus de 380 signatures. Les crématistes ont également lancé leur propre pétition (plus de 800 signatures). Zoomdici avait proposé d'aborder le dossier autour de quatre questions essentielles pour tenter de départager les deux parties.
Toujours mobilisé, le collectif des opposants au crématorium à St Hostien se déplaçait en force à Saint-Julien-Chapteuil ce lundi soir pour connaître la position de Cécile Gallien (candidate aux législatives sous la bannière "La République En Marche") sur ce sujet.

"Not In My BackYard"
Le collectif rappelle qu'il n'est pas opposé au crématorium, mais plutôt à son emplacement... Le fameux syndrome Nimby, qui est l’acronyme de l'expression "Not In My BackYard", qui signifie "pas dans mon arrière-cour".
Le terme est utilisé péjorativement pour décrire l'opposition des résidents à un projet local d’intérêt général dont ils considèrent qu’ils subiront des nuisances. Il s’agit généralement de projets comme des usines chimiques, des parcs industriels, des bases militaires, des antenne-relais, des décharges, des centres d'enfouissement, etc...

----Parmi les pistes avancées pour faire évoluer la loi, plusieurs possibilités sont présentées :
• Durcir la norme sur les rejets datant de 2010 (de nombreuses découvertes scientifique ont été faites depuis)
• Intégrer une distance de sécurité sans habitation autour de cette infrastructure pour éviter de se retrouver dans cette opposition systématique avec les habitants
• Permettre des techniques alternatives écologiques comme la promession
-----Difficile de se positionner sur un sujet aussi clivant en pleine période électorale
Les opposants de Saint-Hostien ont interpellé Cécile Gallien sur ce dossier. Comme eux, elle est favorable à l'implantation d'un crématorium en Haute-Loire mais ne semble guère séduite par le lieu. Elle pencherait davantage pour une zone industrielle. Une position semblable à la plupart des candidats de la circonscription, comme l'ont souligné nos confrères de Centre France dans cet article. Difficile en effet de se positionner autrement sur un sujet aussi clivant en pleine période électorale. D'ailleurs, la plupart des candidats sont probablement favorables à une implantation de cet équipement sur... la deuxième circonscription (comme il s'agit d'une délégation de service public, il faut cependant qu'il soit implanté sur une commune de l'agglo du Puy, élargie depuis début 2017 à 71 communes).

Des investissements initiés à St-Hostien et la nécessité d'un "prévisionnel qui tienne la route"
Mais trêve de plaisanterie et d'ironie. Ce lundi soir, un résident de Saint-Hostien a évoqué les terrains de St-Germain-Laprade (première circonscription) préempté pour le projet du super U. Le collectif explique qu’ils ont rencontré le délégataire Velay Funéraire qui serait prêt à s’installer sur ces terrains si l’agglo le permettait. Nous avons contacté ce dernier et le propos est plus nuancé.
"Notre projet est à Saint-Hostien et on fera tout pou que ça se fasse ici", explique calmement Christophe Maurin, co-gérant de Velay Funéraire, même s'il ne ferme pas la porte à d'autres projets et assure que l'échange avec le collectif a été "respectueux et cordial". Mais il a déjà investi de l'argent à Saint-Hostien (notaire, étude d'impact, architecte...) et a besoin d'un "prévisionnel qui tienne la route".

Des chiffres moins optimiste que les élus
Si le projet, évalué à un investissement de 1,5 million d'euros, devrait bénéficier d'une subvention de 200 000 € de l'agglo, le délégataire n'avance pas tout à fait les mêmes chiffres que les élus lors de l'annonce à la presse : le crématorium génèrera maximum deux emplois (trois ou quatre postes évoqués par les élus). Idem pour la mis een service de l'équipement, annoncé pour 2019 par les élus mais plutôt pour 2020 selon le co-gérant de Velay Funéraire.
Quant à la rentabilité du projet, les élus s'appuyaient sur une base de 500 crémations par an, le délégataire estime qu'arriver à 300 crémations annuelles les premièers années serait déjà un très bon résultat. Le coût de la crémation serait de l'ordre de 800 €. Et "si les normes évoluent encore, le coût de la crémation augmentera", met en garde Christophe Maurin, qui a prévu un équipement aux normes 2018.

"Si on change encore de terrain, ça repousse à 2025..."
L'objectif est le même pour tous : l'implantation d'un crématorium en Haute-Loire, considéré comme un désert crématiste. "Il faudra donc accepter que ce soit desservi et près d'un bourg", philosophe le délégataire, "le sujet est sensible mais il faudra bien avancer un jour ou l'autre", confie-t-il, manifestement agacé par l'inertie du dossier (il traîne dans les tiroirs de l'agglo depuis 35 ans). "Si on conserve le projet de Saint-Hostien, les familles du département pourront bénéficier de cet équipement dès 2020", souligne-t-il, "si on change encore de terrain, ça repousse à 2025...".

"On espère que ce projet ne sera pas l'otage des élections"
Du côté de l'association crématiste de Haute-Loire, en revanche, il n'est clairement "pas question de retarder encore le projet", tempête Danièle Masseboeuf, la Présidente, qui attend désormais l'enquête publique. Jugeant la "procédure bien engagée" et que "l'emplacement n'est pas mauvais", elle ajoute : "la communauté d'agglomération a fait du très bon travail, le terrain est prêt, donc on veut que ça se concrétise maintenant".
Si elle comprend la position des candidats aux législatives, qui ne veulent pas se mettre des électeurs à dos, elle vit assez mal ce rétropédalage alors que tout semblait enfin bouclé dans ce dossier. "On espère que ce projet ne sera pas l'otage des élections", conclut-elle.

Maxime Pitavy

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