"Le contexte sanitaire complexifie les installation d'élevage de volaille"

mer 29/06/2022 - 16:00 , Mise à jour le 29/06/2022 à 16:00

Lundi 27 juin en milieu d'après-midi une réunion entre agriculteurs et porteurs de projets avait lieu à Lorlanges dans l'exploitation "Papapoule" de Loïc Vigouroux. L'objectif, échanger sur les difficultés sanitaires et économiques pour les élevages de volailles.  

Ils étaient une vingtaine de personnes réunies dans la cour de l'exploitation "Papapoule" de Loic Vigouroux à Lorlanges en Haute-Loire. Un élevage de volailles de chair bio de 45 hectares dans le lieu-dit "Rocheconstant". En cause, une réunion avec deux agriculteurs spécialisés dans l'élevage de volailles suivie d'une visite de l'exploitation. L'objectif ? Echanger avec des futurs porteurs de projets sur les difficultés et les exigences liées au lancement d'une exploitation. Des difficultés tout d'abord sanitaires avec l'augmentation des contrôles positifs de salmonelle, mais aussi économiques avec la hausse des prix des matières premières notamment. Pendant deux bonnes heures, Loïc Vigouroux accompagné de Jérôme Achard, nouvel éleveur installé en production de poulettes bio en Haute-Loire, ont discuté de leurs choix vis-à-vis de ces difficultés pour réduire les risques et pérenniser leurs fermes. 

Loic Vigouroux élève 3500 volailles de chair dans son exploitation à Lorlanges. Photo par Romain Bruyas

"Je paye 1350 euros de loyer par mois et je ne peux pas élever de poules"

Au milieu de la réunion organisée par les AMaP de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de l'association Haute-Loire Bio, un éleveur prend la parole pour poser une question sur la régularité des contrôles sanitaires sur les exploitations. Cet éleveur, il s'appelle Stéphane Cortial. Lui aussi, il a une exploitation de poules pondeuses à Saint-Geneys-près-Saint-Paulien. Pour être plus précis, il avait une exploitation. Le 27 décembre dernier, la DDETSPP (Direction Départementale de l'Emploi, du Travail, de la Solidarité et de la Protection des Populations) détecte la présence de salmonelles dans son élevage, l'obligeant à faire abattre ses 6 000 poules et à jeter l'intégralité de sa production d'oeufs. "Au total, j'ai perdu 180 000 euros. Les oeufs n'étaient pas contaminés. La salmonelle qu'ils ont détecté était présente sur de la poussière dans mon exploitation, pas sur mes poules ni sur les oeufs, c'est une honte !", s'exclame Stéphane Cortial. L'éleveur ne peut pas élever de poules pendant un an à partir de la détection de la bactérie, soit jusqu'au 27 décembre prochain. "C'est bien simple, à l'heure actuelle je paie un loyer de 1350 euros mensuel pour mon exploitation et je ne peux pas élever de poules. J'ai 800 m² au total et je ne peux que les regarder", souligne Stéphane Cortial.

La salmonelle est une bactérie que l'on trouve partout dans l'environnement. Les souris, les rats, les chiens et même les humains peuvent être porteurs sains de cette bactérie. On la trouve au sol soit directement dans la terre soit sur des poussières. Cette bactérie engendre la salmonellose qui peut se manifester par de la diarrhée et des maux de ventre ou des vomissements avec les mêmes symptômes que la gastro-entérite. La salmonelle est une bactérie qui est détruite à la cuisson. Il existe des risques si on consomme les aliments crus comme par exemple les oeufs. Pour la mayonnaise, le tiramisu ou encore la mousse au chocolat puisqu'il n'y a pas de cuisson de l'oeuf. La réglementation française impose à tout éleveur de plus de 250 poules des analyses de salmonelles dans l'environnement de l'élevage. Les premières analyses ont lieu quatre semaines après l'arrivée des poules et toutes les 15 semaines ensuite. En cas de contrôle positif, les volailles sont abattues ainsi que l'arrêt de l'activité pendant un an à compter du moment de la détection.

"J'ai toujours eu la volonté de me lancer et de garder un petit élevage"

Cela fait plus d'un an que Jérôme Achard s'est installé dans l'élevage de poulettes bio. En collaboration avec Loïc Vigouroux, il travaille même dans sa ferme "Papapoule" quatre heures par semaines pour l'abattage. "C'est Loïc qui m'a mis sur les rails de la volaille. J'ai pu rencontrer énormément d'acteurs différents grâce à lui", confie Jérôme. Pour l'heure, son élevage est encore dans la phase de lancement. "Je me suis installé en février 2021, c'est encore en phase de lancement. J'élève des poules prêtes à pondre. C'est-à-dire que j'achète des poussins pour les élever jusqu'à 17 à 18 semaines pour qu'elles partent ensuite de l'élevage. Je travaille avec des éleveurs de l'Ain qui vient jusqu'à Yssingeaux et j'élève des poules rousses qui ont l'avantage de bien pondre et de ne pas manger beaucoup, ce que recherchent les éleveurs de poules pondeuses ensuite", souligne Jérôme Achard. Privilégier les circuits courts avec des petites exploitations reste une des solutions pour lutter contre les difficultés économiques et sanitaires qui sévissent depuis plusieurs années. C'est le choix de Loïc Vigouroux qui avait notamment la volonté de vendre en direct au tout début de son lancement d'activité. 

Loic Vigouroux dans son bâtiment dédié aux poussins. Photo par Romain Bruyas

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