Laurent Wauquiez officiellement élu Président de la région Auvergne Rhône-Alpes

lun 04/01/2016 - 17:00 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:38

Le 13 décembre dernier, Laurent Wauquiez avait fait basculer la Région à droite au second tour des régionales. Une victoire qu'il avait aussitôt dédiée à la Haute-Loire (lire). Candidat des Républicains, de l'UDI et du MoDem, l'ancien ministre avait obtenu 40,61 % des voix (113 sièges), contre 36,84 % pour le socialiste Jean-Jack Queyranne (57 sièges) et 22,55 % pour le candidat Front National Christophe Boudot (34 sièges).
Aussi bien au premier tour (lire) qu'au second (lire), le parlementaire altiligérien avait obtenu des résultats très impressionnants en Haute-Loire. A 40 ans, il vient donc d'être élu Président de la région Auvergne Rhône-Alpes avec 113 voix (sur les 204 exprimées) et il franchit une nouvelle étape de sa carrière en s'imposant à la tête de la deuxième région française et ses 7,7 millions d'habitants.

Pas de liste unie à gauche, retrait de Queyranne
Le président (PS) sortant et battu le 13 décembre dernier, Jean Jack Queyranne, n’est pas candidat au nom du groupe socialiste à la présidence de l’assemblée régionale. Il laisse sa place au maire de Bourg-en-Bresse Jean-François Debat. 
Cette décision fait suite à la candidature de Jean-Charles Kohlhaas (EELV/PG), Jean-Jack Queyranne souhaitait se présenter au nom de toute la gauche. Du coup la communiste Cécile Cukierman se présente également. Deux autres élus régionaux ont annoncé leur candidature : Christophe Boudot (FN) et le futur président Laurent Wauquiez au nom de la droite et du centre.

"Notre Région est assez grande, assez forte pour changer notre destin au quotidien"
A partir de 15h30, les 204 élus se sont succèdés dans l'isoloir. Le scrutin s'est terminé vers 16h15 et le député-maire du Puy en Velay Laurent Wauquiez a été élu Président de la collectivité vers 16h45. Parmi les 204 élus, aucun n'a voté blanc ce qui permet au numéro deux Les Républicains de recueillir 113 voix, bien loin devant la candidature socialiste de Jean-François Debat (42 voix), devant la candidature FN de Christophe Boudot (34 suffrages), devant l'écologiste Jean-Charles Kohlhaas (8 voix) et la communiste Cécile Cukierman (7 suffrages).
Laurent Wauquiez a ensuite pris la parole en présentant d'abord ses voeux et en soulignant, fair-play : "je remercie les deux présidents sortants qui ont oeuvré pour ce rassemblement" avant d'affirmer que chacun des engagements tenus lors de la campagne serait respecté : "ici, l'élection a été claire, sans compromis, sans aucun arrangement partisan et le résulat est sans ambiguïté. Notre Région est assez grande, assez forte pour changer notre destin au quotidien".

---------"19 millions d'euros, peut être est-ce mon côté auvergnat, mais pour moi, c'est bien plus qu'un symbole"
Sa première mesure sera "avant tout symbolique" reprennent en choeur les médias : faire baisser le montant des indemnités des élus de l’ordre de 10 %. Le plafond maximum de 2 660 euros brut sera ramené à 2 400 euros. Un moindre mal puisque la région pourrait dépenser 400 000 euros supplémentaires par an pour rémunérer ses élus. L’indemnisation étant calculée en fonction du nombre d’habitants, les représentants des petites régions comme l’Auvergne, pourraient toucher jusqu’à 500 euros de plus afin de percevoir les mêmes revenus que leurs collègues.
Laurent Wauquiez a insisté lors de son discours sur "l'exemplarité des élus" et dès la prochaine session, il demandera une baisse de 10 % des nindemnités des élus, ainsi que la réduction de 10 % du nombre d'élus siégeant à la commission permanente. "Il n'y aura pas un téléphone portable pour chaque élu" a-t-il ajouté, une mesure qui lui permettrait d'économiser 1,5 million d'euros par an. "Sur la totalité du mandat, ces mesures, symboliques pour certains, permettront à la collectivité d'économiser 19 millions d'euros. Peut être est-ce mon côté auvergnat, mais pour moi, c'est bien plus qu'un symbole", a-t-il conclu.

L'apprentissage, l'agriculture, la formation professionnelle et le numérique
Quatre domaines en particulier, déjà largement évoqués durant la campagne, ont été remis sur la table et seront repensés avant la fin de l'été : l'apprentissage, l'agriculture, la formation professionnelle et le numérique. "Je veux que demain on puisse se dire, là où les choses bougent, là où on a envie, là où on innove, c'est en Rhône-Alpes Auvergne", a-t-il déclaré, lui qui veut faire de la région "la Silicon Valley de l'Europe", comme il l'a déjà anoncé en accompagnant les entreprises ponotes présentes au CES de Las Vegas (lire). Il a par ailleurs assuré qu'un système régional de bourses serait aussitôt rétabli pour les étudiants méritants et que les cantines des lycées seraient alimentées en produits locaux.
"Nous allons lancer immédiatement un programme zéro charge pour la première embauche afin d'accompagner les entreprises, les commerçants, les artisans, les professions libérales dans leurs premiers pas afin de contribuer à relancer l'emploi", a-t-il également signalé, tout comme l'application au plus vite de la préférence régionale et de mesures pour lutter contre la fracture numérique. 

Les prochaines échéances de l'assemblée
Dès le 4 février prochain, la question de l'application de la loi sur le cumul des mandats va se poser : un élu ne peut pas présider deux exécutifs. Laurent Wauquiez s’est engagé pendant la campagne à laisser son siège de maire du Puy. Le 31 mai au plus tard, il faudra voter l'adoption du budget, le premier de la « grande » région, qui sera l’héritage de ceux des deux anciennes régions : Rhône-Alpes disposait d’un budget de 2,4 milliards d’euros, l’Auvergne de 680 millions.
Les élus régionaux ont jusqu’à l’été pour trouver un nom à la région et par conséquent à ses habitants. Laurent Wauquiez s’est engagé à consulter par internet les 8 millions d’Auvergnats et Rhônalpins. C’est aussi à cette date que sera entériné le choix définitif du chef-lieu régional et du siège de l’Hôtel de région : Laurent Wauquiez n’a jamais remis en cause la capitale des Gaules. Il faudra ensuite revoir toute la signalétique (notamment sur les routes et autoroutes), le logo et l’en-tête sur les documents officiels.

Maxime Pitavy

Revoir le discours de Laurent Wauquiez, nouveau... par France3Alpes


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