L’appel au secours de la Banque Alimentaire 43

lun 23/11/2020 - 18:15 , Mise à jour le 27/11/2020 à 16:43

Le 27, 28 et 29 novembre a lieu la Grande Collecte de l’association. Plus que les années précédentes, son président demande l’aide de toutes et tous face à une grave augmentation des démunis.

« D’habitude, la cinquantaine d’associations et CCAS (Centre Communal d'Action Sociale, Ndlr) qui viennent se servir chez nous pour donner ensuite à leurs 5 000 bénéficiaires ont une fréquence d’une fois mois, partage Jean-Marie Guerault, président de la Banque Alimentaire de Haute-Loire. Depuis quelques temps, ils s’alimentent ici tous les quinze jours. »

D’un air grave, Jean-Marie Guerault définit un avenir teinté d’ombres et de détresse quant à cette évolution. « On a de véritables craintes pour 2021. Le contexte économique est totalement déphasé. Les personnes qui avaient un travail, notamment une activité précaire ou un CDD, risquent de se retrouver au chômage, sans assez d’argent pour se nourrir après avoir payé toutes les factures habituelles ».

 

Pour donner un peu de soi

La Banque Alimentaire a, plus que jamais et seulement de quelques heures à trois jours, de bras et de solidarité. « Il nous manque cruellement deux conducteurs pour conduire les camions (Permis B), indiquent les équipes de l’association. Et si nous pouvions bénéficier d’une trentaine de personne pour venir nous aider à trier les denrées, nous pourrions ainsi réduire ce temps tout aussi précieux qu’est la ramasse en elle-même ». Pour celles et ceux prêts à rejoindre les équipes, le local se situe au 4, rue Louis Oudin au Puy-en-Velay. Son numéro : 04.71.04.02.13.

Une carence de bénévoles

Jean-Marie Guerault fait porter l’attention sur deux aspects concernant la particularité de cette Grande Collecte Annuelle. « Les bénévoles que nous avons régulièrement sont des personnes d’une certain âge, confie-t-il. Avec la Covid, ils ont fait valoir leur droit de réserve ce que je respecte entièrement. Mais il est vrai que cela nous met dans une grande difficulté. S’il n’y a personne pour récupérer les produits que les gens pourraient nous donner à la sortie des grandes surfaces, ça serait la catastrophe ! »
Cette carence de bénévoles sera en partie comblée par des recrues de la Réserve Civique et des éléments de l’École de la 2ème chance. « Il y a aussi des gens envoyés par la Préfecture, et encore d’autres qui se sont présentés spontanément. En temps normal, nous sommes à 650 bénévoles. Cette année, on sera aux alentours de 400. »

 

« Le mieux serait de dépasser les 40 tonnes »

L’autre aspect est la peur que les gens ne donnent pas comme les années précédentes. Sur la Haute-Loire, en 2019, 38 tonnes de produits ont été collectées dans 66 magasins lors de la Grande Collecte. Cela représente 30 % de ce qu’arrive à réunir au total la Banque Alimentaire 43 annuellement. « Nous espérons au moins atteindre à nouveau ce chiffre, souhaite Jean-Marie Guerault. Le mieux serait de dépasser les 40 tonnes. Si le résultat s’avère décevant, nous serons contraints de programmer une seconde Grande Collecte ».
Malgré l’appréhension des équipes de la Banque Alimentaire, son président souligne tout de même une bonne nouvelle. « L’Europe a décidé de reconduire la distribution du FEAD (Fonds européen d'aide aux plus démunis) pendant les sept prochaines années. Ces aides avaient été remises en cause en 2019 alors qu’elles constituent nos principales sources de denrées alimentaires ».
 

Quels produits donner en particulier ?

À la question de savoir quels seraient les produits en priorité que la Banque Alimentaire espère pour cette Grande Collecte le 27, 28 et 29 novembre, Jean-Marie Guerault nous éclaire en ce sens : « Nous prenons bien évidemment tout ce que que pourraient nous confier les donateurs. Pour beaucoup, ce sont des pâtes, du riz de la farine, de l’huile, du pâté, des conserves...C’est un peu un discours à la Prévert, en fait. Mais il est vrai que nous recherchons aussi beaucoup de produits d’hygiène tels que du shampooing, du savon, des serviettes hygiéniques ou encore des couches pour bébés ».
 

Nicolas Defay

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