La nouvelle loi EGALim 2 déjà au cœur des contestations

mer 16/02/2022 - 13:30 , Mise à jour le 16/02/2022 à 13:30

Le porte-parole de la Confédération paysanne, Adria Gomez a participé le jeudi 10 février 2022 à une réunion en préfecture sur l'application de la loi EGALim2 à la filière bovins viande qui impose notamment la contractualisation. La Confédération paysanne continue à dénoncer les insuffisances de ce nouvel outil sensé "protéger le revenu des agriculteurs". 

Par Inès Farineau-Reynaud

Qu’est ce que la loi EGALim ?

Après avoir été adoptée par le Parlement le 2 octobre 2018, la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable a été promulguée le 1er novembre 2018. Celle-ci poursuit trois grands objectif :

> payer le juste prix aux producteurs, pour leur permettre de vivre dignement de leur travail ;
>renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits ;
>favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous.

Cependant, EGALIM 1 a déçu tout le monde sur le plan de la rémunération des paysans. Par manque d'ambitions et pour ne pas gêner l'agro-industrie dans ses marges, EGALIM 2 a de fortes chances de faire de même.

En effet en laissant la fixation du prix à la négociation entre les éleveurs et leurs acheteurs, le gouvernement ne change rien à l’asymétrie du rapport de force.

Imposer la contractualisation avec le 1er acheteur ne résoudra pas non plus le problème de l’accaparement de la valeur ajoutée par les industriels tel Bigard, géant de l'agroalimentaire, spécialisé dans l'abattage et la transformation qui détient près de la moitié du marché de la viande en France.

Cela ne répondra pas au manque de revenu des producteurs par des contraintes administratives supplémentaires, mais en imposant des outils de régulation efficaces.

L’obligation de l'intégration des coûts de production dans la formation des prix des denrées doit cibler une vraie amélioration du revenu paysan.
Ces coûts doivent être calculés par bassin de production. L'instauration d'un prix minimum par production, lié à un volume maximum par actif peut seule juguler les surproductions.

Ce sont elles les grandes responsables des crises de prix déjà rencontrées par le passé. 

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