Clermont Fèira acte 2 : ce qu'on sait déjà
Le Ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a transmis au parquet de Paris un signalement visant le réseau social TikTok, suspecté de favoriser la diffusion de contenus dangereux auprès des mineurs via son algorithme. Les réseaux sociaux sont plus que jamais dans le viseur, et localement des actions sont menées pour emboîter le pas.
Une nouvelle étape est franchie dans l’enquête visant le réseau social TikTok. Le ministère de l’Éducation nationale a adressé, ce jeudi 26 mars 2026, un signalement au parquet de Paris, en application de l’article 40 du Code de procédure pénale.
Dans son communiqué, le ministère alerte sur « les bulles informationnelles dans lesquelles l’algorithme de TikTok enferme ce public vulnérable », évoquant des contenus pouvant mener à « des troubles du comportement alimentaire, à la dépression, à l’automutilation et au suicide ».
Un faux compte pour tester la plateforme
Les accusations s'appuient sur plusieurs études scientifiques et le documentaire diffusé début mars 2026, « Influence mortelle, la face cachée de TikTok », réalisé par Élisa-Louise Gonçalves et diffusé par France Télévisions.
De plus, une expérimentation a été menée par le ministre en personne, qui a créé « un compte factice de mineur » afin d’observer le comportement de la plateforme.
Résultat : « le phénomène d’engrenage débute dès le visionnage d’une seule vidéo relative à la santé mentale », plongeant l’utilisateur dans une « spirale susceptible d’inciter un public vulnérable à commettre l’irréparable ».
De possibles infractions pénales
Au-delà des impacts sur la santé mentale, le ministère pointe également des risques d’exposition à des contenus pornographiques ainsi que « l’extraction massive de données personnelles ».
Plusieurs infractions pénales pourraient être retenues, dont la provocation au suicide ou la collecte illicite de données.
Les réseaux sociaux
dans le viseur
Ce mardi 31 mars 2026, le Sénat présentera la proposition de loi portée depuis novembre 2025 par la députée Laure Miller, un texte qui vise à interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans, dès la rentrée de septembre 2026.
Le collège de Champeix a donné l'exemple
Depuis fin 2024 déjà, un collège Puydomois, le collège AG Monnet de Champeix, a donné l'exemple, en tentant une expérience inédite : le projet "Zéro Réseaux". La direction de l'établissement avait mis au défi ses élèves de 6e de désinstaller les applications de réseaux sociaux de leur téléphone (Instagram, Snapchat, TikTok...).
Ces derniers ont joué le jeu assez facilement, avec 9 élèves sur 10 qui ont accepté le pari, dès la rentrée, de supprimer tous leurs comptes sociaux de leur téléphone.
L'équipe de direction et les élèves ont constaté alors un meilleur climat scolaire, plus d'échanges réels et moins de sentiment d'exclusion pour les élèves qui n'avaient pas de téléphone ou accès à ces plateformes.
Un défi printanier : "10 jours sans écrans"
Une réussite qui sert d'exemple, nombreux établissements français sont inscrits sur la liste du défi national organisé par l'association "10 jours sans écrans." On retrouve plusieurs écoles et collèges puydomois dont notamment sur Issoire le collège Les Près.
Si au collège de Champeix le défi a duré 6 mois, là ce sont 10 jours, du 19 au 28 mai 2026, durant lesquels il sera proposé aux élèves des écoles, collèges, lycées, de se passer des écrans, avec le soutien des familles, associations et collectivités locales.
A l'école comme à la maison, au placard la télé, les consoles, les tablettes et les smartphones, une belle désintoxication numérique de printemps.
Vos commentaires
Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire