Infanticides de St-Romain-Lachalm : verdict et réactions

ven 07/10/2016 - 13:49 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:43

Jurés et magistrats n'avaient pas la tâche facile au moment de rendre leur verdict dans cette sombre affaire qui aura mobilisé la Cour d'Assises de Haute-Loire de mardi à jeudi

Deux horreurs à mettre en balance
L'accusée, une quadragénaire ancienne agricultrice, a étouffé de ses mains deux enfants qu'elle venait de mettre au monde. Une horreur à mettre en balance avec la douloureuse vie qu'elle a traversée, battue par son père puis par son compagnon...
Maître Schott était l'avocat de la quadargénaire. Votre cliente avait déclaré que son séjour en prison l'avait libérée... Vous pouvez nous expliquer ce qu'elle a voulu signifier ?

Deux ans ferme et pas de déchéance de l'autorité parentale 
Il n'y a aucun doute sur la constitution des faits, que l'accusée n'a jamais vraiment niés. Restait à savoir quelle peine serait pronocée. Le Ministère Public, dans ses réquisitions, avait suggéré une peine de sept ans d'emprisonnement, ainsi que la déchéance de l'autorité parentale. Une peine déjà bien lointaine de la perpétuité encourue pour le crime en question.
Finalement, magistrats et jurés seront allés en deça des réquisitions, en prononçant une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont trois ans avec sursis. L'accusée ayant déjà purgé une peine de 14 mois en détention provisoire, l'option d'une peine aménageable semble de mise, même s'il faudra tout de même repasser par la case prison. Un appel n'est pas du tout envisagé.
Maître Chambon était l'avocate de l'accusée. Ce verdict fait état de cinq ans de prison, dont trois avec sursis. Sachant qu'elle a déjà fait 14 mois de détention provisoire, elle va donc retourner immédiatement en prison pour une dizaine de mois ? Comment qualifier ce verdict ? Il va permettre à votre cliente  de se reconstruire et de continuer à voir ses enfants ?

Un an ferme également pour le compagnon, pour "non assistance à personne en danger" 
Quant au compagnon de l'accusée, très largement décrié au cours de ces derniers jours et tenu pour responsable de violences régulières envers l'accusée (il a déjà été condamné en correctionnel à ce propos), il était poursuivi pour "non assistance à personne en danger", la complicité d'homicide ayant débouché sur un non-lieu. Il écope d'une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis.
Une nouvelle fois, les jurés et les magistrats ont prononcé une peine bien plus clémente que celle requise par l’avocate générale (cinq ans de prison dont trois assortis d’un sursis). Cette peine n'est pas accompagnée d'un mandat de dépôt, ni d'une privation de l'autorité parentale.

Maxime Pitavy

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