Incendie de la préfecture : le tribunal clément par rapport aux réquisitions du procureur

lun 09/03/2020 - 23:10 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:03

Maître Cécile Linossier, défendant le prévenu ayant la peine la plus légère requise par le procureur Nicolas Rigot-Muller, a insisté sur le caractère inoffensif de l’intéressé. « Mon client n’a pas besoin de soins car c’est un garçon qui va très bien. Et il est certain que le sursis suffit sans la peine d’emprisonnement. Il a dit qu’il voulait seulement salir un symbole plutôt que le détruire. Il serait dommage de le mettre en prison car c’est le confronter à un risque de désocialisation. Il a commis un geste symbolique simplement. Il faut que sa peine soit clémente et conforme à sa personnalité. » Le procureur demandait deux ans de prison dont un an avec sursis. Suite aux délibérations dévoilées vers 21 heures, le prévenu en question a été désigné coupable et condamné à 2 ans d’emprisonnement dont 18 mois de sursis.

Deux ans de prison dont 14 mois de sursis
C’est Maître Nicolas Ogier qui s’est chargé de la défense du second. « Mon client n’a pas lancé de cocktail Molotov ou acide sur les forces de l’ordre. Et les informations concernant l’exactitude de ses gestes durant ce jour sont imprécises et loin d’être claires. Son passage en prison l’a amené à mettre des choses en place. Et il faut maintenant l’accompagner à mettre les choses positives en action. C’est quelqu’un de fragile. La prison ferme est un peu excessive à mon sens. » Le procureur a demandé 3 ans dont 18 mois de sursis. Le tribunal va finalement décider d’une peine de 2 ans dont 14 mois de sursis avec mise à l’épreuve pendant 24 mois. Il sera dans l’obligation de travailler ou de suivre une formation et une obligation de soins addictologiques et psychologiques.

Obligation de soins psychologiques et prison ferme
Pour le client de Maître Gicquere-Sobieraj Soizic : « Je demande la confusion de peine. C’est presque un cas d’école. On est face à deux infractions pas séparées d’une condamnation définitive. Concernant l’histoire du cocktail Molotov, c’est simplement une tentative de dégradation et pas une dégradation. Il a tenté à trois reprises d’allumer une bouteille. On est tenté de se demander ce qu’il y avait dedans car c’est une bouteille qui n’a pas explosé. Je demande clairement une peine aménagée. » Nicolas Rigot-Muller a sollicité 3 ans avec un an de sursis. Nizar Samlal retiendra la confusion de peine. Le client de Maître Gicquere-Sobieraj Soizic est condamné à 2 ans dont 12 mois de sursis et une mise à l’épreuve de 24 mois. Également, il devra être suivi par le SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation) avec l’obligation de soins en matière d’addictologie et psychologique.

----Procès des mineurs renvoyé début avril
Le procès concernant les mineurs avait, à l'instar du jugement des prévenus majeurs, été renvoyé suite à la grève des avocats du 20 janvier dernier. Ce lundi 9 mars, le tribunal a alors décidé d'entendre les mineurs concernés dans l'incendie de la préfecture début avril.-----La peine la plus lourde : trois ans de prison ferme
Pour le dernier, absent et détenu, Maitre Jacques Soulier insiste sur le contexte du moment et la confusion mentale du prévenu. « L’attroupement qui s’est passé ce jour de l’incendie m’a fait penser au 5 et 6 octobre 1789. C’était une révolte de la faim. Pourquoi prendre la préfecture comme cible ? Car c’est un symbole. D’autre part, je tiens à souligner des éléments étranges. Pourquoi les enquêteurs n’ont demandé à aucun moment comment se fabrique un cocktail Molotov ? La recette est précise et compliquée. Avec ces éléments, ils auraient vraiment pu savoir si mon client connaissait la fabrication. Encore une chose de taille est que mon client reconnaît tous ce qu’on lui dit de reconnaître. Il faut prendre en considération sa situation psychiatrique qui est très grave. Sa position n’est pas en prison mais à l’hôpital. C’est quelqu’un qui a besoin de soins tout simplement. L’envoyer 6 ans en détention (peine requise par le procureur) risque d’empirer sa situation à sa sortie. » Jugement : le tribunal rejette une demande d’expertise supplémentaire comme demandée par Maitre Jacques Soulier et décide de 3 ans d’emprisonnement ferme.

Nicolas Defay

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