Incendie au lycée Jean Monnet : "dès lundi, on sera là !"

jeu 25/04/2019 - 17:14 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:57

>> A lire : Le Puy : le lycée Jean Monnet incendié et le proviseur menacé

On peut encore sentir l'odeur de suie, sans même y rentrer, en restant à la porte du self en partie détruit ce jeudi 25 avril 2019 à l'aube, par un incendie volontaire. Une enquête judiciaire a été ouverte en ce sens et a été confiée à la brigade de sûreté urbaine du commissariat du Puy-en-Velay et au Service Régional de Police Judiciaire de Clermont-Ferrand.
A partir de lundi, les élèves auront une restauration sur Le Puy
Profitant d'une visite de soutien d'élus -- Isabelle Valentin, députée de la Haute-Loire, Marie-Agnès Petit, conseillère régionale, Huguette Portal et Pierre Robert, adjoints au maire du Puy-en-Velay -- Jean-Williams Semeraro, inspecteur d'académie, et Constantin Kontaxakis, proviseur du lycée Jean Monnet, ont tenu à rappeler, face aux journalistes de la presse locale et nationale, que l'établissement accueillera les élèves dès lundi prochain, jour de rentrée des vacances de Pâques.


(Isabelle Valentin, Marie-Agnès Petit, Jean-Williams Semeraro et Pierre Robert. Photo DR/S.Ma)

"Il faut bien distinguer l'incendie de la situation des élèves. A partir de lundi, les élèves auront une restauration sur Le Puy en collaboration avec d'autres établissements. Quant aux cours, ils se dérouleront tout à fait normalement puisque les locaux scolaires n'ont pas été atteints", a expliqué l'inspecteur d'académie. A l'heure du déjeuner mais également du petit-déjeuner et du dîner puisque le lycée compte 120 internes, les élèves seront donc dirigés vers le lycée Charles et Adrien Dupuy (Roche Arnaud), le collège Jules Vallès et même s'il le faut et ce avec le concours de la Région en matière de transport, vers le lycée Auguste Aymard à Espaly-Saint-Marcel.   
----Dans un communiqué de presse, le président du Conseil régional Laurent Wauquiez a fait savoir que la Région Auvergne Rhône-Alpes avait déposé une plainte ce jeudi. "Les services de la Région sont d’ores et déjà mobilisés pour permettre aux lycéens de reprendre les cours dans les meilleures conditions dès la rentrée. Nos lycées doivent être des sanctuaires de la République. Aucun acte de violence ni sur les personnes, ni même sur les biens, ne doit y être toléré."-----"Qu'est-ce que l'on peut nous reprocher ?"
Depuis ce jeudi matin, le téléphone portable du proviseur du lycée Jean Monnet ne cesse de sonner. Ce jeudi après-midi, Constantin Kontaxakis commençait tout juste à réaliser ce qui aurait pu se passser s'il ne s'était pas levé. Rappelons que sans être blessé, il a été agressé par deux individus encagoulés -- l'un d'eux était muni d'un chalumeau --  à la porte de son logement de fonction alors que le feu dévorait le self situé juste en dessous. "Nous aurions pu être intoxiqués par les fumées ou même nous aurions pu ne jamais sortir de cet appartement [Constantin Kontaxakis était avec son épouse lors des faits, Ndlr]. On se pose des questions. Je suis proviseur, je fais mon travail, en tout cas du mieux possible et c'est ce que me témoignent depuis ce matin mes collègues enseignants, mes personnels et mes élèves. Je ne sais pas si j'ai mérité ça. Mais peu importe ma personne à la limite, c'est l'école de la République qui a été attaquée, c'est un établissement qui permet à des élèves de trouver des solutions, de construire une vie. Qu'est-ce que l'on peut nous reprocher ? C'est une remise en question aussi. Mais pour moi, la meilleure réponse est là ; on repart, dès lundi on sera là. Et puis ça va surmotiver les équipes et mes élèves aussi qui vont faire les petits efforts nécessaires pour obtenir ce Bac et ils l'auront sans aucun doute."
Les dégâts estimés entre 1,5 et 2M€
Selon Marie-Agnès Petit, conseillère régionale, le montant des dégâts causés par cet incendie serait estimé entre 1,5 et 2 millions d'euros. Car en plus du self et du matériel qui ont été détruits, des dommages ont été constatés dans les logements de fonction notamment au niveau des canalisations. "Nous devons attendre la fin des investigations policières pour pouvoir examiner les lieux en détail et ainsi chiffrer précisément les dégâts, explique Marie-Agnès Petit. Il faudra notamment examiner le plafond. Est-ce que les dalles ont beaucoup souffert ? Si c'est le cas, la facture sera plus élevée." Une facture qui sera réglée par le propriétaire, donc la Région. En attendant la fin des investigations, et en ce qui concerne les travaux, l'expertise des assureurs et l'évaluation des dégâts, la conseillère régionale soumet l'idée d'installer une cuisine provisoire sur le stade de Causans adjacent, propriété de la mairie. 
Stéphanie Marin

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