Haute-Loire : les cabinets fermés dès lundi et jusqu'à nouvel ordre

jeu 01/10/2015 - 12:34 , Mise à jour le 01/10/2015 à 12:34

Au terme d’un an de combat où les médecins généralistes de l'hexagone ont multiplié les actions, où les cabinets ont été fermés à plusieurs reprises pour protester contre le projet de loi santé de Marisol Touraine, aucun compromis n'a été trouvé avec le gouvernement. Ils passent donc à la vitesse supérieure alors que l'examen de loi santé arrive à son terme au Sénat.
Depuis près d'un an, les généralistes protestent contre le projet qui, selon eux, remet en cause la liberté du patient de choisir son médecin traitant, mais aussi la liberté de prescription du médecin. Le syndicat majoritaire MG France et son antenne en Haute-Loire appellent tous les praticiens à fermer leurs cabinets à partir de lundi, et à renouveler le mouvement, jour après jour si nécessaire.

Une importante mobilisation, mais toujours pas l'oreille du gouvernement
Selon le docteur Roland Rabeyrin, Président du syndicat MG43, "derrière la vitrine de quelques mesures phares se dessine un bouleversement en profondeur de notre système de soins, avec notamment la remise en cause de la liberté du patient de choisir son médecin traitant, la remise en cause de la liberté de prescription du médecin traitant, et la privatisation galopante de notre protection sociale".
Les médecins sont d'autant plus exaspérés que le 15 mars dernier, lors d'un grand mouvement de manifestation, près de 50 000 personnes s'étaient mobilisées et que tous les syndicats médicaux y ont participé, sans oublier que les assurés sociaux signent massivement les pétitions de leur médecin traitant. "Quand le dialogue social est en panne avec les généralistes français qui représentent le premier offreur de soins du pays avec 300 millions de consultations par an, ce n’est plus une erreur de jugement, c’est un entêtement coupable", dénonce le Président du syndicat MG 43.

Les cabinets fermés dès lundi et jusqu'à nouvel ordre
Afin d'être enfin entendus par le gouvernement, MG France et MG 43 appellent à une mobilisation massive de tous les généralistes en fermant leur cabinet à partir du lundi 5 octobre dans le cadre d’un mouvement reconductible. Et Roland Rabeyrin d'assurer : "le mouvement va être très fortement suivi, non seulement en Haute Loire, mais en Auvergne et aussi en Rhône Alpes".
Pendant ces journées de fermeture des cabinets, pas question de rester les bras croisés : des entrevues avec les quatre parlementaires de Haute-Loire vont être sollicitées, mais aussi avec le directeur de la CPAM de Haute-Loire et du Puy-de-Dôme, qui est la caisse pivot régionale.

"Ce sont encore les zones rurales qui vont le plus en souffrir"
"Nos confrères biologistes et pharmaciens sont deux partenaires importants dans notre exercice quotidien. Si nos problématiques professionnelles sont différentes, le point de convergence qui nous réunit est celui de la sauvegarde des soins de proximité. Nos trois professions doivent faire face à des projets de loi qui hypothèquent clairement leur avenir, et qui organisent la marchandisation du secteur de la santé", déclare le Président du syndicat MG 43, "si ce gouvernement ne revient pas sur ses intentions, ce sont encore les zones rurales qui vont le plus en souffrir avec la disparition programmée de tout un pan des soins de proximité".
Enfin, les médecins se demandent si le gouvernement ne commence pas à organiser "l’après médecine générale", en redistribuant des champs entiers de leur exercice quotidien vers d’autres professionnels : la vaccination par exemple serait réorientée vers les sages-femmes, les infirmières, les pharmaciens... "Mais qui devra assumer la responsabilité du suivi vaccinal des patients ?", demandent les généralistes.

Le même médicament dix fois moins cher en Angleterre
Selon le syndicat, il y a des gisements d’économies à réaliser, notamment en réformant la politique du médicament : "les mêmes médicaments et parmi les plus prescrits, fabriqués par les mêmes laboratoires sont vendus jusqu’à dix fois moins cher chez certains de nos voisins européens" dénonce-t-il, "les situations de monopole de certains laboratoires par rapport à des autorisations de mise sur le marché de produit onéreux font perdre des sommes colossales à l’assurance maladie".
Les prix de vente des médicaments en France sont fixés par un comité qui est sous la tutelle directe du gouvernement, qui valide donc des prix de vente élevés, qui alimentent les dividendes des actionnaires des laboratoires pharmaceutiques tout en creusant le déficit de la sécurité sociale. Pour financer ce déficit, l’Etat emprunte sur les marchés internationaux... et l’assuré social, qui est aussi un contribuable, paie à nouveau via l’impôt pour rembourser la dette et ses intérêts.

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