30h pour créer et sécuriser un site web : défi relevé par ces étudiants
Cette question est posée par le député Jean-Pierre Vigier pour dénoncer la faiblesse de la souveraineté nationale vis-à-vis de l'Europe. En toile de fond de cette critique... le traité commercial du Mercosur.
Pour celles et ceux qui habiteraient sur une autre planète et n'auraient jamais entendu parler du Mercosur, ce traité commercial, en négociation depuis maintenant un quart de siècle, a pour objectif de libéraliser les échanges entre l'UE et quatre pays d'Amérique latine (l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, et l'Uruguay).
"Le Mercosur prévoit d'éliminer plus de 90 % des droits de douane imposés par le Mercosur et l'UE aux produits venant de part et d'autre de l'Atlantique", est-il précisé sur le site très renseigné, touteleurope.
Le marché européen s'ouvrirait en particulier aux produits agricoles sud-américains. À terme, ce sont ainsi 100 000 tonnes de bœuf par an qui entreraient en Europe à un taux préférentiel, ainsi que 180 000 tonnes de volaille, 180 000 tonnes de sucre et 60 000 tonnes de riz... sans obstacles tarifaires.
La France opposée au Mercosur... sans effet
Les plus grandes craintes et critiques des agriculteurs et éleveurs de France sont que ces produits risquent d'inonder les étales des commerces à des prix bien plus bas que les produits français car dispensés des normes de qualités imposées dans l'Hexagone.
La France, l'Irlande, la Pologne, la Hongrie et l'Autriche se sont opposés à la signature de ce texte, et la Belgique s'est abstenue. Si la "minorité de blocage" est atteinte quand quatre États membres se dressent contre le texte, il faut aussi que la somme des habitants des pays opposés représente au moins 35 % de la population de l'UE. Or, ce n'est pas le cas.
Le traité commercial avec le Mercosur a été approuvé le 9 janvier 2026 par les États membres. Il doit encore être validé par le Parlement européen avant d'entrer en application.
"Des hormones de croissances, des antibiotiques... comment peut-on accepter ça ?"
Jean-Pierre Vigier, député de la Haute-Loire, a vivement exprimé son désaccord envers le Mercosur. "Je suis totalement contre ! Ce traité s'avère complètement injuste pour nos agriculteurs ! Et je comprends bien évidemment leur colère. À l'assemblée nationale, c'est à l'unanimité que tous les députés s'y sont opposés".
"Ces denrées ne seront soumises à aucune de nos normes. Il est aisé d'imaginer la possibilité de problèmes sanitaires par la suite". Jean-Pierre Vigier
Le parlementaire LR rappelle le déséquilibre qu'un tel accord pourrait générer dans l'économie agricole. "Ces 100 000 tonnes de viandes seront saturées de tout ce que n'ont pas le droit d'utiliser les éleveurs français. Des hormones de croissances, des antibiotiques... comment peut-on accepter ça ?"
Contre les hormones mais pour "le tueur d'abeilles"
Juste au passage tout de même pour rappeler un important paradoxe, l'Assemblée nationale avait définitivement adoptée la Loi Duplomb le 8 juillet 2025 par... 316 pour, 223 contre et 25 abstentions. Parmi les députés "pour", on y retrouve Jean-Pierre Vigier et Laurent Wauquiez
Saisi par plus de 120 députés et plus de 60 sénateurs les 11, 15 et 18 juillet 2025, le Conseil constitutionnel avait rendu une décision de non-conformité partielle le 7 août 2025 et censuré les dispositions de l'article 2 qui prévoyaient la possibilité de déroger à l'interdiction d'utiliser l’acétamipride, l'insecticide surnommé "le tueur d'abeilles".
Laurent Duplomb : "Mercosur : lâcheté et hypocrisie à la française !"... (Cliquez sur la croix pour dérouler l'info)
A travers un post Facebook, le sénateur Laurent Duplomb exprime son désaccord au Mercosur. Ci-dessous, le texte intégral de sa pensée :
Mercosur : lâcheté et hypocrisie à la française !"
Digne de la fable de La Fontaine « La Chauve-souris et les deux belettes » ; - Aux uns il expliquera : « Je suis un oiseau européen du commerce libre. ». - Aux autres, il assurera : « Moi, un oiseau ? Jamais. Je suis une souris verte de l’agriculture. » Le Président Macron en chauve-souris de Monsieur de La Fontaine, aura tenté par tous les moyens d’échapper aux deux belettes. L’une favorable à signer l’accord, l’autre refusant tout accord.
La morale de cette histoire se déroule malheureusement sous nos yeux. Chronique depuis 2017 d’une « chauve-souris politique », devenue presque caricaturale, qui n’aura abouti qu’à fragiliser la position de la France. À force de vouloir plaire à tout le monde, on finit par ne convaincre personne, et par perdre toute crédibilité.
La lâcheté de cette posture, jamais totalement pour, ni jamais vraiment contre, a empêché toute construction d’un rapport de force solide avec la Commission européenne.
Le résultat est dramatique pour la France affaiblie et incapable de protéger ses intérêts agricoles. La voix de ce Président ne porte tellement plus, que même ce dernier et ultime revirement d’un vote d’opposition n’aura même plus aucune conséquence, puisqu’au final, le Traité sera bel et bien ratifié entre l’Union Européenne et le Mercosur… peu importe ce qu’en dit la France !
Tout cela serait seulement triste si la véritable raison n’était pas encore plus dramatique, car oui, la France par ses surtranspositions massives, sa suradministration tatillonne, ses contraintes et entraves multiples, n’auront que concouru à affaiblir l’agriculture française bien plus que celle de nos partenaires européens.
Entrainant colère et incompréhension des agriculteurs car livrés à une concurrence totalement déloyale, bien pire que nos partenaires européens car tout simplement organisée par la France elle-même. Est-il besoin de rappeler que cet accord est inéquitable vis-à-vis des producteurs français : - 150 molécules sont autorisées au Brésil alors qu’elles sont interdites en Europe et en France.
De plus, la France ajoute des surtranspositions qui pénalisent encore plus les agriculteurs français par rapport aux autres européens, l’acétamipride en est un exemple criant !
Nos élevages comptent 60 bovins par exploitant en moyenne, quand les feed-lots du Mercosur en regroupent des dizaines de milliers, sans aucune traçabilité individuelle, ou l’utilisation d’hormones et d’activateurs de croissance interdits chez nous est autorisé chez eux.
Comment ne pas comprendre en France, qu’imposer toujours plus de normes, d’exigences environnementales, d’interdire de plus en plus de molécules, nous condamnent à perdre toute compétitivité et abouti inexorablement à ouvrir grand les portes à des importations comme celle du Mercosur qui ne respectent rien de tout cela ?
Cette distorsion de concurrence institutionnalisée, politisée se traduit aujourd’hui par un résultat totalement inacceptable et une hypocrisie bien française !
Oui, pour la première fois depuis plus de 50 ans, la balance commerciale agroalimentaire française de 2025 sera déficitaire ! C’est déjà le cas, à fin octobre 2025 avec - 263 millions d’euros, et devrait atteindre - 1 milliard à fin décembre ! Alors que pendant ce temps-là, l’Espagne (pays semi-désertique), affiche 17,8 milliards d’euros d’excédent à fin octobre.
Et oui, le vrai problème français est le sacrifice de notre compétitivité ! La France compte 9500 normes agroécologiques, assorties de contrôles incessants ! Notre suradministration normative coûte 22 fois plus cher qu’en Allemagne : 4 % du PIB contre 0,16 % Outre-Rhin, soit un coût de nos normes de près de 120 milliards d’euros, que nous faisons peser à tout acte de production.
Tant que nous ne traiterons pas cette racine du mal, nous continuerons de décliner et de voir l’agriculture française disparaître ! *Le pays importe plus de produits agricoles que ce qu’il n’en exporte.
"Est-on vraiment écouté ? Car là, il est clair qu'on peut en douter"
Pour clore sa diatribe, Jean-Pierre Vigier pose la question de l'influence de la France au sein de l'Europe. "Quel est le poids de notre nation au sein du Conseil européen ? Est-on vraiment écouté ? Car là, il est clair qu'on peut en douter".
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