Grève au sein des organismes sociaux : les raisons de la colère

jeu 31/01/2019 - 10:08 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

Ils dénoncent un "véritable démantèlement de la Sécurité Sociale". Ils sont 145 566 en France, salariés de la Caisse d'Allocation familiale (CAF), de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM), de l'Union de recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF) ou encore de Pajemploi.
Les salariés grévistes assurent que ces organismes de la Sécu sont en diminution constante depuis 15 ans, avec 224 disparitions depuis 2003 (il reste 307 organismes aujourd'hui). Bien sûr, ces diminutions sont accompagnées de suppressions de postes, avec 15,40 % de personnel en moins en 15 ans, soit 23 554 salariés en moins au niveau hexagonal.

D'incessantes baisses des effectifs

----455 emplois à la Sécu en Haute-Loire
175 salariés à la CPAM
120 salariés à la CAF
40 salariés à l'URSSAF
120 salariés à Pajemploi-----Le mouvement de grève, national, a connu une répercussion locale ce mardi matin sur les marches de la Sécu au Puy (voir le détail des revendications en bas d'article). "Notre valeur du point n'a pas augmenté depuis 2010", déplore Céline Lioutaud, secrétaire CGT des organismes sociaux de la Haute-Loire, "et nos conditions de travail ne cessent de se dégrader".
Elle donne en exemple les Conventions Objectifs de Gestion (COG), qui fixent les objectifs sur une période de cinq ans. "On voit bien, de COG en COG, les effectifs de la Sécurité Sociale qui ne cessent de diminuer". En Haute-Loire, par exemple, on peut mentionner la perte de dix postes en dix ans à l'URSSAF. Une donnée qui peut paraître marginale, mais à mettre en perspective avec le nombre d'employés : ils sont 40 aujourd'hui dans le département (voir encadré). Des baisses d'effectifs qui ont "un impact négatif sur notre santé, notre vie professionnelle et notre vie privée".

De nouvelles charges de travail, sans compensation financière

Pour illustrer la dégradation des conditions de travail, l'équation est simple : "toujours moins de personnels mais plus de missions", résume la secrétaire CGT des organismes sociaux de la Haute-Loire, avant de cibler la question de la prime d'activité qui a fait un bond au niveau des allocataires de la CAF. "On est passé d'une centaine de demandes par mois à environ 300", précise-t-elle.
L'herbe n'est pas plus verte du côté de la CPAM : "les salariés intègrent les mutuelles spécifiques, avec le même nombre de personnels", soit de nouvelles charges de travail, sans compensation financière et "le personnel RSI intègre jusqu'en 2020 l'URSSAF avec de nouvelles missions". De plus, la création d'une agence nationale unique du recouvrement est dans les tuyaux ; elle pourrait consister en une fusion de l'URSSAF et des impôts, "avec forcément des emplois et des missions perdus" pour l'un des deux organismes.

Une forte mobilisation lors du précédent mouvement... insuffisant cependant pour faire plier la direction

Déjà le 18 décembre dernier, un mouvement de grève avait été conduit mais "rien n'a bougé" selon Céline Lioutaud. Pourtant, la mobilisation était "une vraie réussite", avec, en Haute-Loire, plus de 32 % de grévistes à la CPAM, 25 % à l'URSSAF et 30 % à la CAF. Des taux de participation très au-delà des mobilisations habituelles (on devrait être à peu près dans les mêmes taux ce mardi 29 janvier). Insuffisant cependant pour faire fléchir l'Union des caisses nationales de sécurité sociale (UCANSS).
Si le mouvement de ce mardi connaît la même issue, malgré la demande d'entretien auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzin, "l'action se poursuivra avec une large délégation du personnel en route pour l'Elysée", prévient la secrétaire CGT des organismes sociaux de la Haute-Loire.
 

Maxime Pitavy

Les revendications portent sur
- l’augmentation significative de la valeur du point et Salaire Minimum Professionnel Garanti à 2000€ bruts
- l’attribution de mesures immédiates pour tous les salariés en rattrapage de la perte du pouvoir d’achat
- l’arrêt des suppressions de postes et remplacement de tous les départs par des embauches en CDI
- la mise en place d’une classification qui permette un véritable déroulement de carrière avec la reconnaissance des compétences, des qualifications et des diplômes
- le respect et maintien de toutes les dispositions de la Convention Collective Nationale.

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