"Couloirs à 30 °C" : des solutions anti-canicule peu efficaces à Émile-Roux ?

Par HUl , Mise à jour le 22/07/2026 à 09:00

Temps de lecture : 3 minutes

Des couloirs à près de 30 °C, des patients victimes de malaises et des soignants contraints d'improviser pour limiter la chaleur. Malgré l'arrivée de nouveaux équipements financés par l'État et la Région, les inquiétudes des soignants de l'hôpital Émile Roux, confrontés à des conditions de travail extrêmes, ne se dissipent pas.

Le 17 juillet, l'hôpital Émile Roux a reçu deux climatiseurs mobiles pour les Urgences dans le cadre du plan climatisation de la Région, annoncé le 2 juillet. Quelques jours plus tôt, l'État avait également débloqué une enveloppe nationale de 100 millions d'euros pour aider les établissements de santé à faire face aux épisodes de canicule. Grâce à cette aide, l'hôpital a pu acquérir 40 climatiseurs et 60 rafraîchisseurs.

Contrairement au climatiseur, qui produit de l'air froid grâce à un circuit frigorifique, le rafraîchisseur refroidit l'air par évaporation à partir d'un réservoir d'eau. Dans les hôpitaux, l'eau stagnante pouvant favoriser la prolifération de bactéries, elle est remplacée par des pains de glace, dont l'efficacité reste à prouver.

« On avoisinait les 30 °C dans les couloirs »

Pour Patricia Margerit, aide-soignante et trésorière du syndicat CGT du CH Émile Roux, les nouveaux équipements ne suffisent pas à répondre aux difficultés rencontrées par les équipes et les patients.

« On a effectué des relevés de température la semaine dernière, on avoisinait les 30 °C dans les couloirs », explique-t-elle. Selon elle, les rafraîchisseurs d'air, utilisés avec des pains de glace pour remplacer l'eau, n'apportent qu'un soulagement limité : « Un rafraîchisseur d'air, ça fait baisser la température de 2 à 3 °C, ce n'est pas suffisant. »

La représentante syndicale assure que ces difficultés sont signalées depuis plusieurs années. « Toutes les années, on alerte au niveau de la direction, ça ne répond pas du tout à nos attentes », déplore-t-elle.

« Des patients ont fait des malaises dans des salles d'attente »

Draps, aluminium... : des solutions de fortune

En attendant des aménagements plus pérennes, les soignants disent devoir s'adapter avec les moyens du bord. « On n'a pas de volets sur les bâtiments, on met des draps, des couvertures, de l'aluminium pour couper la chaleur », décrit Patricia Margerit.

Des mesures qui, selon elle, restent insuffisantes lors des épisodes de canicule. « La semaine dernière, des patients ont fait des malaises dans des salles d'attente. » Une situation qui inquiète les équipes, d'autant qu'elles estiment « ne pas vraiment obtenir de réponse de la direction ». « Ça nous fait peur pour la suite », conclut-elle.

Des équipements d'urgence en attendant une solution durable ?

De son côté, l'hôpital Émile Roux voit le verre à moitié plein. Contacté via le service communication, il souligne les moyens récemment obtenus pour améliorer le confort des patients et des personnels. Grâce à l'enveloppe exceptionnelle de 100 millions d'euros débloquée par l'État, l'établissement a pu acquérir 40 climatiseurs mobiles ainsi que 60 rafraîchisseurs d'air ces dernières semaines.

Concernant l'utilisation de pains de glace dans les rafraîchisseurs, rendue nécessaire par les contraintes sanitaires liées à l'eau stagnante, l'hôpital reste prudent sur leur efficacité. « Est-ce que ça rafraîchit sur le même degré, on l'ignore », indique le service communication.

L'annonce par la Région d'un accompagnement financier pour une solution de climatisation à l'échelle de l'établissement ouvre désormais la perspective d'un équipement plus durable face à la multiplication des épisodes de fortes chaleurs.

 

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