Fortes chaleurs : comment gèrent les Ehpad ?

Par Nathan Vacher ven 22/07/2022 - 07:00 , Mise à jour le 22/07/2022 à 07:00

Avec les nombreuses vagues de canicules en 2022, la prévention est comme à l'accoutumée de rigueur. Mais pour nos aïeux, qu'en est-il ? L'Ehpad Le Verger de Léa au Puy redouble d'efforts pour s'assurer que ses résidents soient en sécurité.

"Ça fait suer, la canicule." Cette pensée de l'auteur Philippe Aalberg trouve tout son sens quand on se risque à sortir un orteil de chez soi. Ce jeudi 21 juillet, les résidents de l'Ehpad du Verger de Léa ne pensaient qu'à chanter et à danser avec l'association Césame. Dès l'arrivée, l'accueil est dispensé par plusieurs résidentes qui profitent du coin ombragé aux portes de l'établissement. Moment plutôt agréable quand le soleil fait froncer les sourcils.

La climatisation dans les salles communes, mais pas dans les chambres

Après avoir montré son pass vaccinal, encore obligatoire dans les Ehpad, l'entrée à la fête qui se déroule à l'étage est autorisée. On peut y voir l'association Césame faire danser et chanter les habitants du Verger. L'établissement est équipé de climatisations dans les réfectoires et les salles communes. "Ce qui n'est pas le cas des 98 chambres, trop compliqué pour un si grand établissement comme celui-ci", explique Mélanie Gannat, directrice du Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) au Puy, qui gère plusieurs services dont l'Ehpad du Verger de Léa ainsi que Bel Horizon.

Elle reprend : "On arrive à gérer en aérant la nuit, jusqu'au lever du soleil où nous refermons fenêtres et volets. Le soir, on ouvre à nouveau à la demande des résidents. La journée, la plupart se trouvent dans les salles climatisées, exceptés ceux qui souhaitent faire la sieste. Il y a également des ventilations à double flux pour renouveler l'air dans les chambres."

"On fait beaucoup d'activités en intérieur. Les sorties sont plus compliquées", Annie Raffier, résidente.

Au milieu de la salle commune, utilisée les après-midi pour les activités d'intérieur, Annie Raffier, bientôt 80 ans, est heureuse de la présence de la climatisation. "Ça fait un bien fou. Certains craignent la climatisation donc on la coupe par moments. Personnellement, je suis bien contente quand elle y est. Il fait vraiment trop chaud."

Avant de poursuivre : "On a des activités tous les après-midi, comme le loto, les chansons, la revue de presse ou encore les jeux de mémoires. L'Ehpad étant en possession d'un minibus, nous avions coutume aux sorties avant cette période de fortes chaleurs. Nous avions été au lac du Bouchet, mais beaucoup de sorties sont annulées. Nous devions aller à l'Auberge Rouge de Peyrebeille sans cette canicule."

Pas question de prendre des risques. Toutefois, pas question de s'arrêter de vivre non plus. "On a un petit jardin derrière la résidence et la terrasse à disposition. De temps en temps, ça fait du bien de prendre l'air", conclut la résidente.

Photo par Nathan VACHER

"On ne fait pas que proposer, on fait boire", Mélanie Gannat, directrice du CCAS du Puy.

Bien qu'il n'y a pas plus de décès pendant ces périodes de canicules qu'en moyenne, l'établissement redouble d'efforts pour anticiper n'importe quel état de moins bien. "On sait que les personnes âgées se déshydratent très rapidement. Nous sommes donc très vigilants", entame Régine Coin, infirmière de la résidence. 

Mélanie Gannat poursuit : "Ils n'ont pas forcément le réflexe de demander. Au lieu de faire une collation dans l'après-midi, on passe à chaque table environ toutes les heures. On ne fait pas que proposer, on fait boire. Nous adaptons également les repas que nous servons, en proposant davantage des fruits et légumes, et en limitant les plats chauds comme la soupe ou le bouillon."

Beaucoup plus de temps passé à surveiller que d'habitude

De jour comme de nuit, le personnel soignant se doit d'être vigilant envers la population de sa résidence. "On le voit tout de suite quand quelqu'un n'est pas en état de forme. Ça se traduit par de la somnolence, de la température, un teint pâle, des troubles de la conscience ou encore de la confusion. Les aides soignantes ainsi que les agents le signalent immédiatement. On fait ensuite un bilan. C'est la même chose la nuit. Les veilleurs font au minimum trois rondes et s'assurent que tout le monde va bien."

Mélanie Gannat : "Il faut aussi rassurer les proches. Les familles interrogent les structures pour savoir comment nous accompagnons, si le proche a une bonne tension. On a des résidents très bien encadrés par leurs familles. Mais plus de la moitié ne voit jamais personne. Il faut s'en occuper de la même manière. Quand les familles viennent sur place, ils comprennent que les résidents vont bien."

Photo par Nathan VACHER

Un registre de personnes fragiles "pas assez mis en avant"

Outre les résidents en Ehpad, certaines personnes âgées vivent en autonomie chez elles. Cependant, il existe un registre, mis en place par le CCAS de chaque commune, qui recense les personnes fragiles et assure une surveillance. "Cela existe depuis la canicule de 2003", explique la directrice du CCAS du Puy-en-Velay. "À cause de la protection des données, nous ne pouvons pas les inscrire nous-même. Ce sont les personnes fragiles, ou leurs proches qui sont censés le faire. Nous, on assure une veille. On va appeler quand il y a le plan canicule en été, de même pour les plans hivernaux quand il fait trop froid, pour voir si tout a bien. S'ils ont un besoin, on se rend chez eux pour les aider."

Elle poursuit : "On fait beaucoup de prévention sur les gestes à avoir comme bien s'hydrater ou encore fermer ses volets, mais très peu sur l'existence de cette liste. C'est compliqué de repérer les personnes fragiles. On en a beaucoup issus du portage de repas que la Ville organise. Ils sont surveillés tous les jours par les porteurs. À ​​​​​​côté de ça, il n'y a que très peu d'inscrits."

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