Espaly : entre glissements de terrain et galeries souterraines

Par Nicolas Defay sam 10/09/2022 - 06:00 , Mise à jour le 10/09/2022 à 06:00

Depuis lundi 5 septembre, la route de Saugues vibre sous les assauts des machines du Département. 230 mètres d’asphaltes ont dû être réhabilités. Encore un coup des vieilles galeries des fours à chaux ? Non. Cette fois, c’est le sol argileux la cause de l’effondrement.

D’après les explications du Département, le chantier a débuté lundi et devrait se terminer en début de semaine prochaine. « Nous avons décaissé 40 centimètres sur une portion de 230 mètres de longueur, précise une responsable des travaux présente sur la route de Saugues. Avant de mettre l’enrobée ce vendredi 9 septembre, nous avons appliqué une géogrille qui est une sorte de géotextile extrêmement souple et résistant. Cette matière va permettre d’absorber les éventuels mouvements qui pourraient se créer dans le sol et rattraper les déformations de quelques centimètres. »

Elle continue : « Ce dispositif n’a pu être utilisé lors du chantier de la rue Jean Moulin à Espaly car l’effondrement de la chaussée avait été causé par les galeries souterraines. Ici, c’est simplement la texture argileuse du sol qui a généré les altérations ».

Le Département indique que la route sera de nouveau ouverte ce week-end. Lundi 12 septembre, les travaux porteront uniquement sur les accotements. Le chantier est totalement financé par le Département avec un coût total de 107 000 euros. Les travaux sont effectués par l’entreprise Colas.

La géogrille devrait permettre d'absorber les mouvements du terrain.
La géogrille devrait permettre d'absorber les mouvements du terrain. Photo par Nicolas Defay

Au printemps prochain, la route d’Espaly au Zouave

Le Département indique également qu’il va intervenir prochainement sur un grand chantier dans la commune. « Il s’agit remettre en état la route départementale 590 de la sortie d’Espaly jusqu’au Zouave, livre la responsable. Toute la chaussée sera refaite et nous allons créer des espaces sécurisés pour les cyclistes dans les deux sens ».

Elle ajoute encore : « La commission d’appel d’offre s’est réunie lundi dernier pour attribuer les travaux. C’est une chantier très important qui devrait commencer au printemps 2023 ».

Christiane Mosnier, au centre, est le maire d'Espaly-Saint-Marcel.
Christiane Mosnier, au centre, est le maire d'Espaly-Saint-Marcel. Photo par Nicolas Defay

« Les ouvriers de l’époque y pénétraient dedans avec chevaux et carrioles »

Étant donné que la commune d’Espaly-saint-Marcel a été sujette à plusieurs effondrements de chaussée dus à d’antiques galeries, nous avons demandé au maire Christiane Mosnier son analyse sur le sujet. « Le problème est que nous ne possédons aucune carte ni aucune archive de ces souterrains, partage-t-elle. Nous les découvrons au rythme des déformations qui apparaissent sur les routes ! »

Ces galeries semblent pourtant nombreuses et très profondes pour certaines. « Nous savons que les gens s’en servaient pour extraire la chaux, continue Christiane Mosnier. Leur exploitation s’est achevée en 1930. Les ouvriers de l’époque pénétraient dedans avec chevaux et carrioles. Vous imaginez donc l’ampleur des souterrains ! »

« Que ce soit la commune ou les services de l’État, personne n’a d’archives sérieuses. On retrouve parfois de vielles cartes avec des tracés par ci par là mais vraiment rien de précis. Actuellement, nous mettons bout à bout les éléments d’informations qui nous parviennent des particuliers ou de ce que nous découvrons avec les travaux des chaussées » Christiane Mosnier

« Nous sommes descendus jusqu’à 18 mètres de profondeur ! »

Toujours d’après les découvertes effectuées récemment, certaines galeries se croisent et se superposent. «  Nous sommes descendus jusqu’à 18 mètres de profondeur ! Il y a même des salles de retournement pour que les chevaux et leurs chargements de jadis aient la possibilité de faire demi-tour aisément ».
D’anciennes champignonnières sont aussi encore en état. « Nous y allions avec les copains après l’école », se rappelle l’un des adjoints de la mairie présent aux côtés de Christiane Mosnier.

Christiane Mosnier termine : « C’est difficile pour nous et la commune de se savoir au-dessus de ces vieux réseaux. Ces galeries ne sont pas considérées comme des mines et nous ne pouvons donc pas recevoir de subventions de l’État pour les sécuriser ». Néanmoins, au vu de l’étendue des souterrains découverts, l’État a tout de même mis la main à la poche (40 % des investissements) pour aider la municipalité.

Une ancienne champignonnière encore active dans les années 1970 à Espaly.
Une ancienne champignonnière encore active dans les années 1970 à Espaly. Photo par Mairie Espaly-Saint-Marcel

Vous aimerez aussi

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire

1 commentaire

mi

sam 10/09/2022 - 13:07

hm 10/09/2022 - 13h02: C'est étonnant qu'il n'y ai aucune archive de ces mines!. Pourquoi ne pas les faire explorer par des spécialistes et établir un relevé de l'état du réseau de ces excavités. Sécurisées elles pourraient peut-être être ouvertes au public. Un bien inestimable, caché et inconnu du public.