Les "profs" de La Chartreuse dans les starting-blocks

Ce vendredi 29 août au matin, à Landos, l’émotion était palpable. Pour les deux communes de Landos et du Bouchet-Saint-Nicolas, c’est un soulagement après les coupures et les restrictions, l'eau coule aujourd'hui en abondance, grâce à l'interconnexion et la fin d'un vaste chantier.
Pour les deux communes, l’heure était à la conclusion. Élus, techniciens, représentants de l’État et habitants étaient réunis pour marquer la fin d’un chantier engagé depuis 2022 pour assurer et sécuriser durablement l’alimentation en eau potable.
Tirer la sonnette d’alarme
À Landos, tout a commencé par une alerte en janvier 2022 par le responsable des services techniques de la commune. Au cours de l’année 2021, 395 000 m³ d’eau avaient été pompés, mais seuls 90 000 m³ facturés.
Autrement dit, plus de 70 % de l’eau disparaissait à cause des fuites, avec un rendement catastrophique de 30 %.
Ce constat inquiétant a donné naissance à une feuille de route mêlant diagnostics, sectorisation, renouvellement du réseau, et enfin interconnexion avec la commune voisine du Bouchet-Saint-Nicolas.
Inverser la tendance
Le programme de sécurisation de l’eau potable à Landos s’est déroulé en plusieurs phases structurées. Tout d’abord, une période de diagnostics et d’études a permis une analyse complète du réseau d’eau potable et d’assainissement.
En 2023, une sectorisation des réseaux a été réalisée avec l’installation de capteurs dans le bourg et les neuf hameaux qui composent la commune, afin de localiser précisément les fuites.
Une troisième phase a permis le renouvellement des réseaux fuyards, commencée dans les hameaux de Fourches et Bargettes, il s’achèvera en novembre 2025 au hameau de Charbonnier. Comme l’a rappelé Jean-Louis Reynaud, « C'est plus de cinq kilomètres de canalisation restaurée, c'est plus de 300 m3 d'eau de fuite par jour, soit plus de 100 000 m3 par an ».
Un chantier ambitieux, largement soutenu financièrement par les services de l’État, avec des subventions couvrant entre 70 % et 80 % du coût total des travaux, qui s'élève à 820 000 euros.
Une modernisation en profondeur
La station de pompage de Landos a été modernisée dans le local existant pour répondre aux exigences actuelles de performance et de sécurité. Elle est désormais équipée de quatre nouvelles pompes plus efficaces, deux pour Landos et deux pour Le Bouchet, d’un système de désinfection par chlore liquide, ainsi que d'une supervision en temps réel des volumes, pressions et alertes.
Un service d’astreinte assure également une intervention rapide en cas d’incident. Parallèlement, les réservoirs du Chirols ont été réhabilités, et les travaux ont permis la dissimulation des réseaux secs (électricité, télécommunications).
Une mutualisation essentielle
Face à l’urgence de la situation rencontrée au Bouchet-Saint-Nicolas lors de l'été 2022 et 2023 : des robinets à sec, des habitants rationnés et le pompage du Lac du Bouchet pour les troupeaux, une solution pérenne s’imposait.
Au projet initial qu’avaient établi les élus de Landos, une quatrième phase s’est ajoutée. Une convention a été signée pour permettre à Landos d’alimenter Le Bouchet-Saint-Nicolas en eau brute, à raison de 40 centimes d’euro par mètre cube.
L’eau est ensuite acheminée par gravité jusqu’au réservoir, où elle est traitée puis distribuée localement. La convention prévoit un débit maximal de 160 m³ par jour, soit environ 50 000 m³ par an.
Ce chantier d’interconnexion, d’un montant total de 2,3 millions d’euros, représente 550 000 € pour la part de Landos, subventionnés à 70 % par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.
L’eau au robinet… quand on veut
Grâce à cette interconnexion, les habitants du Bouchet-Saint-Nicolas, ainsi que les agriculteurs possédant des animaux, peuvent enfin souffler : « Des camions qui montaient 12 000 litres d'eau, faisaient sept à huit trajets par jour, mais il fallait trouver une autre commune qui nous aide durablement, et c'est ce qui a été fait avec Landos » explique Alain Vidal, maire du Bouchet Saint-Nicolas avant d’ajouter : « Maintenant, c’est sécurisé, mais le risque zéro n’existe pas ».
Les élus sont conscients de la problématique et Jean-Louis Reynaud l’exprime : « Nous devons investir pour moderniser nos réseaux, car un litre d'eau perdu est un litre d'eau qui manque à nos habitants, à nos agriculteurs, à nos entreprises. Nous devons développer les interconnexions, car dans un monde où les aléas climatiques se multiplient, aucune commune ne peut affronter seule la question de l'eau. »
Ce projet est l’exemple même d’une coopération réussie, soutenue par les services de l’État, l’agence de l’eau Loire-Bretagne, le conseil départemental, la communauté de communes, et les nombreux partenaires techniques.
À Landos, l’eau ne s’évapore plus dans la nature et au Bouchet-Saint-Nicolas, elle coule au robinet. Les travaux menés rapidement soulagent les habitants des communes qui ont participé à la convention.
Vos commentaires
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2 commentaires
Voilà un communication préélectorale bien huilée. Aucun représentant du syndicat des eaux du Velay et aucun remerciement pour ceux qui ont œuvré à la réussite de ces travaux.
En espérant qu'il n'y aura pas du Plomb dans l'eau !!!