Emilie Michel crée des bijoux d'oreille inspirés de la fantaisie

Par RSi ven 30/12/2022 - 06:00 , Mise à jour le 30/12/2022 à 06:00

Vous l'avez peut-être croisée dans les rues du Puy glissant avec des patins à roulettes et des bijoux posés sur les oreilles. Emilie Michel, créée des bijoux d'oreilles depuis mars 2020. Rencontre avec celle plus connue sous le nom d'Orem Craft sur les réseaux sociaux. 

Souriante, l'oeil pétillant et des bijoux en forme de dragon qui ornent ses oreilles, Emilie Michel est crafteuse. Comprenez créatrice de bijoux d'oreilles. Dans son petit atelier installé dans son appartement d'Espaly Saint-Marcel, elle sculpte, peint et cuit des animaux fantastiques à l'aide d'une pâte polymère, sorte de pâte à modeler,  inspirés de son imagination. Débordante de créativité, cette jeune femme de 26 ans originaire de Marseille a grandi dans un univers artistique. " Dès mon plus jeune âge, j'avais accès à des scoubidous et des perles  pour m'entraîner à la motricité fine. Mon père m'avait installé un petit espace atelier dans ma chambre", se remémore-t-elle avec plaisir. Une passion pour l'art nourrie par les livres notamment ceux de Pierre Bottero ou encore Anne McCaffrey. "Dans sa saga Ewilan, Pierre Bottero dépeint l'histoire d'une jeune fille surdouée dotée de pouvoirs magiques qui se retrouve dans un monde fantastique. Je m'identifiais à cette fille, j'étais surdouée mais n'avais pas de pouvoirs magiques", sourit la créatrice. 

 

 

"J'ai gardé mon âme d'enfant"

Une personne pas comme les autres. Emilie Michel a su transformer sa passion pour la fantaisie en une force dans son quotidien. " Au collège et au lycée ça a parfois été difficile mais la fantaisie me permettait d'être suffisamment bizarre pour ce que soit voulu et un peu plus accepté par les autres. J'ai toujours gardé mon âme d'enfant", livre-t-elle. La jeune femme trouve alors refuge dans l'art et sculpte de plus en plus. " J'ai réalisé ma première sculpture à 15 ans. C'était un macaron vert pistache et blanc en pâte fimo. C'était pas vraiment beau mais je l'ai toujours conservé pour le souvenir", s'amuse la jeune femme. Et puis elle continue de créer pour ses proches, des amis d'amis et rapidement cela devient une passion. " C'était mon échappatoire. Mon travail plaisait ça me faisait beaucoup de bien de voir que je pouvais transmettre de la joie grâce à mes créations. Le tout premier objet que j'ai vendu c'était un bijou d'oreille en forme de dragon noir. ", continue la crafteuse. Un jour, elle observe une petite décoration accrochée sur l'oreillette Bluetooth d'un passant dans la rue. " J'ai trouvé ça fun. J'ai eu envie d'en faire et j'ai fait un petit dragon d'oreille un peu style punk. A cette époque là personne n'en faisait", expose-t-elle. 

Emilie Michel créatrice d'Orem craft dans son atelier d'Espaly Saint Marcel
Emilie Michel créatrice d'Orem craft dans son atelier d'Espaly Saint Marcel Photo par Raphaëlle Simonnot

D'un bac arts appliqués au lancement de sa boutique Orem Craft 

Et puis finalement, Emilie s'oriente vers un baccalauréat arts appliqués puis un BTS design de produits. Un milieu dans lequel elle exerce près d'un an et demi dans une entreprise de bijoux en métal à l'effigie des supers héros. Une expérience plutôt difficile. "Le travail du métal était très contraignant. Mes mains étaient dans un état lamentable. J'avais des coupures, brûlures et infections", détaille-t-elle. La jeune femme trouve ensuite un emploi en tant que game master dans un escape game du sud de la France. " Je surveillais les gens qui effectuaient des puzzles dans une pièce avec des thèmes. J'ai fait cela pendant 3 ans", raconte-t-elle. Et puis le COVID bouleverse tout. L'établissement dans lequel elle travaille ferme ses portes. " A la première réouverture, il y avait beaucoup de contraintes liées à l'hygiène. C'était devenu difficile. J'ai décidé d'arrêter" poursuit Emilie.

"Je suis passée de 300 à 12 000 abonnés sur Instagram. L'un de mes posts était devenu viral" E.Michel 

Elle décide alors de changer de vie et s'installe au Puy-en-Velay après le premier confinement. " Avec mes parents, nous passions nos vacances à Tence. Je connaissais le lieu et Le Puy c'était un bon compromis", dit-elle. Nouvelle vie mais aussi nouvelle profession. Emilie se lance complètement dans l'entreprenariat et commence à commercialiser plus sérieusement ses créations. Tout d'abord sur Facebook puis sur Instagram. " J'ai suivi une formation de 6 mois pour gagner en visibilité. En quelques mois, je suis passée de 300 à 12 000 abonnés. L'un de mes posts était devenu viral", se souvient la créatrice. 

Depuis 2020, elle commercialise ses créations.
Depuis 2020, elle commercialise ses créations. Photo par Orem Craft

"Je vends à une clientèle spécialisée" 

Aujourd'hui, Emilie Michel vit complètement de sa passion. Un choix de vie qui lui convient. " C'est un luxe de pouvoir travailler à domicile et de faire ce qui me plaît. Mais c'est un luxe qui se paie. Je fais l'impasse sur d'autres choses. J'ai de petits revenus. Mais c'est une belle aventure", confie-t-elle.  Ses produits sont principalement achetés aux Etats-Unis. " Je vends à une clientèle spécialisée. Principalement des femmes mais aussi beaucoup de queers ( personnes refusant d'être étiquetées en fonction de leur orientation sexuelle ou identité de genre). Je commercialise à 80% aux Etats-Unis, 10% en France, 5% en Allemagne et 5% un peu partout dans le monde", poursuit Emilie Michel. Des bijoux d'oreilles qui peuvent se porter lors d'occasions spéciales tels que des soirées ou conventions comme le Roi de l'Oiseau, la Japan Expo ou alors lors de soirées jeux de société. Depuis quelques mois, Emilie Michel propose également quelques créations en dépôt vente dans certaines boutiques lyonnaises. "Je suis épanouie et mes créations plaisent de plus en plus", conclut-elle joyeusement. Depuis décembre 2022, la jeune créatrice est passé de 13 000 à plus de 28 000 abonnés. 

Son travail est à découvrir sur sa boutique Etsy ou sur Instagram

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