Elle retrouve les USA de Trump après 11 ans à Vorey

mar 31/01/2017 - 19:33 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:44

"Il y avait plus de 10000 personnes, c'était une belle surprise. On défilait dans une bonne ambiance, contre les idées sexistes de Donald Trump. Et contre son programme anti-immigration et anti-environnement."
Au téléphone, et dans un français impeccable, Geri Viallon décrit la "marche des femmes" de Helena, capitale du Montana, aux Etats-Unis. C'était le 20 janvier, au lendemain de l'investiture du multimilliardaire à la Maison Blanche. Quel rapport avec Vorey, petite bourgade de Haute-Loire? C'est là que Geri résidait il y a deux mois encore. Cette américaine a passé 11 ans dans le département. C'est son engagement politique qui l'a poussée - en partie - à s'exiler. "Je suis arrivée en 2004, après la réelection de George W. Bush." détaille-t-elle par téléphone. "Les américains ont revoté pour lui après la guerre en Irak, après tous ces scandales de torture. Ca m'a écoeurée."

Elle fonde une famille en France
Direction : la Haute-Loire! Geri pensait rester quelques mois à Vorey. Seulement voilà, "ça a été le coup de foudre. J'ai adoré cette alliance entre l'homme et son environnement, ce réseau de petits villages. Aux Etats-Unis c'est très différent : c'est soit la ville, soit la nature sauvage." Mais si Geri a troqué le burger contre les lentilles, c'est surtout grâce aux rencontres. "Je me suis fait beaucoup d'amis en Haute-Loire. Puis j'ai rencontré mon mari." Devenue prof d'anglais, Geri fonde une famille en France. Elle attendra 2016 pour rentrer dans son Montana natal.

>> Lire aussi : Donald Trump va-t-il taxer nos lentilles?

"Les marchés me manquent"
Est-ce que le département lui manque? "Oui! Les amis, la vie locale, les marchés...", même si "au niveau alimentaire, ça s'est beaucoup amélioré aux Etats-Unis". Pour la politique, c'est une autre histoire. Parti en 2004 par rejet de Bush fils, la voici de retour sous... Donald Trump. Elle en plaisante. "J'ai compris que j'étais trop idéaliste à l'époque. Je peux défendre mes engagements politiques autrement, sans fuir mon pays." En manifestant par exemple. Une habitude ramenée dans ses valises? "C'est vrai qu'aux Etats-Unis, c'est beaucoup moins fréquent qu'en France!"

Clément L'hôte

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