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Paulhaguet

Du plastique dans des nuggets : le consommateur pointé du doigt

mar 31/07/2018 - 18:41 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:53

Ce n’est pas un morceau de plastique que Benjamin et sa compagne ont trouvé dans cette boîte de nuggets surgelés de la marque Maître Coq, mais plusieurs et de tailles différentes. Une découverte qui n’a pas eu que pour seul effet de gâcher le repas, elle a provoqué la colère du père de famille qui a tout de suite pensé au pire : « Mon fils, qui a cinq ans, aurait pu ingurgiter ce morceau de plastique et s’étouffer avec ». Photos à l’appui, il avait alors alerté la marque Maître Coq via Facebook. « Ils m’ont renvoyé vers le service consommateurs. Je leur ai alors répondu qu’il ne s’agissait pas d’un problème de panure, que c’était bien plus grave que ça. Et je n’ai eu aucune réponse. »
Les réactions des internautes
C'est alors que Benjamin se décide à contacter la presse, d'abord Le Progrès. S’en est suivie une déferlante médiatique, jusqu’au national. Tous les médias y sont allés de leur article et les réactions des internautes ne se sont pas faites attendre. « Donner ce genre de bouffe ultra industriel à un enfant de 5 ans... », commente Gégé sur leparisien.fr, « Et en plus réchauffés au micro-ondes .... les gens font tout pour s'empoisonner !! », intervient potdefer56 sur RTL.fr, « Quand on bouffe de la m**** il ne faut pas s’étonner à en trouver dedans », s’insurge celine03 sur lamontagne.fr etc. Sur les réseaux sociaux une personne a même commenté : « Mdrrr mais qu’ils s’étouffent, vous apprendrez à cuisiner par la suite. »

« On savait que c’était de la m**** »
Face à ces propos parfois violents, Benjamin n’a d’autres choix que de se justifier : « Mon fils ne mange pas de nuggets, ni de frites tous les midis. Il mange des légumes et une fois de temps en temps, pour lui faire plaisir, on lui fait des nuggets. On savait que c’était de la m****, mais comme c’était une fois de temps en temps, on passait outre. » Alors malgré cette découverte, la famille paulhaguetoise continuera à manger des nuggets, « mais on les fera avec de vrais morceaux de poulet panés maison. »
----Depuis, la marque Maître Coq a emis sur son site internet un rappel de produits concernant les paquets de nuggets surgelés, lot : X 18153 pour : "présence possible de corps étrangers en plastique".-----Cinq bons de compensation
Suite à la publication du premier article, la marque Maître Coq appartenant au groupe LDC, aurait pris contact avec Benjamin. « Pour s’excuser, ils m’ont envoyé un mail avec cinq bons de compensation d’une valeur de 3€ chacun à valoir sur des produits de la marque. J’ai refusé en leur expliquant que ça ne couvrait pas le risque auquel ils avaient exposé mon fils.» Dès lors c’est une somme de 100€ qui a été proposée à la famille.

Benjamin a fait appel à un avocat pour se charger de cette affaire : « Je ne compte pas réclamer des millions d’euros. Mais il y a des cadres juridiques sur lesquels on pourrait les attaquer et faire ouvrir une enquête. Je ne veux pas me faire de l’argent sur le dos de la marque, mais s’ils payent, ils vont peut-être comprendre qu’il faut faire attention. »
Accusé d’être un rapiat
Des propos déjà assumés dans d’autres médias et qui là encore ont suscité l’indignation des internautes. « Je me suis fait traiter de rapiat, on m'a accusé de faire du fake. » Le père de famille balaye ces accusations d’un revers de la main, lui, ce qu’il aimerait bien savoir, c’est comment ces morceaux de plastique sont arrivés dans ses nuggets ? La Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de la Haute-Loire s’est d’ores et déjà rapprochée du Paulhaguetois pour recueillir des informations et les transmettre à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
"Un incident ponctuel"
Contactée par la rédaction de Zoomdici.fr, Manuela Gourichon, la directrice qualité du groupe LDC auquel la marque Maître Coq appartient, affirme que "des mesures ont été prises dès le signalement de cet incident extrêmement grave". Un incident qualifié de "ponctuel". "Par principe de précaution, dès le signalement de Monsieur Bon, nous avons fait retirer du commerce et rappeler les produits déjà commercialisés du lot en question", explique Manuela Gourichon.

Depuis la semaine dernière, "des mesures ont été prises dans les ateliers de fabrication et auprès du personnel pour le sensibiliser au respect des bonnes pratiques de fabrication." Quant à l'origine des morceaux de plastique, "Monsieur Bon ne nous a pas encore fait parvenir les échantillons demandés. Pour l'heure, nous ne pouvons que supposer qu'il s'agit de morceaux de housse de protection utilisée lors des différentes étapes de fabrication."
Stéphanie Marin

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