Drame de Bas-en-Basset: quatre ans après, les parents des victimes demandent une nouvelle enquête

sam 27/04/2019 - 03:48 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:57

Le 13 juin 2015, Maxime, Tristan et Bastien, trois adolescents de 14 à 16 ans, étaient tués dans l’explosion d’une cabane abandonnée à Bas-en-Basset, après avoir manipulé une substance explosive. Seul Robin, un quatrième garçon grièvement brûlé, avait survécu.  Le drame avait eu un retentissement national à l’époque. Mais, près de quatre ans plus tard, de nombreuses zones d'ombre demeurent. En mars 2018, l’enquête pour établir les causes de l’accident a été classée sans suite par le parquet du Puy-en-Velay.  "Ils ont pris le temps de la réflexion" Ce 16 avril, les parents des victimes ont décidé de porter plainte contre X avec constitution de partie civile auprès du juge d’instruction, dans l’espoir de relancer l’enquête. Ils ont trouvé conseil auprès de Me Gilles-Jean Portejoie, pénaliste connu pour avoir été l’avocat de Johnny Hallyday et de la mère de la petite Fiona : « Les parents des trois mineurs victimes ne sont pas venus me voir immédiatement après le classement sans suite de l’affaire, explique ce dernier. Il n’y a pas eu d’indignation immédiate de leur part. Au contraire, ils ont pris le temps de la réflexion et en sont arrivés à la conclusion qu’il ne pouvaient pas se satisfaire de la décision du Parquet. On ne peut pas tourner la page quand on est dans l’incertitude. » Des explosifs trouvés sur place par les adolescents Dans un premier temps, les enquêteurs avaient avancé l’hypothèse selon laquelle les adolescents auraient voulu fabriquer des fumigènes pour jeu de guerre d’airsoft. Hypothèse finalement abandonnée : l’exploitation des téléphones portables des mineurs et des ordinateurs familiaux n’avait pas mis en évidence de consultation de sites aidant à la confection de substances chimiques. Les adolescents n’étaient de plus pas connus pour se prêter à ce genre d’expériences. Qui plus est, dans son témoignage, Robin affirme qu’ils avaient trouvé la poudre responsable de l’explosion en déplaçant des affaires dans la maison abandonnée, alors qu’ils projetaient de réaménager la bâtisse pour en faire leur cabane. La substance en question se trouvait être du TATP, un mélange chimique « instable » habituellement prisé des terroristes, car composée d’ingrédients faciles à se procurer (acétone, acide chlorhydrique). 
Enquête bâclée? Comment cette substance explosive a-t-elle pu se retrouver dans cette maison abandonnée ? Qui l’a confectionnée ? L’enquête n’apporte pas de réponse à ces questions. A-t-elle été bâclée ? Les plaignants ne sont pas loin de le penser: « De fait, rien ne relie l’explosif fabriqué artisanalement dans les 6 à 12 heures précédant l’explosion aux trois adolescents, peut-on lire dans la plainte envoyée au juge d’instruction. […] L’enquête apparaît lacunaire puisque l’origine des produits n’a pu être tracée. […]Le fait que la substance fabriquée soit du TATP, explosif souvent fabriqué et utilisé par les terroristes, n’a pas donné lieu à des investigations plus poussées. […] Les profils ADN n’appartenant pas aux mineurs présents lors de l’explosion n’ont pas davantage été exploités, signe que seule l’hypothèse de la fabrication de fumigène qui a mal tourné a été sérieusement envisagée par le Parquet et les enquêteurs. » Le témoignage du jeune rescapé n'aurait également pas suffisamment été pris en compte. Faire le deuil En rouvrant l’enquête, les parents des victimes espèrent que ces lacunes seront comblées : « Peut-être que l’on se fait des illusions, concède Me Portejoie. Mais les parents ne pourront jamais faire leur deuil tant que l’enquête ne sera pas suffisamment complète. » 
Eddie RABEYRIN

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