Plusieurs interventions pour les pompiers ce mardi en Haute-Loire
Suite à un signalement de l’éducation nationale, un couple de St pierre Eynac, était convoqué mardi 2 juin 2026 au tribunal du Puy en Velay pour répondre d’actes de violences en réunion sur un jeune majeur, placé à ce jour.
Le lycée Simone Weil du Puy en Velay, où il est interne, peut se féliciter d’avoir émis une information préoccupante en juin 2025, concernant la situation du jeune adolescent.
Ce signalement décisif a déclenché une enquête menée auprès du personnel et des élèves. Une expertise psychologique de douze pages a été rendue. Le jeune, désormais majeur, avait été examiné par le médecin légiste de l’UMJ de l’hôpital Émile Roux, qui lui avait prescrit quatre jours d’ITT (Incapacité Totale de Travail).
Une ordonnance de placement provisoire (OPP) a ensuite été prononcée, puis le jeune a été confié à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).
Issu d’une fratrie de trois garçons, dont les deux aînés ont quitté le domicile maternel et n’ont plus de liens avec elle, il a vécu pendant plus de 11 ans seul avec sa mère et ses frères. La mère était déjà violente avec ses enfants. Ces violences ont continué avec l'arrivée du nouveau compagnon de sa mère exercées d'abord sur les aînés, puis, à partir de 2020, sur lui.
Il témoigne de pressions, de propos dévalorisants et rabaissants de la part des deux adultes, de gifles, de coups de poing, et de menaces de le mettre à la rue à sa majorité. Les violences physiques et psychologiques ont continué, sur fond d’alcool. La sphère familiale était fragile, et les relations avec son beau-père se sont compliquées. Il a donc été inscrit en internat et ne rentrait que le week-end.
Le personnel du lycée, ainsi que ses amis, ont pu constater qu’il était toujours habillé de la même façon, qu’il ne mangeait pas à sa faim et qu’il présentait parfois des hématomes sur le visage. Suite à ces constats alarmants, le jeune a rencontré la psychologue scolaire ainsi que l’assistante sociale du lycée, qui a pu le rassurer sur les solutions possibles.
Il évoquera des faits précis sur sa situation, la peur qui l’accompagnait chaque week-end lorsqu’il rentrait au domicile : il urinait dans une bouteille pour ne pas devoir aller aux toilettes. À l’évocation de ces mots, l’émotion est palpable, il semble revivre les scènes en les narrant.
Depuis son placement, le jeune adolescent est devenu majeur. Il passe actuellement son baccalauréat et semble avoir trouvé du soutien à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Aujourd’hui, le jeune adulte, qui souffre d’angoisses et de troubles du sommeil, veut seulement que tout s’arrête pour pouvoir se reconstruire.
« Depuis que j’ai rencontré sa mère, il est jaloux »
À la barre, le couple est dans le déni des violences. Chacun parle de mensonges, de plaintes extérieures, se faisant passer pour la victime, évoquant un adolescent qui se cherche ou un comportement déviant. Le compagnon s’exprimera en ces mots : « Depuis que j’ai rencontré sa mère, il est jaloux. » La mère, quant à elle, parlera des valeurs de travail et de respect qu’ils lui ont inculquées.
Si le début de l’audience commence dans l’échange, le couple deviendra muet face aux questions du ministère public sur le fonctionnement familial.
Si la défense eévoquera une enquête menée à charge, sans enquête de voisinage ni audition des présumés, elle plaidera la relaxe.
Le ministère public, quant à lui, parlera de violences aggravées et pointera la posture du couple à la barre : un déni de la situation de violences, sur fond d’alcool, de mensonges et de mutisme face aux questions du procureur. Il requiert 12 mois de prison, une obligation de soins et une interdiction de contact avec le jeune majeur.
Le tribunal suivra le ministère public en condamnant le couple à dix mois de prison, des soins psychologiques et une interdiction de contact avec la victime.