Coubon : quatre maisons vont être détruites le long de la Loire

Par Hugo ULIANA , Mise à jour le 05/05/2026 à 18:00

Temps de lecture : 3 minutes

Un peu plus d'un an et demi après les violentes crues du 17 octobre 2024, le hameau de Charentus à Coubon fait face à une dure réalité : quatre maisons vont être démolies. Entre résignation et attachement, les habitants et la commune doivent se préparer à l’inévitable.

Des maisons qui pourraient basculer voire être emportées 

Ici, les stigmates des violentes inondations d’octobre 2024 restent profondément ancrés dans les esprits, mais aussi dans le paysage. "La Loire a amputé la falaise, on a perdu 30 mètres de berge", explique la directrice générale des services de la mairie de Coubon.

Face à l’ampleur des dégâts, l’État intervient immédiatement et mandate le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) pour analyser la situation.

Le diagnostic est sans appel : le danger ne réside pas seulement dans les crues, mais dans l’érosion des sols. Selon l'étude, composé en grande partie de limons, un matériau fin particulièrement sensible à l’eau, le terrain fragilise la berge. En cas de nouvelles inondations, les habitations situées dans la zone à risque pourraient basculer, voire être emportées.

30 mètres de berge ont été perdus
30 mètres de berge ont été perdus Photo par Mairie de Coubon

Démolir pour protéger

C’est dans ce contexte que quatre habitations, situées route des Gravières, sont promises à la démolition. La commune a engagé un processus de rachat progressif : deux maisons ont déjà été acquises en septembre 2025 et en janvier 2026, une troisième doit l’être en mai, tandis que les discussions se poursuivent pour la dernière.

"On s’est mis au diapason des propriétaires en fonction de leur situation et de leurs recherches de logement", assure la mairie. Les biens ont été rachetés au prix du marché, sans tenir compte du risque. C'est la commune qui avance les fonds. Les sommes engagées, comprises entre 285 000 et 400 000 € par maison, seront remboursées via le fonds Barnier.

Dans ce contexte sensible, la mairie insiste sur l’importance de l’accompagnement humain. "On a fait des réunions avec les services de l’État et la Direction départementale des territoires afin d’apporter des explications techniques aux habitants", explique la directrice générale des services. Elle ajoute : "On est à leurs côtés dès le premier jour, on entretient de bonnes relations, on dialogue."

La crue de 2024 avait fait des dégâts considérables
La crue de 2024 avait fait des dégâts considérables Photo par Mairie de Coubon

"La raison doit passer au-dessus du reste", Christian et Gisèle, propriétaires d'une des maisons

Des vies chamboulées

Si pour certains, le poids des souvenirs complique la décision, d'autres ont préféré privilégier la raison. Pour Christian et Gisèle, 73 ans, la décision n'a pas été facile, mais elle a été évidente. Installés depuis 1980 à Charentus, ils ont vu la situation se dégrader au fil des années. "On se rendait bien compte que ça devenait de plus en plus inquiétant", confient-ils.

Le couple en est convaincu : "La raison doit passer au-dessus du reste." Résignés, Christian et Gisèle choisissent de relativiser : "On le prend presque comme une chance. On pense à nos enfants et à ce qu’on veut leur laisser." Reste la douleur du départ. "On n'assistera pas à la démolition", glissent-ils. Leur maison sera rachetée dans le courant du mois de mai 2026, et détruite avant la fin de l'année. Ils ont prévu d'acheter une nouvelle maison, toujours à Coubon.

Le hameau de Charentus illustre la nouvelle donne imposée par la Loire, fleuve aussi iconique qu'imprévisible. Derrière les décisions, les aléas climatiques redessinent peu à peu les paysages mais aussi les vies.

La route des Gravières après la décrue
La route des Gravières après la décrue Photo par Mairie de Coubon

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