Coronavirus : peut-on parler d'une pénurie de masques en Haute-Loire ?

mer 04/03/2020 - 18:31 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:03

S'il ne faut pas céder à la psychose et tenter de relativiser, force est de constater que le climat anxiogène provoqué par l'épidémie du Coronavirus a provoqué une ruée sur les masques de protection dans les pharmacies du département. Certains professionnels rapportent même avoir vu des clients pleurer face à l'absence de masque...
Pourtant, il ne faut pas céder à la psychose et rappeler que ce virus tue beaucoup moins que la grippe, la rougeole, le choléra, la rubéole ou encore les oreillons, et qu'un très faible pourcentage de patients contaminés par le coronavirus en meurt.

Seules un quart des pharmacies contactées ont encore en stock des masques chirurgicaux
Nous avons appelé 25 pharmacies de Haute-Loire, en ciblant les communes les plus peuplées, et seules sept d'entre elles avaient encore en stock des masques chirurgicaux (pour le grand public), en l'occurrence à Brives, Espaly, Saint-Germain-Laprade, Coubon, Yssingeaux, Tence et Saint-Didier-en-Velay. À chaque fois, il ne s'agit "que d'une poignée".
Concernant les masques FFP1 (les FFP2 que pour les hôpitaux), réservés aux personnels de santé et aux patients contaminés ou à risque (il faut fournir un bon de la Sécu pour y avoir droit), le bilan n'est guère plus réjouissant : seulement quatre officines, sur les 25 contactées, sont en mesure de répondre favorablement. L'immense majorité attend les stocks de l'État... depuis déjà une dizaine de jours. L'explication est simple : ce sont les zones où il y a des cas avérés qui sont livrées en priorité. Ces stocks pourraient toutefois arriver dès la semaine prochaine dans le département.

----Seuls les masques issus du stock d'État sont réservés au professionnels de santé et sur prescription médicale pour le grand public. Ils seront donnés gratuitement. Pour les masques que les pharmacies se sont procurées par leurs propres fournisseurs "nous n'avons reçu aucune consigne", précise Anna Rousset, "et légalement, on pourrait difficilement refuser un acte de vente", même si, comme tous les professionnels, elle essaie de privilégier les publics à risque.-----Le masque n'empêche absolument pas d'être contaminé
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, "le masque chirurgical ne protège absolument pas de la contamination, il n'a d'intérêt que pour les personnes porteuses du virus, afin de ne pas contaminer d'autres peronnes", explique Anna Rousset, docteur en pharmacie au Puy, à la pharmacie du Pôle Santé, avenue Charles Dupuy.
Il n'est en fait utlisé qu'à titre préventif, tel un placebo. De plus, pour qu'il demeure efficace, il devrait être changé toutes les quatre ou cinq heures.

"On a été très rapidement en rupture de stock et nos divers fournisseurs totalement dépassés""
Dans les pharmacies du département, il y a eu une véritable ruée sur les masques, les gels hydroalcooliques et les thermomètres en janvier. "En dehors de ce type de crise exceptionnelle, on en vend très sporadiquement", témoigne la pharmacienne du Pôle Santé du Puy, "mais là, on a été très rapidement en rupture de stock et nos divers fournisseurs totalement dépassés". Elle espère cependant en avoir de nouveau dès la fin de cette semaine car elle a dans son sac un fournisseur (parmi cinq ou six) en mesure de l'approvisionner.
"Le problème, c'est qu'on est rationnés", relève-t-elle, "à hauteur d'une soixantaine de lots de cinq masques". Et la moitié des lots a déjà été vendue à des particuliers, "des clients que l'on connaît et qui présentent des risques". Résultat des courses : à peine réapprovisionnée, la pharmacie ponote devrait rapidement être à nouveau en rupture de stock.

Gare au marché noir !
La pénurie s'explique notamment du fait que bon nombre de masques chirurgicaux (comme tant de biens de consommation) sont produits en Chine, d'où est partie l'épidémie. Et plus un produit est rare, plus il prend de la valeur. On assiste ainsi à une recrudescence des vols dans les hôpitaux (un premier bilan fait état de 8 300 masques dérobés dans la capitale et de 2 000 à Marseille selon Capital).
Pas, à notre connaissance, de méfaits de cet accabit en Haute-Loire mais un marché noir qui se développe déjà sur la toile. On en retrouve ainsi sur le site Leboncoin, avec par exemple une personne qui en propose des "faits main" à Paulhaguet (il ne répond pas aux normes médicales), mais aussi un certain nombre de masques de type FFP1 (6 € l'unité), alors qu'ils sont normalement périmés depuis plusieurs années... Pour un masque chirurgical, on peut en trouver à environ 3 € l'unité sur la toile. Dans les pharmacies du département contactées, le prix du masque chirurgical oscille entre 0,10 et 0,35 € l'unité.

Maxime Pitavy

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