Coronavirus : '''On livre même certains hôpitaux en taxi'''

mar 10/03/2020 - 07:27 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:03

Depuis 1988, Stéfany Emballages services (SES) de Saint-Pal de Mons fabrique, entre autres, des emballages souples pour la protection et l’hygiène en milieu hospitalier. Depuis 2003, l’entreprise altiligérienne est le seul fabricant français de sacs à ouverture soluble pour la collecte, le transport et le lavage sécurisé du linge contaminé. Il est aussi le premier fabricant français indépendant de sacs double poche pour le transport sécurisé des prélèvements sanguins.

En 2008, la grippe H1N1 avait mobilisée les équipes de SES pour accroître la production, doubler les stocks et mettre en place un plan de pandémie. « Cela a permis, notamment pendant le mois d’août, d’assurer les besoins de tous les hôpitaux, des maisons de retraites, des prisons... de France et d’écouler en quelques semaines tout le stock ! », se rappelle Jean-Philippe Grail, le dirigeant actuel, dans l’attente d’un repreneur en période de redressement judiciaire (Leygatech, de Saint-Romain-Lachalm, avait fait une offre mais l’a retirée dans un contexte tendu). Et le patron de se souvenir : « Normalement on ferme trois semaines au mois d’août. La production était arrêtée mais j’ai assuré personnellement les expéditions afin de livrer tous nos clients habituels et les nombreux nouveaux clients. Et je tiens à préciser que pendant cette période de crise, on est resté sur nos prix habituels ! » Selon lui, la production française a permis cette réactivité. Elle aurait fait économiser à l’État français plusieurs millions d’euros sur dix ans : « Si nous n’avions pas été la, je ne sais pas comment les clients auraient pu être servis et à quels prix, étant donné que nos plus proches concurrents sont américains et chinois ».

Aussi, depuis quelques jours, avec l’épidémie de Covid-19, SES a pris les mêmes dispositions et les ventes explosent. « On livre même certains hôpitaux en taxi étant donné les urgences ! s’exclame Jean-Philippe Grail, et même si SES est en difficulté et abandonné par nos politiques, pas question d’en profiter pour sur-marger ! »

> Dans le rétro : notre reportage à SES en 2017 :

Vidéo : Carine Loubeau

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