Comme une date anniversaire pour des petits partis trop tôt

dim 14/10/2018 - 15:52 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

Alors que le sujet est encore tabou et méconnu en Haute-Loire, il est difficile d'aborder le sujet du deuil périnatal au quotidien. Mais Sonia et Virginie l'assurent, il faut en parler. Cette marche, et ce lâcher de ballons symbolique, organisés par l'association "Les Ailes d'Anges" ont pour objectif la reconnaissance. Une reconnaissance administative, légale, car pour une grossesse jeune, il n’y a pas d’acte de naissance, l'enfant n’est pas une « personne » dans le sens juridique du terme et n’a pas droit à la filiation, ni à un nom de famille. Ses parents peuvent lui donner un prénom mais ce n’est pas obligatoire. Il se crée donc chez les parents une faille, un désarroi, une perte de repère. Le flou laissé par ce traumatisme mets les personnes dans la difficulté pour répondre à une question simple : Combien avez-vous d'enfant ? Sonia se reconnait là-dedans et s'est déjà demandé : "Dois-je répondre 2 ou 3 enfants ?"
Créer un instant de recueillement
Le second but des membres de cette association est aussi de marquer une date anniversaire et ainsi de créer un moment symbolique pour donner à leur enfant perdu un moyen d'exister. 

Fausse couche/deuil périnatal
La frontière est fine, tout dépendrait du temps : une fausse couche ce serait avant la 22ème semaine d'aménorrhée et le deuil périnatal, de la 22ème semaine jusqu'au 7ème jour après la naissance. Que le bébé ait vécu quelques jours ou quelques heures, ou que sa vie se soit arrêtée avant d’avoir vu le jour, les parents entendent pour la première fois les mots : « mort périnatale ».
80 membres actifs en 2018
L'histoire de cette association vient de la perte d'un enfant. Un drame pour Sonia, qui malgré le fait d'être entourée et soutenue, a trouvé beaucoup de soutien auprès de Virginie, elle aussi mère endeuillée et co-fondatrice de l'association. De leur rencontre est né "Les Ailes d'Anges". Si l'ambiance du groupe se veut familiale c'est dû à ce besoin qu'ont les familles de retrouver un peu de chaleur, de soutien, un soutien qu'elles n'obtiennent pas entièrement avec les professionnels qui se doivent de mettre une certaine distance patient/professionnel. Une première personne est présente sur cette marche par soutien : "Je suis venue pour accompagner mon compagnon". Une autre personne vient ensuite nous confier les raisons de sa présence sur cette journée : "On y pense tous les mois... D'ailleurs, c'est son mois d'anniversaire... Ma fille aurait eu 21 ans. Venir ici aujourd'hui ça libère, ca fait du bien d'accompagner les familles". Au début, une quinzaine de familles s'étaient réunies dans cette association qui compte aujourd'hui plus de 80 membres actifs. L'association prend même parfois une ampleur nationale car elle reçoit des appels de la Lorraine, de la Drôme mais surtout des département limitrophes.
----Pour se rapprocher de l'association, il est possible de visiter sa Page Publique Facebook ou de rejoindre le Groupe privé.

-----Créer un espace de recueillement
Aujourd'hui l'association a deux objectifs. Tout d'abord, élargir son réseau avec les professionnels de santé : Sonia et Virginie et les autres ont besoin d'accompagnement. Le second objectif serait de créer un lieu de mémoire, dans un espace vert, dans la nature en Haute-Loire. Ce lieu serait un espace de recueillement pour les parents qui, dans certains cas, n'ont ni gardé le corps ni les cendres de leur enfant, laissé à l'hôpital.

A.M.

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