'''Ce n'était pas une simple rixe'''

mar 18/09/2018 - 19:02 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:54

Vers minuit, le couple marchait, costumé et quelque peu alcoolisé, dans le centre ancien de la cité vellave, rue du collège, quand « quatre ou cinq jeunes hommes non costumés » auraient aspergé le jeune homme de 23 ans avec une bombe lacrymogène et l’auraient roué de coups au niveau du visage. « Il a le cou brûlé, avec des cloques », précise sa mère. La jeune femme aurait également pris un coup au visage, sans toutefois être blessée. La mère affirme que les victimes ne connaissent pas leurs agresseurs ; elle écarte le règlement de compte. Aucun échange de mots n’aurait eu lieu d’après elle, donc pas de dispute. Le vol ne serait pas non plus le mobile puisque rien n’aurait été dérobé. Mais cette mère dispose-t-elle de tous les éléments ?

Une personne doit être entendue
Quand les services de police du Puy, assistés des renforts pour le Roi de l’oiseau, sont arrivés sur place, ils ont eu du mal à démêler le fond de l’affaire. « Les motivations ne sont pas claires », nous répond le commissariat. Un groupe d’hommes a été retrouvé dans la soirée, affirmant que ce sont eux qui ont reçu des coups. « Un nom a été cité, précise le commissariat, la personne sera entendue prochainement, l’affaire est en cours ».

Ce qui met hors d’elle la mère de la victime, c’est de « voir que, dans une petite ville comme Le Puy, une telle agression passe inaperçue, soit minimisée comme une petite bagarre ». Il est vrai que, ce mardi matin, le dossier de la police ne comprenait pas de notion d’ITT (incapacité totale de travail) après la plainte contre inconnus, déposée samedi, par le jeune homme. « Pourtant, à l’hôpital, mon fils a eu trois jours d’ITT avec un minimum de 15 jours d’arrêt de travail ».

Une enquête interne diligentée
Les urgences de l'hôpital Emile Roux sont une autre source de frustration pour cette mère choquée et émue : « Il a fallu attendre 96 heures pour passer un scanner, parce qu’on ne dérange pas les spécialistes le week-end au Puy, et quand l’ORL a enfin vu mon fils, il a dit qu’il fallait qu’il aille à Clermont. Clermont a demandé un scanner et c’est là qu’on a vu les deux fractures : au nez et à la mandibule. » C’est donc depuis Clermont-Ferrand que l’Altiligérienne nous parle par téléphone ce mardi matin en attendant l’opération de son fils dans l’après-midi.

Nous avons contacté la direction de l’hôpital Emile Roux sur ce récit qui interroge la réactivité de la prise en charge aux urgences en périodes creuses comme les week-ends. Le directeur, Jean-Marie Bolliet, a diligenté une enquête interne pour vérifier la réalité des faits évoqués. Nous avons demandé un retour à son issue.

Annabel Walker

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