CARTES. La fracture médicale se creuse en Haute-Loire

jeu 30/06/2016 - 13:32 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:42

La situation médicale s’aggrave de manière générale en France, la Haute-Loire n’échappe pas à la règle avec 8 % de la population altiligérienne qui se trouve en désert médical. Avec son étude en 2012, l’UFC Que Choisir remet ça en 2016 en espérant faire changer les choses. Yves Jouve, président et Maurice Beyssac, vice-président ont présenté les résultats.
----Pour l’UFC Que Choisir, un désert médical est un lieu où la densité médicale est au moins 60 % en-dessous de la moyenne nationale. Contre 30 % pour le ministère de la Santé. « On est plus indulgent », confirme l’association de consommateurs.-----Dégradation de 33 % par rapport à 2012
L’étude a pris en compte deux critères : l’offre exhaustive de médecins (les généralistes, les ophtalmologistes, les gynécologues et les pédiatres) et leur niveau de tarif le plus fréquent. Plusieurs cartes significatives ont découlé de cette enquête.
Depuis 2012, 33 % des Altiligériens ont vu leur accès aux médecins généralistes se dégrader. A l’inverse, 10 %, l’ont vu s’améliorer. L’accès aux spécialistes est également touché surtout dans l’est du département en ce qui concerne les pédiatres, dans le Brivadois pour les gynécologues ainsi que dans le bassin ponot et l’ouest pour les ophtalmologistes.
Une carte intéractive est disponible en ligne pour voir la situation commune par commune.
Mode d'emploi des cartes
Pour chaque spécialité, trois cartes ont été établies : la première donne l'accès aux soins en ne prenant pas compte des tarifs, la deuxième révèle l'accès aux médecins pratiquants au maximum un dépassement d'honoraires de 40 % et la dernière représente simplement l'accès aux professionnels de santé sans aucun dépassement. Le bleu foncé représente la surabondance de praticiens alors que le rouge révèle un désert médical.
Il est considéré qu'un médecin est à proximité lorsqu'il se situe à moins de 30 kilomètres pour les généralistes et 45 pour les spécialistes.

Cartes de l'accès aux généralistes

45 kilomètres à pied, ça use pour trouver un gynéco abordable
Aspect tarifaire mis à part, 40 % des altiligériens subissent un désert médical pour l’accès aux gynécologues. Les dépassements d’honoraires sont légion pour les gynécologues. Autant dire qu’il est difficile de trouver un spécialiste au tarif opposable. Dans cette situation, les communes de Langeac, Craponne-sur-Arzon et Tence seraient les plus touchées, ne trouvant pas de gynécologue à moins de 45 kilomètres de distance.
Cartes de l'accès aux gynécologues

Prévoir des dépassements d'honoraires
En termes de fracture géographique, 30 % des altiligériens habitent un désert médical pour l’accès aux ophtalmologistes. Les dépassements d’honoraires très fréquents. Par conséquent, l’offre de soins en ophtalmologie au tarif de la sécurité sociale est encore plus rare : 42 % de la population est alors concernée par un désert médical.
Cartes de l'accès aux ophtalmologistes

Trouver un pédiatre : le parcours du combattant
Pour l’association de consommateurs, 49 % des habitants vivent dans un désert médical. Ces spécialistes ne sont que trop rarement présents en dehors des villes. En 2013, à l’occasion de l’installation du pédiatre Spyridon Deres au Puy, nous évoquions déjà le sujet.
Cartes de l'accès aux pédiatres

Des solutions radicales
Pour palier à ces conclusions peu réjouissantes, l'association de consommateurs a émis des propositions de solutions. La première et la plus osée est la suppression du secteur 2, c'est-à-dire le secteur où les dépassements d'honoraires sont libres. "Le Contrat d'accès aux soins (les dépassements encadrés, ndlr) ne pourra produire ses effets que s'il cesse d'être facultatif, pour devenir le substitut du secteur 2 dont l'accès doit être fermé", est-il expliqué. Ensuite, l'association demande un conventionnement sélectif des médecins pour que l'installation de ces derniers dans des secteurs où l'offre est déjà largement satisfaisante ne puisse se faire qu'en secteur 1, autrement dit, sans dépassement.
"Nous allons présenter cela aux parlementaires du département et nous comptons sur eux", explique Maurice Beyssac, vice-président de l'UFC 43 et président du conseil de surveillance de l'hôpital de Craponne.

Emma Jouve

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