Bientôt une fragrance 100 % Haute-Loire... grâce à vous!

lun 06/06/2016 - 17:58 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:42

Tout a démarré l'automne dernier, lorsque le Département de la Haute-Loire a consacré un dossier dans son magazine d'information à la filière d'aromathérapie. Une filière en plein essor, qui compte une quinzaine d'entreprises et une cinquantaine de salariés (sans compter la cueillette). Et qui travaille essentiellemeent à l'international : une cinquantaine de pays sont desservis.
Par exemple, la société Biofloral, implantée à Saint-Pierre-Eynac, a été rachetée ce printemps par un groupe belge, alors que son chiffre d'affaires annuel était de plusieurs millions d'euros. Autant d'éléments qui attestent de la bonne santé de cette filière... qui va franchir un nouveau cap.

"On a souhaité créer un produit identitaire fort"
"L'innovation fait partie de notre feuille de route", explique le président du Département, Jean-Pierre Marcon, "alors quand on a vu le succès de cette filière, on a décidé de rebondir dessus". Avec le Comité d'Expansion Economique (CEE), il a d'abord été décidé d'identifier tous les acteurs de la filière pour les répertorier dans un annuaire de professionnels. Puis de proposer une journée d'échanges autour de l'aromathérapie, qui aura lieu le 26 novembre prochain à l'Hôtel du Département.
"Pour aller plus loin dans l'innovation et associer l'ensemble de la population à la démarche, on a souhaité créer un produit identitaire fort", complète Jean-Pierre Marcon. Si certaines grandes villes de France avaient déjà créé leur parfum, c'est la première fois qu'un département se lance dans le bain. Les habitants sont invités à se rendre sur le site web dédié (développé par Iris Interactive, société ponote), jusqu'au 31 juillet, et à répondre à cinq questions qui permettront de déterminer une note de tête, une note de fond et une note de coeur au parfum final.

Comment est conçu le parfum ?
Michaël Klein est gérant de la société Cosmetosources à Fontannes. Comment développe-t-on une fragrance à partir d'éléments aussi abstraits que "les rivières", "le printemps", "les forêts de résineux" ou encore "dans un fauteuil devant la cheminée", pour reprendre des exemples présents dans le sondage ? Il y a donc une forte part d'interprétation dans la confection du parfum ?

----Visiter des parfumeries
Dans l'optique de développer la filière, en particulier pour le volet touristique, il est envisagé, à moyen terme, de pouvoir visiter certaines parfumeries du département.-----Des savons ou des bougies... mais pas d'eau de toilette
Ce qui va être confectionné, en réalité, ce n'est pas vraiment un parfum, mais plutôt une fragrance et de nombreux produits dérivés pourront ensuite être développés, mais pas d'eau de toilette par exemple. "Haute-Loire, Le Parfum" sera une fragrance dont l'utilisation sera administrée par un règlement, un dépôt de marque et logo, à disposition exclusive des producteurs départementaux pour leurs propres créations de produits de senteur et de bien-être qui pourront se décliner en savons, gel douche, bougies, parfum d'ambiance, etc.
"Ce sera également commercialisé chez tous nos prestataires touristiques", insiste Marie-Agnès Petit, vice-présidente du Conseil départemental en charge du tourisme, "au-delà des odeurs, c'est une carte de visite pour tout le département, c'est une niche qui allie agriculture, santé, bien-être, tourisme, économie et bien sûr innovation".

Zoomdici : Marie-Agnès Petit, quand on parle de parfum de la Haute-Loire, qu'est-ce que ça peut évoquer ? Comment déterminer une identité et une unité de senteur pour l'ensemble du département ? Est-ce propre à la Haute-Loire ou est-ce que tous les territoires ont une identité olfactive ?

Un projet 100 % Haute-Loire, est-ce vraiment réalisable ?
C'est un point sur lequel les différents acteurs ont tenu à insister : il s'agit d'une démarche territoriale identitaire 100 % made in Haute-Loire. Les habitants sont associés à la perception du territoire et une fois que la formule du parfum sera mise au point, elle sera déposée auprès d'un organisme spécialisé et restera propriété du Département. "C'est un projet innovant, fédérateur, collaboratif, qui allie marketing territorial et développement économique, 100 % made in Haute-Loire", se félicitent les principaux acteurs de ce projet.
Michaël Klein est gérant de la société Cosmetosources à Fontannes. L'idée, c'est donc de faire un parfum 100 % Haute-Loire, d'un bout à l'autre de la chaîne. Mais est-ce vraiment réalisable ?

Quel coût pour la collectivité ? Et pour le grand public ?
Reste en suspens la question du coût, puisque le Département, via le CEE, accompagne cette démarche innovante. "C'est notre secret de fabrication", répond dans un large sourire Yves Chemarin, le directeur du CEE, "mais on peut vous assurer que le prix de vente sera accessible au grand public".

Zoomdici : Michaël Klein, vous qui êtes un professionnel de la filière, pouvez-vous nous dire s'il est possible ou non de proposer un produit au prix très abordable pour le grand public dans ce corps de métier ?


Maxime Pitavy

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