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Lorsqu'elle enfile sa tenue de sapeur-pompier, Julie Foltier ressent encore ce « petit coup d'adrénaline » qui accompagne chaque départ en intervention. Plus de vingt ans après ses débuts, cette émotion est intacte. Sergent-chef à la caserne de Brioude, elle continue de consacrer une grande partie de son temps libre à cette vocation. A l'occasion de cette journée nationale des Sapeurs pompiers, nous avons souhaité mettre dans la lumière cette femme inspirante.
L'histoire commence le 1er février 2003. Julie a alors 19 ans lorsqu'elle rejoint la caserne de Paulhaguet. Fille de sapeur-pompier, elle grandit au contact de cet univers. Elle voit alors son père partir en intervention et participe à la vie associative qui gravite autour des centres de secours. « Cela m'a aidée à connaître le milieu », explique-t-elle. Très tôt, l'envie de suivre ses traces s'impose naturellement.
Aujourd'hui, Julie est affectée à la caserne de Brioude, un centre mixte où professionnels et volontaires travaillent côte à côte. Les journées de garde s'articulent entre entraînements sportifs, manœuvres, vérifications des véhicules, inventaires et, bien sûr, les interventions qui rythment le quotidien. Comme tous les volontaires, cette mère de famille s'engage en parallèle de sa vie professionnelle et familiale. « On donne le temps qu'on peut, lorsqu'on est disponibles », résume-t-elle.
L'organisation demande une véritable discipline. Les gardes sont planifiées à l'année et s'ajoutent aux contraintes du quotidien. Maman de deux filles, Julie jongle entre son emploi, sa famille et ses engagements de pompier. Lorsqu'un impératif survient, les collègues s'entraident pour échanger des gardes. « Je m'organise en fonction. Et quand quelqu'un me remplace, je lui rends ensuite sa garde. » Une solidarité qui reflète l'esprit de corps propre aux sapeurs-pompiers.
Au fil des années, Julie a vu évoluer le métier. Les incendies occupaient une place importante lorsqu'elle a commencé. Aujourd'hui, une grande partie des interventions concerne l'aide à la personne : chutes de personnes âgées, secours à domicile ou assistance aux victimes blessées. Mais certaines missions restent gravées dans sa mémoire. Les plus difficiles sont celles qui touchent aux décès de personnes proches ou aux enfants. Sur le moment, l'action prend le dessus.
« Quand on est sur l'intervention, on ne pense pas. C'est après que les images reviennent. » témoigne Julie, sergent-chef.
Pour aider les secouristes dans ces situations éprouvantes, des cellules psychologiques existent aujourd'hui ; un progrès que Julie n'a pas connu au début de son engagement.
Heureusement, d'autres souvenirs apportent leur lot d'émotions positives. Julie se souvient notamment d'un accouchement à domicile. À son arrivée à domicile, le travail était déjà très avancé. Quelques instants plus tard, un petit garçon prénommé Gabriel venait au monde avec l'aide de l'équipe de secours. Un moment rare qu'elle n'a jamais oublié.
Être une femme dans cet univers n'a pourtant pas toujours été simple. Lorsqu'elle rejoint les pompiers en 2003, une seule femme est présente dans son centre. Aujourd'hui, elles sont une quinzaine.
« À l'époque, il fallait faire deux fois plus ses preuves », raconte-t-elle.
Parmi les souvenirs qui l'ont marquée, elle évoque les paroles d'un ancien chef. Après plusieurs années de collaboration, celui-ci lui avait confié : « Aujourd'hui que je te connais, j'ai confiance et je suis fière de ton parcours. Tu es aussi forte et courageuse que les hommes ici. » Une reconnaissance qui l'avait profondément touchée.
Le métier exige également une excellente condition physique et de se former en permanence. Les interventions sur incendie restent particulièrement éprouvantes : porter la tenue de protection, l'appareil respiratoire, le casque, les tuyaux ou encore secourir des victimes dans des environnements dangereux demande endurance et préparation. « C'est à nous de nous entretenir pour être opérationnels », souligne-t-elle. Certains collègues se retrouvent même en dehors des gardes pour s'entraîner ensemble.
Au-delà des contraintes, des risques et de la fatigue, Julie reste animée par les valeurs qui l'ont poussée à s'engager il y a plus de vingt ans : le partage et l'envie d'aider les autres. Elle insiste aussi sur l'importance de la cohésion. Même lorsqu'un désaccord survient sur une intervention, les discussions se poursuivent après coup, dans le calme, pour avancer ensemble.
Aujourd'hui, elle encadre une équipe d'une dizaine de personnes, dont plusieurs hommes. Une responsabilité qui témoigne du chemin parcouru. « Les mentalités ont évolué », constate-t-elle. Si elle connaît encore parfois des difficultés, elle est fière d'avoir réussi là où certains pensaient qu'elle échouerait.
Aux jeunes filles de plus en plus nombreuses qui envisagent de devenir sapeur-pompier, Julie adresse un message simple : il faut être prête à s'investir, à faire des efforts et à se remettre en question.
« Ce n'est pas toujours facile, mais quand on veut, on peut. » Une conviction qui résume parfaitement son parcours.
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