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À deux pas de la cathédrale du Puy-en-Velay, la fontaine de l’Ange ne se contente pas d’orner la rue des Tables. Derrière ses pierres, se cache une histoire vieille de plusieurs siècles : celle du destin tragique d'un jeune choriste. Un récit où se mêlent mystère, miracle et croyances médiévales.
Aujourd’hui, le petit monument a retrouvé une partie de sa splendeur après une importante campagne de restauration. Son bassin, son fût gothique et sa sculpture ont été restaurés et l’eau y a recommencé à couler en février dernier. Une renaissance de courte durée puisque la fontaine est actuellement vide, en raison des restrictions liées à la sécheresse.
Également appelée fontaine des Tables ou fontaine du Choriste, il faut s’arrêter sur l’histoire qui lui est attachée. Car depuis près de sept siècles, le monument est associé à un récit aussi étrange que tragique, transmis de génération en génération.
Pour retrouver l’origine de cette histoire, il faut remonter au début du XIVe siècle, autour de 1320. Selon la légende, un jeune enfant de chœur de la cathédrale du Puy aurait été assassiné alors qu'il chantait dans les rues. Son corps aurait ensuite été dissimulé et le crime serait resté secret.
Le récit est notamment rapporté au XIXe siècle par Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments historiques. Selon lui, plusieurs mois après la disparition de l’enfant, celui-ci réapparaît lors de la procession du dimanche des Rameaux.
Arrivé en bas de l'actuelle rue des Tables, le jeune choriste aurait désigné publiquement celui qu’il accusait de l’avoir tué. La tradition raconte alors que la foule se serait saisie de l’homme et l’aurait mis à mort.
C'est pour cette raison qu'une fontaine aurait ensuite été construite à l’endroit où le miracle se serait produit, afin d’en conserver la mémoire. Elle aurait ainsi pris le nom de fontaine du Choriste, avant de devenir la fontaine de l’Ange.
Si cette histoire appartient à la légende et non à des faits historiques établis, la fontaine, elle, est bien attestée. En témoignent ses éléments les plus anciens remontant au XIVe siècle.
Mais le monument que vous connaissez aujourd'hui a connu de nombreuses transformations. Détruit en 1837, il a ensuite été restauré à partir de ses vestiges, notamment son pilier gothique. Elle est protégée au titre des Monuments historiques depuis le début du XXe siècle.
Au sommet, la figure de l’ange rappelle aujourd’hui encore cette légende mystique. La fontaine est ainsi devenue l’un des témoins discrets du patrimoine médiéval du quartier de la cathédrale.
Après plusieurs siècles et de nombreuses interventions, la fontaine avait besoin d’une restauration importante. Le chantier, engagé en 2025, a permis de restaurer le fût gothique, le pinacle, la sculpture de l’ange et le bassin. Le système hydraulique a également été repris pour permettre à l’eau de circuler à nouveau.
Après plusieurs mois de travaux, donc, le 13 février 2026, l’eau a retrouvé le bassin de la fontaine. Un retour à la vie de courte durée : les restrictions liées à l'état de sécheresse actuel ont vidé son bassin.
Qu’elle soit alimentée ou non, la fontaine conserve cependant ce qui fait sa singularité : une histoire de près de sept siècles, à la frontière entre patrimoine, tradition et légende. Et son ange, bien seul au pied de la cathédrale, continue de veiller sur la mémoire de cette étrange légende.
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